The supremacy of the Muggles ends here.
Voldemort a ouvert les portes de l'Enfer et contrôle le gouvernement anglais. Sa suprématie ne s'arrêtera pas là. Avec la source de la magie noire à ses côtés, il s'apprête à mettre la main sur tous les continents. Son objectif : soumettre les moldus et les traîtes à leur sang. L'aiderez vous dans ce combat ou rejoindrez-vous la coalition internationale ?
RéglementContexteBottinsLes groupesLes créatures jouablesScénarii et Postes vacantsInvités
A savoir
# Juin 97 : Dumbledore meurt par la main de Severus Rogue
# Eté 97 : Voldemort prend le contrôle du gouvernement
# Septembre 97 : La Coalition Internationale reprend du service et une nouvelle année scolaire démarre sous la domination des Carrow
# Décembre 97 : Voldemort redonne sa liberté avec Seytan et passe un pacte avec ce dernier
# Nous sommes en mai 1998
Contexte
C'est une terrible annonce qui secoue le monde des sorciers : Dumbledore est mort, assassiné par Severus Rogue. Le plus grand mage noir de tous les temps en profite pour mettre la main sur le ministère de la magie. Son objectif : purifier la race sorcière et faire des moldus ses esclaves. Mais son empire ne s'étant qu'aux frontières de la bonne vieille Angleterre. Le monde entier doit être nettoyé. Pour cela, Celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom est en quête de la source même de la magie noire. Le Necronomicon, le livre des monstres et des morts, le mène devant les portes de l'enfer, qu'il laisse grandes ouvertes...
Evénements
Ego vero sic intellego, Patres conscripti, nos hoc tempore in provinciis decernendis perpetuae pacis habere oportere rationem. Nam quis hoc non sentit omnia alia esse nobis vacua ab omni periculo atque etiam suspicione belli ?
Duplexque isdem diebus acciderat malum, quod et Theophilum insontem atrox interceperat casus, et Serenianus dignus exsecratione cunctorum, innoxius, modo non reclamante publico vigore, discessit.
Blackout
everything is falling apart

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 Un samedi au Virgin Store de Londres [Tally + libre]

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Un samedi au Virgin Store de Londres

Samedi 16 mai 1998

14h était passée et les clients revenaient comme des zombies affamés de popculture. Kyô écouta une énième blague d’Antoine qui ne fit pas mouche. Pourtant, Seytan savait à quel point ce type pouvait être drôle parfois.

- Non mais Bjorn pour CyBjorn… Cyborg, t’as compris ?
- Ouais j’ai compris, ça fait dix fois que tu me l’as fait. Mais elle s’appelle pas Bjorn, elle s’appelle Björk,du coup ça marche pas.
- Un peu d’imagination… t’es pas drôle sérieux.

Ils étaient là, assis devant la machine permettant de faire commande et recherche pour les clients en perdition et qui n’avaient pas trouvé leur bonheur. Quelque mètre plus loin, Julie conseillait avec véhémence des jeunes gens souhaitant se faire une belle frayeur sur un film d’épouvante. La connaissant, elle allait les diriger vers un Spielberg, ce qui n’avait pas grand-chose à voir…

- Bon alors j’en ai une autre, c’est un gamin en vélo qui…

Kyô n’écoutait déjà plus, son regard se baladant sur les étalages devant lui. Ils étaient à la frontière entre les bouquins et les cassettes vidéo. Un samedi au Virgin Store, c’était toujours épique. Incroyable le nombre de Londoniens qui venaient chercher des cadeaux, ou simplement un nouveau disque. Depuis qu’il travaillait là, Kyô avait fini par repérer les différents types de consommateurs. Les pointilleux, ceux qui veulent un livre ou un film exactement comme ils l’imaginent. Leur demande était souvent infructueuse et Kyô se retenait souvent de leur conseiller d’aller l’écrire eux-mêmes ce bouquin, s’il voulait tant le lire. Les experts. Eux, ils connaissent tout sur le sujet, si bien qu’entamer une conversation avec eux devient risquer pour votre légitimité et la survie de votre temps précieux. Les indécis. Eux ils sont là, mais ils savent pas exactement pourquoi, si ça vaut le coup, etc. Ils mettent trois ans à se décider pour finalement ne rien prendre ou une chose complètement différente. L’approximatif. Il fait une demande, sans savoir le titre, le nom de l’artiste, l’édition, etc. Le seul truc qu’il sait, c’est la couleur de la couverture. Merci bien. Les étudiants. Ceux qui trainent la patte pour acheter un bouquin qu’ils n’ouvriront sûrement jamais.
Avec Antoine, c’était devenu un jeu pour eux deux de deviner rien qu’à l’aspect du personnage, dans quelle catégorie il se trouve. Michaël était souvent de la partie. Mais cette fois-ci, Kyô les laissa s’amuser tout seul, il avait eu la mauvaise idée de prendre une BD au hasard et d’y plonger son nez. Résultat, il était absorbé par le récit si… incompréhensible, étonnant ?

- Ah je suis passé devant ce tome hier, il est comment ?, demanda Michaël qui était venu les rejoindre pour une partie de « qui est-ce ».
- Bah c’est… cool. Faut le lire pour y croire. Si des extrémistes religieux viennent foutre le feu au magasin, ce sera à cause de ce truc-là. En tout cas, si mon pote vampire pouvait être aussi cool Cassidy, ce serait mieux.

Antoine et Michaël lâchèrent un rire. Kyô ne mentait évidemment pas pour son « pote vampire », mais bien sûr, ils prenaient ça pour une plaisanterie. Le Dragon reposa le premier tome de Preacher. Une jeune demoiselle, accompagnée de toute une bande en retrait, s’avança vers eux, d’un air timide. Ses yeux se posèrent d’abord sur Antoine, qui avait des trois, sûrement l’air le plus sympathique.

- Excusez-moi, je recherche un livre pour la fac mais je ne le trouve pas...
- Bonjour, dites-nous tout, quel est ce livre ?
L’air énigmatique et en même temps plaisantin d’Antoine fit sourire Kyô.
- Un livre sur les poèmes japonais, j’en ai besoin pour mes cours de littérature étrangère. C’est un recueil de…hyak..
- Haïku ?, intervint Kyô sans même y réfléchir.
- C’est ce gars-là qu’il vous faut, s’exclama Antoine.
- Ouais, suivez-moi.

La jeune fille fit signe à ses amis de l’attendre et suivit Kyô, toujours aussi intimidée. Ça devait être une de ces personnes qui détestaient parler à des inconnus. Le jeune homme l’emmena jusqu’à rayon littérature étrangère. Elle lui donna les informations qu’il lui fallait et quelques minutes plus tard, il trouva ledit bouquin.

- Voilà, il était caché au fond.
- Merci beaucoup, j’ai cru que je n’allais jamais le trouver, aucun magasin ne l’avait.
- C’est pas le genre d’exemplaire le plus vendu. Les haïkus, ça n’intéresse pas beaucoup de monde. J’ignorais qu’on vous faisait étudier ça en Angleterre.

C’était peut-être cette phrase, ou le petit accent qu’il cachait derrière un timbre de voix neutre qui lui mit la puce à l’oreille. Quoi qu’il en soit, c’est avec intrigue et courage qu’elle lui adressa à nouveau la parole.

- Vous n’êtes pas d’ici, je veux dire pas anglais ? demanda-t-elle avant de virer rouge comme une pivoine. Désolée, ça me regarde pas.
- Oh non, vous en faites pas. Non je ne suis pas anglais du tout, mais japonais. Ça se voit pas trop, je sais, s’exclama-t-il en riant presque.
- J’aurais pas pu mieux tomber alors !
- Ouais, tout comme a dit mon collègue. Je suis pas très haïku moi… mais j’avais une amie, au Japon, qui était amoureuse d’un des poèmes dans ce bouquin. Je crois qu’elle l’écrivait un peu partout, sur tous ses cahiers. Les profs en devenaient dingues. J’espère que vous n’allez pas subir le même sort.

La demoiselle ria et le remercia une dernière fois, bien plus à son aise. Kyô la regarda s’avancer vers son groupe d’amis, sans vraiment la voir. Quelques gloussements lui parvinrent, mais il ne les prit pas en compte. Toutes ses pensées s’étaient dirigées vers Ayane, cette fameuse amie japonaise. Amie était un bien faible mot. S’il y avait bien une chose du Japon qui lui manquait, c’était elle. Après son départ de Mahoutokoro, qui ressemblait plus à une évasion qu’à autre chose, il n’avait jamais eu de nouvelles d’Ayane. C’était lui qui l’avait voulu. Malgré tout son attachement pour la jeune femme, il n’avait pas voulu la faire plonger dans des histoires qui le dépassaient lui-même. Il s’y était fait maintenant, à ce que ce soit une personne du passé, mais dès qu’il se la remémorait, la même boule au ventre se formait. C’était fou comme après dix ans, il se sentait toujours aussi proche d’elle.
L’image d’Ayane s’étant imprimée sur sa rétine, il s’accroupit pour ranger les livres qu’il avait dérangés en cherchant le recueil.

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Un samedi au Virgin Store de Londres

Samedi 16 mai 1998


Tally sentit l’impact bien plus brutalement qu’elle ne l’aurait cru. Sa tête rencontra le mur et une vive douleur se répendit au travers de sa tête. Avant de se ressaisir son corps s’écroula sur les tatamis. Bon sang, heureusement qu’elle n’était pas humaine sinon c’était le traumatisme cranien assuré. Elle prit appuie sur ses mains pour se redresser. Une ombre courrait vers elle.

« Je suis désolé, princesse. Je pensais que tu allais dématérialisé ton corps en brume pour ne pas prendre l’impact, s’excusa Chester. »

Elle sentit les mains de l’incube se poser sur elle pour l’aider à se relever. Sa tête vrilla une nouvelle fois, elle s’appuya d’avantage contre son mentor pour ne pas tomber une nouvelle fois. Elle laissa le temps à son esprit et à sa vision de se remettre en place. Elle laissa sa tête contre l’épaule de Chester.

« J’ai pas eut le temps d’y penser, tu m’as fait voler à travers la pièce avant que j’ai le temps de penser à quoi que ce soit, s’expliqua la jeune femme en se massant légèrement les tempes. »

« Tu as le cerveau lent, ricana Chester en pressant la jeune femme contre lui. »

Elle lui abattit un coude dans les côtes. Elle ne réussit qu’à déclencher un nouvel éclat de rire de la part de son mentor. Elle sentit un baiser dans ses cheveux. Elle glissa ses bras autour du cou de Chester  et elle se laissa aller pour une étreinte. Elle sentit les bras de l’incube autour de sa taille et elle se dit que ça lui laisserait du temps avant de reprendre l’entraînement.

« Tu veux qu’on chasse ensemble, après ? Lui demanda Chester quand ils se séparèrent. »

« Je suis désolée mais je comptais aller chercher Kyô à son travail et passer un moment avec lui. Cela fait un moment qu’on ne fait que se croiser et j’aimerais bien passer un peu de temps avec lui. Après le connaissant il va peut être m’envoyer péter quand je lui proposerais mais bon qui ne tente rien n’a rien, répondit Tally avec un sourire en coin. »

« Oh pire, on se rejoint au bar Night Light si jamais il ne veut pas, propose Chester en haussant les épaules. »

« Oui, on fait comme ça, dit Tally en touchant l’avant bras de l’incube. »

C’était l’avantage de sa relation avec Chester. Il était son mentor, son ami, son amant et certainement un grand frère tout ça en même temps sans qu’il n’y ait aucune jalousie, aucune dispute, aucun soucis. Les bêtises des relations humaines ne faisaient pas partis du quotidien des incubes et des succubes. La vie était tellement plus simple désormais.

Elle finit tranquillement son entraînement sans se prendre un mur une nouvelle fois. Chester lui avait appris à devenir brume juste avant un impact. Elle en apprenait tous les jours depuis qu’elle faisait partie de la Confrérie. C’était une des meilleures choses qui lui soit arrivé après sa transformation en succube qu’elle devait à son colocataire. Elle prit rapidement une douche après son entrainement et fouilla dans le dressing de la Confrérie. Pour une soirée avec Kyô, il ne fallait pas trop se casser la tête, le côté sexy était souvent confondu avec le côté vulgaire par le dragon. Elle enfila donc un jean avec des escarpins argentés. Elle porta son choix sur un petit débardeur noir avec un pandas dessus, on pouvait lire en dessous du dessin  « Je suis un Panda, je veux un câlin. » Cela pourrait peut être arraché un sourire au dragon.

Elle arriva en début d’après midi devant le magasin où travaillait son colocataire. C’était étrange de connaître la situation du dragon et de le voir travailler dans un tel endroit. Elle savait très bien qu’il travaillait dans cet endroit plus par passion pour les objets qui s’y trouvaient que pour le salaire. C’était une facette qu’elle connaissait très mal de lui car il ne lui montrait jamais mais elle s’en était rendue compte malgré tout. Elle appréciait beaucoup Kyô et elle se doutait que la réciproque n’était pas vraie. Cela ne la dérangeait pas, il ne se rendait certainement pas compte qu’il l’avait sauvé d’un suicide où d’une dépression qui ne l’aurait jamais quitté. En plus, elle aimait bien son mauvais caractère, cela la faisait rire la plupart du temps et elle prenait donc un malain plaisir à le faire râler. Faut dire que ce n’était pas bien difficle.

Elle s’avança vers la vitrine du magasin. Elle posa sa main à plat et vérifia que le jeune homme était bien là. Il était en train de montrer un livre à une jeune fille qui semblait sous son charme. La pauvre si elle savait qu’il y avait très peu de place dans le cœur du vendeur. Tally regarda son colocataire encore un instant même quand la fille se fut éloignée de lui. Il semblait perdu dans ses pensées. A force de le fixer, la jeune femme put apercevoir les traits de son visage changé dans son reflet que lui renvoyait la vitrine. Elle prenait les traîts et le corps d’une jeune femme asiatique qu’elle ne connaissait pas. C’était Kyô qui la faisait changer par ses désirs, ce mec avait donc des désirs bien enfouis au fond de lui-même. C’était une première. En attendant, cela était bien gênant car elle faisait toujours en sorte d’avoir les même traits de visage pour colocataire afin de ne pas le perturber. Après tout, s’il faisait un minimum attention, il verrait bien que c’était un démon et non une jeune femme qu’il avait devant lui. Il connaissait Tally depuis le temps.

Tally rentra donc dans le magasin avec les traits d’Ayane mais elle n’y pouvait rien ce n’était pas de sa faute. Elle maîtrisait encore très mal ses transformations et quand quelqu’un pensait suffisamment à quelqu’un elle prenait immédiatement ses traits. Foutu bébé succube. Bien sur, elle s’en fichait un peu de son apparence étant donné qu’elle avait le droit à une jolie fille. Elle continua donc son chemin normalement. Elle salua d’un signe de tête les autres vendeurs et se glissa derrière son colocataire. Elle lui tapota légèrement l’épaule.

« Kyô, l’appela-t-elle pour le tirer de ses pensées. »

C’était rare de le voir comme ça mais il était peut être fatigué. Elle lui fit son petit sourire tendre quand il se retourna vers elle.

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Dernière édition par Tally Youngblood le Ven 22 Sep - 16:01, édité 1 fois
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Un samedi au Virgin Store de Londres

Samedi 16 mai 1998

L’esprit de Kyô voletait toujours. Ailleurs, il rangeait les bouquins qu’il avait dans les mains avec un automatisme inquiétant. De loin, on pouvait entendre la voix d’Antoine et de Mickaël. L’ouïe fine de Kyô aurait pu surprendre leur conversation, mais rien n’aurait pu le sortir de l’état dans lequel il s’était lui-même mis. Enfin, presque rien.

Une voix, derrière son dos l’appela. Légèrement familière, il ne sut pas pour autant à qui elle appartenait. Trop de choses s’étaient mélangées dans son cerveau étriqué. Il fut cependant surpris d’être tiré de ses songes par une voix dont la propriétaire ne lui revenait pas en mémoire. Qui donc pouvait-il croiser ici, au Virgin Store de Londres ? À part quelques riverains, il n’avait pas énormément de contact. Et la plupart d’entre eux n’étaient pas du genre à faire du shopping un samedi en début d’après-midi.

Tout étonné, il finit donc par se retourner. Et quel choc ce fut ! Comme s’il avait vu un esprit, un fantôme du passé, Kyô resta figé pendant de longues secondes. Puis, allez savoir pourquoi, il fit un pas en arrière, comme effrayé par la vision qui le titillait. L’étagère remplit de bouquins lui érafla le dos et plusieurs livres lui tombèrent sur le coin de la figure. L’un d’eux entailla même son arcade sourcilière. Dans tout ce chambardement, le jeune homme n’avait pourtant pas lâché des yeux celle qui l’avait si surpris.

Ayane… Il avait fallu qu’il pense à elle pour qu’enfin elle daigne lui apparaître ? Quelle idée, bien sûr que ce n’était pas ça. L’odeur qui lui chatouillait et tout simplement l’aura que son instinct de bête sauvage ressentait n’avait rien à voir avec ce qu’il avait connu d’Ayane. En fait, il n’y avait même aucun mystère dans cette situation.

- Tally, grogna-t-il les dents serrées. Qu’est-ce que tu fous ici ? Et comme ça surtout ? lui demanda-t-il en s’étant rapproché d’elle. Il ne souhaitait pas que quiconque surprenne leur étrange conversation qui allait sûrement découler de tout ceci.

Comme un désagréable électrochoc, il se souvint lui avoir dit qu’il finissait tôt au travail ce jour-là. Quelle idée encore… Ça lui apprendrait à tenir sa langue. Mais jamais il n’aurait cru que la succube se pointe devant lui de la sorte au magasin. Avec Tally, il avait souvent l’air dur, pas toujours très agréable ou sympathique. Ouais, c’était vrai. Il ne lui montrait pas souvent d’affection ou d’attachement. À l’inverse, la jeune créature démoniaque ne cessait de se montrer avenante et pleine de gratitude envers lui. Si elle était venue jusqu’ici alors que des tas de bonnes choses l’attendaient ailleurs, ce n’était pour le faire chier. Il en avait bien conscience. Alors, il serra la mâchoire, retenant les mots blessants qu’il avait si l’habitude de dire. En vérité, Tally, il l’appréciait. Ils n’étaient pas toujours, peu même, sur la même longueur d’onde. Leur rythme de vie n’avait rien à voir. Cependant, elle était attachante. Assez marrante même. Comme une petite sœur un peu agaçante, mais qu’on n’aime pas savoir dans les ennuis. C’était un peu ça Tally. Une colocataire haute en couleurs.

Tout cela aurait été bien plus simple si elle arborait son propre visage. Plonger ainsi dans les yeux de la Japonaise le rendait encore plus nostalgique. Son inconscience lui jouait des tours. Il ne pouvait s’empêcher de caresser du regard le contour du visage, la courbure des lèvres et l’arête du nez de l’Asiatique. C’était fou comme Tally était identique à celle qu’il avait connue, il y avait dix ans de cela. Ayane était comme dans son souvenir, aussi rayonnante, aussi délicate et aussi insaisissable. Le dragon déglutit. Engueuler Tally n’allait pas arranger la situation. C’était de sa faute tout ça, et il le savait. Vivre avec une succube au quotidien vous donne quelques leçons de vie pour pouvoir affronter les pouvoirs si étranges de celle-ci. Il avait été pris de cours et nota dans un coin de son cerveau de ne plus laisser se prendre à un tel également. Mais en attendant, Tally ne reprenait pas sa forme véritable.

Et c’était tant mieux !

Il manquerait plus que ça, qu’elle change de forme sous les yeux des Londoniens les plus banales à des kilomètres à la ronde. Kyô voulait à tout prix éviter ça. Sinon, il serait bon pour aller chercher du travail à l’opposé de la ville. Ça voulait dire faire une croix sur le fruit des efforts sociaux qu’il s’était damné à faire. Non merci.

- Sors d’ici, je te rejoins dehors, lui murmura-t-il si près de l’oreille que son parfum typiquement érotique pollua ses sens sans pourtant faire leur effet.

Non, c’était la peau, le cou gracile d’Ayane qui retint son regard. Il aurait tout donné pour que ce soit la vraie Japonaise qui soit à ses côtés. Sa réaction n’aurait sans doute pas été la même. Autre chose qui ne lui plaisait pas tant que ça : savoir que Tally connaissait dorénavant l’une de ses faiblesses. Paris seul savait ce qu’elle allait pouvoir bien faire de ce précieux savoir.
Kyô venait de lui donner l’ordre fatidique de partir, mais une deuxième voix, bien plus familière, les retint tous les deux.

- Bonjour charmante demoiselle, salua Antoine avec un large sourire.

Kyô roula des yeux, blasé par le comportement de son collègue. Même si Tally ne revêtait pas le fantasme d’Antoine, elle gardait tous ses charmes et son aura attirant. Les succubes à des mètres à la ronde, et ça pour n’importe qui.
Heureusement pour eux, les livres à terre attirèrent l’œil d’Antoine.

- Don Juan, ce n’est pas le moment de draguer. Si le chef passe par là et voit ça, on est cuit. Mais tu peux peut-être me présenter d’abord.

Ce fut un soupir énervé qui échappa des lèvres de Kyô. Antoine n’allait pas les lâcher. C’était pire qu’un chewing-gum collait sous des semelles celui-là quand il voulait.

- Je te présente Antoine. Antoine, une amie… Voilà, les présentations sont faites, tu peux nous laisser maintenant ?

- Attends, tu ne m’avais pas dit que tu avais une amie aussi charmante, s’éternisa Antoine en tendant une main vers Tally.

Kyô, de son côté, tentait de garder son calme et de ne pas l’envoyer balader de manière plus abrupte. Une autre partie de son esprit était concentré à visualiser l’image d’Ayane pour ne pas que Tally ne se change en… Tally, tout simplement. Chose ardue entre la situation qui s’y prêtait peu et surtout la douleur qui imprégnait sa poitrine à chaque fois qu’il repensait à la japonaise. Ça lui coûtait de la faire remonter à la surface. Elle serait toujours une ombre sur son chemin, malgré les années passées. Lui qui avait essayé de l’oublier, de passer à autre chose, c’était un violent coup de couteau qu’on lui assenait. Et son assassin n’était autre que lui-même.

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Samedi 16 mai 1998


Tally fut totalement surprise du bond que fit son colocataire. Elle le vit reculer, buter contre l'étagère et les livres qui lui tombèrent sur la tête. Elle fit un mouvement vers Kyô plus par réflexe que par peur car elle savait le jeune homme robuste. Elle remarqua que l'un des livres lui avaient entaillés l'arcade sourcilière. Mince, elle ne s'était pas vraiment attendu à cette réaction. Elle aurait dû faire plus attention et se montrer clairement dès le départ. Pourtant une question grandissait dans la tête de la démone. Qui était cette jeune femme dont elle avait l'apparence.

Le pauvre jeune homme avait les yeux écarquillés et semblait dans tous ses états. Elle s'en voulait d'apparaître ainsi devant Kyô, c'était une des seule personne à qui elle ne voulait aucun mal. Foutus pouvoirs. Il fallait vraiment qu'elle se mette au travail sérieusement pour les maîtriser car ça pouvait être dangereux dans une rue pleine de moldus. Elle le vit s'approcher d'elle pour lui grogner dessus. C'était un peu ce qui se passait tous les jours avec Kyô, elle avait un talent inné pour faire enrager son colocataire. Le plus souvent, ça la faisait sourire mais dans de rares moments comme celui-là, ça lui faisait un peu mal. Elle n'en montra rien comme toujours et fit un sourire d'excuse à son colocataire.

« Désolée, je voulais juste te voir car ça fait un moment qu'on ne fait que se croiser. L'apparence m'a prise d'un coup lorsque je te regardais à travers la vitrine, expliqua-t-elle en chuchotant d'une voix très calme. »

Kyô se rapprocha soudainement de la jeune femme pour lui murmurer quelque chose à l'oreille. Elle n'avait pas l'habitude d'une telle proximité avec son colocataire. Kyô était le genre de mec à laisser un mètre de distance de sécurité à chaque fois. Elle savait qu'il n'était pas tactile ni affectif et c'était un peu ce qu'elle appréciait chez lui. Il ne se forçait jamais, il était toujours lui. Elle hocha la tête pour lui faire comprendre qu'elle avait bien compris et qu'elle comptait sortir sans faire d'histoires. Alors qu'elle allait s'éloigner de Kyô, une voix se déclara dans son dos. Le début des ennuies si vous voulez son avis. Elle les attirait les ennuies.

Le dragon changea d'humeur et passe de l'homme perturbé à l'homme blasé. Celui là, elle le connaissait bien. Chaque fois qu'elle faisait des choses délirantes, elle le voyait. Elle laissa le soin à Kyô de mener la danse. Pendant, ce temps là, il était énervé contre son collègue et non contre elle. Elle vit le jeune homme tendre sa main quand Kyô finit les présentations. Bon sang, elle sentait l'attirance de ce mec à plein nez. C'était limite une façon de lui donner faim alors qu'elle était repue en théorie. Les humains étaient des êtres si faibles face à la tentation. Elle serra légèrement la main de l'homme avec un léger sourire sur les lèvres. Mieux valait jouer les innocentes avec le collègue de Kyô. De plus, elle voulait juste passer du temps avec son colocataire pas avec un pervers de plus.

«Ravie de faire votre connaissance, dit-elle poliment.»

Oh mon dieux, en jouant les innocentes, elle avait l'impression d'être encore plus attirante qu'autres choses. Elle n'y pouvait rien, elle était faite pour attirer les humains. Sans ça, elle n'existerait plus. Dans tout ça, elle se garda bien de dire son prénom. Elle échangea même un léger reard avec Kyô pour lui faire comprendre que c'était lui le spécialiste de la culture et des noms japonnais. Pas elle. Le seule prénom qu'elle connaissait c'était Sakura et il faisait référence à un dessin animé qu'elle avait vu par hasard avec une fille qui chassait des cartes et une espèce d'ours en peluche qui la suivait partout. Elle ne pouvait pas utiliser cette référence car si elle la connaissait tout le monde la connaissait.

«Je suis désolée de vous déranger. Je suis de passage en Angleterre et j'en ai profité pour voir un veil ami, je ne voulais pas gêner, dit-t-elle à Antoine pour détourner l'attention.»

Elle essayait simplement de ne pas trop attirer l'attention sur son attitude charmeuse comme l'avait fait remarqué le collègue de Kyô. Elle tourna le visage vers le dragon et elle commença à s'inquiéter pour lui. Il était vraiment bizarre. Il y avait quelque chose au fond de lui, elle arrivait à le ressentir. Elle avait l'impression que c'était son apparence. Elle espérait que le jeune homme pourrait un peu se confier à elle. Elle voulait simplement le voir plus apaiser. Elle posa sa main sur le bras de Kyô pour le garder à la réalité.

«Je t'aide à ramasser et je t'attends dehors? Proposa-t-elle gentiment au jeune homme.»

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Samedi 16 mai 1998

Tally était quelqu’un de plutôt sauvage habituellement. Kyô l’avait toujours vu, depuis qu’elle était succube, comme une lionne prête à tout pour enfoncer ses crocs dans sa proie. Oh, elle n’avait pas toujours été comme ça. Il se souvenait encore de l’humaine dépressive qu’elle avait été. Celle dont les larmes avaient si souvent coulé qu’elles en avaient presque laissé des traces sur ses joues. Celle qui avait voulu à plusieurs reprises passer de l’autre côté. Lui parler du démon Paris et de l’existence des créatures de luxure, ça n’avait pas été bien compliqué. Pourtant, le Dragon n’ignorait pas qu’encore maintenant la jeune femme lui en était reconnaissante. Lui, il ne voyait pas bien en quoi ce coup de pouce était si méritant. Et puis, quand il croisait l’un des petits copains de la démone, il en venait presque à le regretter.
Blague à part, même si Tally ne le voyait sûrement pas, il préférait de loin la voir aussi énergique et rayonnante. C’était un peu comme une petite sœur, tout simplement. Il s’était assez vite attaché à elle, mais ça, il n’allait sans doute jamais lui dire. Étaler ses sentiments n’était pas son genre, par contre, pester et se montrer désagréable, ça, il savait faire ! À croire que c’était sa marque de fabrique. Tally, à ses yeux, ça restait une enfant. Une enfant avec une vie sexuelle bien développée, certes, mais une enfant qui avait besoin de soutien et d’entourage, quoi qu’elle en dise sur sa nouvelle condition. Bref, en résumé Kyô ne voyait pas cette jeune femme comme la tentatrice qu’elle était réellement. Encore moins lorsqu’elle empruntait les traits d’Ayane. Et pire encore, son comportement. Pourtant, Kyô était certain que les deux femmes ne s’étaient jamais rencontrées. Ses paroles, sa douceur, c’était du Ayane tout craché. De quoi lui mettre le doute. Et la rendre terriblement attirante à ses yeux. Être Dragon l’immunisait un peu plus qu’un simple humain à l’aura délicieuse de Tally. Ça facilitait ses vieux jours, dirait-il. Mais Antoine, lui, tombait sous son charme de seconde en seconde. Le côté « kawaii » que revêtait Tally sous la forme d’Ayane n’aide absolument pas.

Le vendeur, humain lui, ne lâchait plus la déesse du regard. Étrangement, ça agaça Kyô qu’Ayane attire autant le regard. Pourtant, la jalousie n’était pas dans sa nature.

- Laisse tomber, reprit Kyô. On va ranger ça avec Antoine et je te rejoins dehors.

Le regard qu’il lui lança lui laissa peu de plus à l’insubordination. Être autoritaire avec autrui, c’était aussi une de ses marques de fabrique. Antoine n’avait pas besoin d’en savoir plus sur elle, et il s’arrangerait pour que ça n’arrive pas. Éloigner Tally le plus vite possible n’était donc pas qu’une simple option. D’un geste vif et réprobateur, Kyô rattrapa Antoine qui, subjugué par la jeune femme, tenta de la suivre. Même si le jeune japonais n’était pas son supérieur, ça ne l’empêchait de montrer son autorité dans ces situations-là.

Il ne fallut que quelques minutes pour réparer ses bêtises. Il salua à peine ses collègues qu’il fut déjà dehors, prêt à retrouver Tally – ou Ayane. Il se doutait que cette transformation n’allait pas laisser la jeune succube indifférente. Toute la question était de savoir si Tally allait oser l’affronter dans un combat de questions- réponses. Quoi qu’il en soit, ça lui fit du bien de passer la porte du magasin. Ce fut une fois dehors qu’il se rendit compte de l’atmosphère étouffante dans laquelle cet emploi le plongeait. Malgré tout, il n’avait aucune intention pour l’instant de démissionner. Ça le rattachait à des choses simples, dont il avait besoin pour ne pas devenir complètement taré.


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Un samedi au Virgin Store de Londres

Samedi 16 mai 1998


Kyô avait l’air de vouloir faire sortir Tally le plus rapidement possible du magasin. La raison n’était pas bien compliquée à comprendre quand on voyait limite la bave aux lèvres de son collègue. Passez inaperçu quand on a du sang de succube dans les veines ça relève carrément de l’exploit face à des humains. Tally fit un hochement de tête à son colocataire.

«Pas de problèmes, je t’attends dehors, déclara-t-elle en finissant sa phrase par un sourire.»

Elle n’arrivait pas vraiment à savoir si son colocataire était en colère où juste perturbé. Elle sortit de nouveau dans la rue. En s’éloignant de Kyô, elle sentit que son corps voulait reprendre son apparence de départ mais elle savait suffisamment contrôler cette partie là de son pouvoir pour empêcher le changement. Il y avait beaucoup trop de monde pour se permettre un nouveau changement, c’était déjà un miracle qu’elle ne se soit pas fait prendre en prenant l’apparence d’Ayane.

Elle attendit Kyô sans trop savoir s’il voudrait passer un moment avec elle où si elle l’avait trop mise en colère pour qu’il en ait envie. Elle regarda la bague qui brillait à son doigt, un cadeau de Paris qui signifiait son appartenance à la Confrérie de la Comédie. D’après Chester, elle chauffait et rougeoyait lorsque l’un d’entre eux saignait sur la bague. La jeune femme n’avait jamais vu cette bague en action, et elle préférait ne pas la voir en action. Elle préférait savoir sa nouvelle famille en sécurité.

Tally entendit la porte du magasin et détacha son regard de la bague pour le poser sur Kyô qui venait de sortir. A première vue, il ne semblait pas si énervé que ça mais après ça pouvait simplement être une apparence avec un Kyô qui bouillonnait de l’intérieur. Elle s’avança doucement vers lui avec un petit sourire sur les lèvres.

« On a l’impression que tu attends que le ciel te tombe sur la tête où plutôt une rafale de questions, rigola la jeune femme. »

Tally pouvait effectivement envoyer toute une slave de questions sur l’identité de la jeune femme qu’elle arborait. Elle pourrait tout faire pour lui tirer les verres du nez. C’est d’ailleurs ce qu’elle aurait fait avec n’importe qui d’autres mais l’air étonné sur le visage de son colocataire lui signifiait clairement que ce n’était pas la meilleure solution. Elle laissa tout de même un petit silence, c’était devenu une habitude depuis son changement en succube, afin de laisser le temps à Kyô de redouter l’instant.

« J’ai une question pour toi. Veux-tu que nous allions goûter ensemble ? Je sais qu’il est encore un peu tôt mais personnellement je vis complètement en décalé par rapport aux humains, proposa-t-elle au jeune homme comme une petite fille. »

Depuis qu’elle était succube, la nourriture était quelque chose de plus où moins inutile, seule son énergie de succube lui permettait de garder la forme, mais rien ne l’empêchait de manger pour le plaisir. C’était assez contradictoire avec la version humaine de la jeune femme qui n’appréciait pas forcément la nourriture à cause de son état de déprime mais la succube avait quant à elle aucun soucis avec, surtout avec le sucre. Merci Paris pour ce merveilleux pouvoir qui permet de s’empiffrer sans que ça se voie. Elle avait d’ailleurs une très bonne anecdote avec Chester, une bombe chantilly et un quizz de culture générale mais mieux valait ne pas en parler à Kyô sinon c’était la grimace assurée.

Elle mit ses mains derrière son dos tout en continuant de faire la petite fille. Elle avait son petit sourire innocent sur les lèvres. Bien sure elle avait conservé les traits d’Ayane, la mystérieuse inconnue de Kyô. Elle tournait ses hanches pour se balancer de droite à gauche. Elle tint à peine quelques secondes avant d’éclater de rire. Ce n’était certainement pas comme ça qu’elle allait avancer avec Kyô.

«Excuse moi, je redeviens sérieuse. Par contre ma proposition était on ne peut plus sérieuse, dit-elle beaucoup plus sérieusement que la première fois.»

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Samedi 16 mai 1998

TKyô n’aurait su dire s’il était soulagé ou non de voir Tally toujours sous l’apparence d’Ayane. À vrai dire, son cœur gonfla un peu plus devant cette image et une bouffée de chaleur l’enlaça. Cependant elle fut bien brève. Il suffit à son cerveau d’une petite liaison électrique pour lui rappeler que ce n’était pas l’authentique Japonaise qu’il avait face à lui. Tally lâcha sa première phrase, ce qui fit grimacer le jeune Dragon. C’était déjà mieux que le soupir. Néanmoins, ce n’était qu’une impression de mécontentement. Au fond, et comme souvent, Tally l’amusait. Depuis qu’elle était devenue une succube presque accomplie, elle avait cette capacité à ne rien prendre au sérieux. Tout semblait lui passer au-dessus. C’était assez drôle en soi, surtout quand l’on connaissait l’ancienne Tally. Cette illusion de n’être touché par rien, c’était aussi l’image que renvoyait Kyô, sauf que c’était bien loin de la vérité. Kyô, c’était un bouillon intérieur. Tout le touchait plus au moins. Il réfléchissait trop, tout le temps, toujours. Un cerveau jamais au repos. Mais un cerveau qui hurlait, qui détestait ce qui voyait, dans quoi il vivait. Un cerveau qui doutait et qui jamais ne le laissait tranquille. Cet air fatigué qu’il se trimballait, ça devait être en partie lié à ça. Mais parfois, ça lui arrivait d’être calme, de tempérer la chaleur qui brulait ses veines. Tally, avait de la chance, il était dans un de ces moments. L’image d’Ayane sûrement…

- Disons que je ne me fais aucun doute sur ta curiosité et ta tendance à mettre ton nez dans tout et n’importe quoi.

Si la rafale de questions n’arrivait pas maintenant, elle finirait bien par lui tomber dessus à tout moment. Et surtout à un moment où il s’y attendrait le moins. Aussi surprenant qu’il fût, Tally lui posa bien une question, mais bien différente de celle qu’il aurait pensé. Un sourire, furtif, apparut sur les lèvres du jeune homme, illuminant légèrement son visage aux allures grisâtre.

- Ça me va, j’ai rien avalé encore aujourd’hui. Un peu de sucres ne me ferait pas de mal. Et à toi non plus d’ailleurs…

L’hygiène alimentaire de Kyô ne ressemblait pas à grand-chose, pour être honnête. Pour une raison inconnue, il n’avait pas beaucoup d’appétit. Disons plutôt qu’il n’avait pas souvent d’appétit, mais lorsqu’il prenait un peu de temps pour manger, il pouvait dévorer un buffet entier. Malheureusement pour lui, il prenait peu le temps de faire ça. Ce qui pouvait également expliquer qu’il était maigre comme un clou, comme diraient ses collègues.

Le sourire qu’il avait eu quelques secondes auparavant se transforma à nouveau en grimace face à l’attitude de Tally. Jouer à la petite écolière, ce n’était même pas étonnant. Mais le faire avec le visage d’Ayane… Il devait bien avouer que ça l’agaçait quelque peu. Premièrement parce que ça ne ressemblait pas à Ayane. Elle n’était pas du genre fragile, à jouer sur ses atouts et son potentiel mignon pour obtenir ce qu’elle voulait. Elle était plutôt le type de fille qui prenait le taureau par les cornes et secouait son entourage quand elle le voulait. Parfois, elle pouvait même manquer un peu de tact et lâcher des mots blessants. Il se souvenait qu’elle disait toujours que c’était dans l’intérêt de son interlocuteur. Avec Kyô, elle n’avait pas eu l’occasion d’être aussi tenace. Quelques chamailleries, et des engueulades plus fortes, mais deux caractères comme les leurs pouvaient être compliqués à gérer.

- J’ai bien hâte que tu reprennes ta vraie tronche, je commence à en avoir ras le bol de te voir comme ça. Tu ne sais absolument pas gérer l’expression asiatique, la taquina-t-il.
Sur ces mots, et les mains dans les poches, il ouvrit la marche sans vraiment demander l’avis de Tally.

- Je connais une sorte de kissaten, enfin salon de thé, juste à côté, mais je n’y ai jamais mis les pieds. Le Elizabeth’s, que ça s’appelle.

L’endroit n’était vraiment qu’à quelques minutes à pied. Pas longtemps, mais assez pour démarrer une discussion. Ce n’était clairement pas le talent de Kyô de tenir une conversation, mais le blanc qui pouvait s’installer était bien plus pesant.

- T’étais avec Paris ou… l’autre-là…

Kyô et sa mémoire des noms.

- En tout cas, Paris a l’air heureux de vous avoir, il prévoir pas mal de choses pour vous on dirait. Qu’est-ce que vous avez de prévu prochainement ?

Est-ce que Kyô était réellement intéressé par ce sujet ? Oui et non… En fait, il était quand même curieux sur ce que complotaient ces collègues de démons. Mais il savait très bien que tout allait bien pour eux. Ce n’était que lui qui était dans une crise existentielle prise de tête qui le rendait encore plus désagréable que d’habitude…

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Samedi 16 mai 1998


Kyô avait l’air de meilleure humeur que d’habitude. En tout cas, il avait l’air beaucoup plus posé que d’habitude. Tally se dit qu’elle avait vraiment bien fait de venir, cela aurait été dommage de louper une telle occasion. Certes, elle sentait comme une sorte de gêne vis-à-vis du dragon mais cela devait être dû à son apparence. Elle mourrait cruellement d’envie d’interroger son colocataire pour savoir qui était cette jeune femme mais elle sentait que c’était un terrain glissant et elle ne voulait pas du tout gâcher cette journée. Du plus, elle préférait largement que ce soit Kyô qui lui en parle de lui-même plutôt qu’elle lui arrache les vers du nez. Dans un sens, elle avait l’espoir que le jeune homme se confierait à elle.

Tally ne comprit pas où voulut en venir Kyô quand il lui dit qu’elle avait besoin de sucre également. Peut-être n’appréciait-il pas son alimentation actuelle ? Aller dans des soirées, s’alcooliser, danser et chasser jusqu’à pas d’heures en piochant dans les cochonneries qu’on proposait en soirée. Cependant, Tally n’en avait rien à faire de son alimentation par la nourriture, tout ce qu’elle devait surveiller c’était plutôt son énergie vitale de succube qu’elle ne pouvait alimenter que par le désir et le plaisir d’autrui. Elle préféra ne pas relever surtout que Kyô enchaîna sur un nouveau sujet. Il avait hâte qu’elle reprenne sa tête d’origine, il fit une blague sur son expression asiatique mais la jeune femme sentit que c’était plus de la gêne pour cette apparence. Un commentaire s’échappa de ses lèvres sans même qu’elle approfondisse le sujet.

«La vache ! Elle te perturbe cette nana, dit-elle en rigolant.»

Kyô proposa un salon de thé pour nourrir leur faim de sucre. Tally acquiesça de la tête avec un clin d’œil. Il était préférable que ce soit Kyô qui choisisse avec elle, il risquerait de finir dans le premier bordel du coin. Elle n’avait jamais eut l’habitude de fréquenter ce genre d’endroit dans sa vie de soldate et maintenant qu’elle vivait principalement la nuit, ces lieux étaient fermés.
Son colocataire enchaîna sur un sujet que Tally adorait. Paris et la Confrérie de la Comédie, c’était clairement devenu la raison de son existence. Certes, ils étaient tous en apprentissage et en entraînement, mais Paris commençait déjà à lancer des missions auprès de ses sujets. Pour l’instant, il voulait que le bruit qu’il y ait un clan de succubes ne s’ébruitent pas trop pour l’instant pour présenter la meilleure version de cette Confrérie le moment venu. Elle fut même ravie de la suite lorsqu’il lui avoua que Paris était heureux de sa confrérie.

« Il s’appel Chester et j’étais bien avec lui chez Paris avant de venir. On s’entraînait, il m’aide à contrôler mes pouvoirs mais à un moment où il était persuadé que j’allais réussir à me dématérialiser, il m’a envoyé dans le décor et j’ai vu des étoiles, expliqua Tally en riant de la situation à présent.»

C’était agréable de se confier à son colocataire. Elle savait que c’était une façon pour lui de détourner la conversation de la jeune femme dont elle avait l’apparence mais il allait finir par se rendre compte que la jeune femme n’allait pas lui poser des questions sur cette femme. Elle savait que cela avait perturbé Kyô et quand quelque chose perturbait son colocataire, c’était rarement anodin. Elle préférait laisser le sujet de côté pour l’instant, elle lui poserait peut-être des questions un jour mais elle s’assurait avant de ne pas blesser le dragon.

«Paris veut qu’on perfectionne avant tout nos entraînements, il dit que ça doit être vraiment notre priorité. Il veut aussi qu’on se fasse pas mal d’alliés à travers les différents clans. On ne s’en sort pas trop mal pour l’instant même si Kisten a tendance à foutre le bordel partout où il passe. Je crois qu’il a eut des problèmes avec un loup garou dernièrement car il s’est tapé sa compagne, dit la jeune femme amusée.»

Ce genre de chose la faisait rire maintenant. Elle adorait Kisten et ses pitreries en tout genre. Pourtant pour l’avoir vu se battre à coup de poings, elle savait qu’il ne risquerait pas grand-chose. En se laissant entraîner par le ton de la conversation. Tally eut très envie de parler d’une mission que lui avait donné Paris dernièrement. Elle en était toute excitée depuis et elle en était tellement fière qu’elle décida de partager l’information avec Kyô.

« Et si tu veux tout savoir, Paris m’a confié une mission, il n’y a pas longtemps et crois moi que c’est du lourd, commença la jeune femme toute excitée.»

Elle marqua une pause théâtrale avant de poursuivre sur un ton beaucoup plus fier comme si elle attendait des applaudissements pour cette prouesse.

«Il m’a demandé de me rapprocher de Fenrir Greyback et de faire en sorte qu’on se voit assez régulièrement.»


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Samedi 16 mai 1998

La technique de Kyô fonctionna plutôt bien. Tally enchaina les réponses sans s’apercevoir, selon lui, qu’il pataugeait un peu. La sociabilité avait toujours été plutôt compliquée chez lui. Déjà à Mahoukotoro il avait eu sa petite réputation du mec qu’il valait mieux éviter. Oh, tout le monde ne s’était pas comporté comme ça, bien évidemment. Et malgré tous ses défauts, il avait été plutôt du genre à attirer les gens, à inspirer une sympathie qu’il ne comprenait pas. C’était le cas, là, avec Tally, mais aussi avec Alexandro, Antoine, Mickaël. Et Ayane. Quand il y pensait, ça avait même quelque chose de marrant. Ayane n’avait eu de cesse de lui dire, de le lui signifier, qu’il attirait les gens. Que c’était une sorte d’aimant. Et plus il était grognon, plus on voulait percer sa carapace. Kyô avait trouvé cela bien idiot comme théorie. La vérité, qui n’avait toujours pas changé malgré les années passées, était qu’il ne faisait absolument rien pour aller dans ce sens. La race humaine aimait se faire du mal, il ne voyait que cette solution. D’ailleurs, Kyô ravala avec difficulté la réplique coincée dans sa gorge concernant ce que venait de lâcher Tally sur Ayane. Elle le perturbait… Peut-être bien mais certainement pas au point d’essayer de s’ouvrir les veines… Sa lèvre supérieure trembla, comme tentée de cracher le morceau. Il sut se tenir, grâce en partie au fait que son interlocutrice enchaina sur ces amis incubes.

- Il a pas l’air si costaud pourtant. Mais les lois de la physique n’ont plus trop d’impact sur vous, si je ne m’abuse. En tout cas, vous n’avez pas l’air de vous ennuyer, dit-il en inspirant une grande bouffée d’air frais qui s’engouffra dans ses poumons.

C’était assez marrant de voir Tally évoluer de cette manière. Elle avait déjà un caractère bien trempé en étant humaine mais là… Finalement, son évolution était assez logique. Être succube lui allait comme un gant. Jamais il n’aurait pensé la voir si épanouie. Même s’il ne recherchait pas particulièrement la compagnie d’autrui, Kyô pouvait parfois l’envier. Dès qu’elle s’apprêtait à les rejoindre, un aura d’excitation et d’impatience émanait d’elle. C’était peut-être ça, qui lui manquait, à lui. Quelqu’un qui est un peu comme le prolongement de vous, une personne qu’on a hâte de retrouver après seulement l’avoir quitté, une personne avec laquelle tout semble si naturel, si simple. C’était un peu ce qu’il avait eu avec Ayane, il fallait bien avouer. Ça devait être pour ça que Tally n’avait toujours pas repris son aspect d’origine.

Oh, il était loin d’être seul, ne vous inquiétez pas pour lui. Et même si c’était le cas, la solitude lui sied plutôt bien. Le problème, c’était ces non-dits. Alexandros qui lui servait des sermons, qui lui répétait à longueur de journée qu’il était exceptionnel, qu’il devait être digne de son père, que son existence était un cadeau, qu’il pouvait peser gros dans la balance. Bien souvent, Kyô n’avait qu’une envie : lui dire d’aller se faire foutre. Avec Alexandros, c’était un peu chien et chat. Mais chien et chat qui cohabiteraient et finalement ne se détesteraient pas. Chacun était une fascination pour l’autre mais il ne le montrait pas de la même manière. Kyô trouvait souvent Alex oppressant, parfois même malsain. Plusieurs fois, il l’avait remarqué en train de le détailler, comme s’il jaugeait, jugeait et analysait tous ses gestes, et s’il le pouvait, toutes ses pensées. Ce n’était pas si rare que Kyô se sente mal à l’aise devant lui. Pourtant, c’était à ce vieux vampire que Seytan l’avait confié. Son chaperon… Tally, elle, ne semblait pas rencontrer ce genre de soucis. Pour avoir plusieurs fois rencontré Paris, il la comprenait plutôt bien. Il n’était pas comme la jeune succube à l’idolâtrer et à ne jurer que par son nom, mais Paris savait se faire aimer et s’accaparer la confiance d’autrui pour le tourner à son avantage. S’approcher trop près de lui, c’était se risquer à se brûler. Tally n’avait rien à craindre de ce côté-là au moins. Elle faisait dorénavant partie de la famille du démon.

- Vous n’avez pas intérêt à vous louper. Paris est peut-être sympa avec vous, mais ça reste un démon, la mit-il en garde. L’oublie pas ça. Il est aux ordres de Seytan, alors tenez-vous un à carreau. Je doute pas qu’il est gentil comme ça, mais reste sur tes gardes et garde en tête à qui t’as affaire.

Après tout, c’était bien vrai, Paris pouvait très bien se débarrasser des brebis galeuses et de les remplacer par de nouveaux éléments frais et dispos. Tally prenait ses missions à cœur, mais valait mieux restait vigilant. En côtoyant les proches de Seytan, Kyô avait peut-être un peu plus de vision sur ce qui tramait. Bien qu’on lui cachait encore de nombreuses choses, d’où cette impression d’être un pantin dans toute cette situation.

Kyô n’eut pas à attendre longtemps pour témoigner de la motivation de la jeune femme. Elle avait plusieurs l’allure d’une petite fille heureuse de s’être vu confier une tâche par sa maîtresse qu’à une tentation et une pècheresse. Ca fit sourire Kyô, mais pas assez longtemps pour encaisser la nouvelle qui suivit.

- Nan mais t’es sérieuse ?! s’exclama-t-il avec plus de vie qu’il n’aurait pensé le faire. Greyback ? Tu veux dire ce type complètement cinglé ? Tu connais quand même sa réputation non ? Il parait qu’il est complètement malade. Un vrai taré. Sa meute, c’est l’enfer. Une bonne partie s’est cassée pour rejoindre Luke, tu vois le tableau… Et puis, je veux pas te vexer, mais pas sûr que tu sois son type. J’ai entendu dire qu’il est plus « tombée du berceau » que « femme fatale », si tu vois ce que je veux dire…

Il y avait deux possibilités concernant cette mission : soit Paris avait une confiance aveugle envers Tally, soit il voulait s’en débarrasser. Kyô ne savait pas quoi en penser. Peut-être qu’une bonne dose de sucres l’aiderait. Ca tombait bien, ils venaient d’arriver au salon de thé. Kyô ouvrit la porte, encore un peu perturbé par ce qu’il venait d’entendre, et laissa Tally entrer avant de fermer la porte derrière lui.

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