The supremacy of the Muggles ends here.
Voldemort a ouvert les portes de l'Enfer et contrôle le gouvernement anglais. Sa suprématie ne s'arrêtera pas là. Avec la source de la magie noire à ses côtés, il s'apprête à mettre la main sur tous les continents. Son objectif : soumettre les moldus et les traîtes à leur sang. L'aiderez vous dans ce combat ou rejoindrez-vous la coalition internationale ?
RéglementContexteBottinsLes groupesLes créatures jouablesScénarii et Postes vacantsInvités
A savoir
# Juin 97 : Dumbledore meurt par la main de Severus Rogue
# Eté 97 : Voldemort prend le contrôle du gouvernement
# Septembre 97 : La Coalition Internationale reprend du service et une nouvelle année scolaire démarre sous la domination des Carrow
# Décembre 97 : Voldemort redonne sa liberté avec Seytan et passe un pacte avec ce dernier
# Nous sommes en mai 1998
Contexte
C'est une terrible annonce qui secoue le monde des sorciers : Dumbledore est mort, assassiné par Severus Rogue. Le plus grand mage noir de tous les temps en profite pour mettre la main sur le ministère de la magie. Son objectif : purifier la race sorcière et faire des moldus ses esclaves. Mais son empire ne s'étant qu'aux frontières de la bonne vieille Angleterre. Le monde entier doit être nettoyé. Pour cela, Celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom est en quête de la source même de la magie noire. Le Necronomicon, le livre des monstres et des morts, le mène devant les portes de l'enfer, qu'il laisse grandes ouvertes...
Evénements
Ego vero sic intellego, Patres conscripti, nos hoc tempore in provinciis decernendis perpetuae pacis habere oportere rationem. Nam quis hoc non sentit omnia alia esse nobis vacua ab omni periculo atque etiam suspicione belli ?
Duplexque isdem diebus acciderat malum, quod et Theophilum insontem atrox interceperat casus, et Serenianus dignus exsecratione cunctorum, innoxius, modo non reclamante publico vigore, discessit.
Blackout
everything is falling apart

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 Vinzent Geistlicher - Vampire

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Geistlicher
Vinzent Ryan Gosling

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Infos générales
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Bonjour, je m'appelle Vinzent Geistlicher
, j'ai 1500 ans et je suis né(e) le Janvier 498 à Ulm en Allemagne, je suis donc de nationalité Allemande. Je travaille en tant que mon métier ou mes études. Sinon, je suis ... la question ne se pose pas vraiment, je ne suis pas interessé et par conséquent je dirais que je suis célibataire et je suis quelqu’un qui vit avec le minimum nécessaire. Pour finir, j'utilise Ryan Gosling comme avatar et je fais parti du groupe des Neutres.


❯ ASCENDANCE : Il n’en a aucune idée puisqu’il ne connaît pas ses parents. Sachant qu’il n’a jamais pratiqué la magie comme on l’entends, on peut supposer qu’il est né moldu mais ça n’a pas vraiment d'importance
❯ DATE DE NAISSANCE : Il est né en Janvier 498..
❯ NATIONALITÉ : Allemand
❯ ESPÈCE: Vampire
❯ CLASSE SOCIAL : Il vit avec le minimum, donc plutôt pauvre.
❯ ORIENTATION SEXUELLE : Il ne se pose pas la question...
❯ GROUPE : Neutre
❯ COMPAGNON : Il n’a pas d’animal de compagnie même s’il lui arrive de nourrir des animaux errants.
❯ BAGUETTE : Il ne pratique pas la magie
❯ PATRONUS : Il ne pratique toujours pas la magie
❯ EPOUVANTARD : Il n’en a jamais vu un mais s’il devait se retrouver nez à nez avec sa pire peur, il verrait probablement Dieu lui avouant qu’il n’a jamais été qu’une déception pour lui.
❯ CAPACITÉ SPÉCIALE : Son don vampirique est la capacité de lire dans les pensée. Autrement dit, c’est un Legilimens très talentueux depuis toujours. Avec son âge avancé, il est capable de briser toutes les barrières mentales sans le moindre effort.


Des détails sur ton personnage

Quel est son caractère ? Vinzent est un garçon aimable, poli et plutôt amical. Même si les années ont changées sa façon d’appréhender le monde et qu’il se montre beaucoup moins naïf et ouvert qu’auparavant, il n’est pas quelqu’un de méchant ou de mauvais. Enfin, disons que ce n’est pas l’avis de tous… En général, il est plutôt sympathique, parfois même taquin et jovial avec les gens qu’il apprécie le plus. Il essaie de ne froisser personne et sait se montrer en retrait quand il juge que c’est le meilleur moment. Sans être timide, il n’est pas quelqu’un qu’on remarque beaucoup. Il considère que le respect est une chose très importante et fait preuve de courtoisie avec tout le monde. On pourrait même dire qu’il est pacifique, il ne cherche pas le conflit et ne se laisse pas provoquer inutilement. Si l’immortalité ne lui a pas enlevé une chose, c’est sans doute sa compassion et sa sensibilité. Toute personne qu’il jugera comme bonne selon ses propres critères peut donc lui faire de la peine par sa simple détresse. Encore aujourd’hui, il aidera son prochain sans arrière pensée comme il l’a toujours fait.

C’est donc quelqu’un de très sympathique mais (parce qu’il y a forcément un “mais”) pas tout à fait avec tout le monde. Vinzent est un monstre et il le prouve régulièrement. Il lui suffit de repérer une proie et il se montrera obstiné dans sa chasse et encore plus terrible dans la réalisation de son dessein.

C’est un homme qui ne connaît pas le sens du mot “échec” car peu de choses lui ont été refusé depuis qu’il est un vampire. Il est prêt à tout pour parvenir à ses fins. Il n’hésite pas à mettre beaucoup de temps et d’énergie au service d’un projet quand il juge cela important et il rivalise d'ingéniosité pour contourner tous les interdits de la société. Il ne respecte pas franchement les lois, ni humaines, ni magiques, mais il fait attention avec les lois vampires même s’il ne reconnaît pas l’autorité du Conseil. Disons plutôt que leurs lois lui conviennent et qu’il n’a pas encore eu de raison d’en briser une.

D’un point de vue plutôt objectif, c’est un foutu fanatique complètement barge qui vit dans son monde. Évidemment, il ne se voit pas du tout du même œil.

Que penses-tu du gouvernement de Voldemort et son pacte avec Seytan ? Vinzent ne s'intéresse pas beaucoup aux affaires qu’il juge “politique” en général mais pour une fois, l’évènement a retenu son attention. Un mage noir qui libère le Diable lui-même de ses entraves ? Vinzent y voit le jugement dernier, une dernière chance pour l’humanité de lutter contre les dépravations ou l’anéantissement de tout espoir pour l’Homme. Il ne compte pas participer à tout ça, ni dans un camps, ni dans l’autre mais il est clair qu’il préfèrerait voir le “Bien” l’emporter contre les forces du “Mal”.

Quel est ton avis sur l'Ordre du Phénix, de la Coalition et de leur combat ? Il trouve ça bien que des humains se mobilisent enfin pour une cause juste. Il a conscience que pour beaucoup d’entre eux il n’est pas forcément question de vaincre le Mal mais c’est ce qu’ils font et ça convient bien à Vinzent. Il espère simplement que leur action n’arrive pas trop tard et que le coeur des Hommes n’est pas déjà perdu par toute la perversion qui se verse sur le monde jour après jour…



Anecdote

♱ Il n’a pas peur du feu. Bien sûr, si une flamme le touchait il prendrait feu comme n’importe qui (enfin comme n’importe quel vampire) mais il ne ressent pas de peur face à une flamme. Il n’est pourtant pas suicidaire mais peut-être est-ce dû aux conditions de sa transformation.  ♱ Il porte encore parfois la soutane ♱ Il possède toujours son chapelet en argent même s’il est incapable de le porter ♱ Il porte régulièrement des gants, non pas par mode, mais pour cacher la froideur inhabituel de sa peau aux humains ♱

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ATTENTION : Histoire avec des passages assez violents et graphiques. Si vous voulez vous épargner un peu, ne lisez pas le premier passage entre l'image avec les papiers multicolores jusqu'aux arbres enneigés.


Ton histoire




« Denn du bist
was du isst »
Car tu es, ce que tu manges


-  Mange.

Le ton était froid et sec. C'était un ordre qui ne souffrirait aucun refus. L'homme qui l'avait prononcé se trouvait de l'autre côté de la table, les bras croisés. Il poussa un soupire devant l'obstination montrée par son vis-à-vis. Pourtant, il faudrait bien qu'il finisse son assiette. La situation était d'autant plus frustrante quand on savait que cela ne lui proposait aucun problème de se goinfrer jusqu'à la nausée de cochonneries.

-  Je ne plaisante pas Adrian, mange.
- Je ne veux pas... Je ne peux plus.
- Ce n'est pas vrai. Et tu le sais très bien.

Des larmes perlèrent aux yeux d'Adrian. Pourquoi lui infligeait-on cette torture ? Il ne voulait plus une avalée une seule bouchée. À chaque fois qu'il sentait le goût sur sa langue, il avait l'impression qu'il allait vomir. C'était abominable et il commençait sérieusement à penser que la punition qu'il risquait en continuant de refuse de manger ne serait jamais pire que ça. Pourtant, quand il regardait Vinzent, il se sentait prêt à prendre une bouchée de plus. C'est ce qui le décida à faire un effort supplémentaire. Il resserra sa prise sur sa fourchette, espérant se donner des forces de la sorte. Il attrapa une bouchée avec une moue plus que septique, se força à ne pas penser à ce qui se passerait quand la nourriture toucherait sa langue et enfourna le tout entre ses lèvres.

Vinzent eu un sourire satisfait en le voyant continuer à manger. Il croisa ses bras sur son torse et attendit la suite des hostilités. Malheureusement, son sourire s’effaça bien vite de son visage en voyant Adrian sur le point de recracher pour finir par vomir. La colère sembla lui monter au nez. Quel comédien il avait en face de lui ! Vomir pour ça ? Vraiment, c’était de la mauvaise volonté. Mais puisqu’il le prenait comme ça, pas de problème. Il avait essayé la méthode douce, maintenant il allait se montrer plus persuasif. Il se leva tandis qu’Adrian crachait sur le bord de la table et par terre pour se sortir le goût infecte de la bouche. Il semblait s’être mis à pleurer à demi… À cause de son dégout ou de la peur ?

- Très bien. On arrête  de te faire manger ton assiette puisque visiblement, ça ne passe pas. Tu vas manger ça –de nouveau-, dit-il en désignant les vomissures.

Adrian le regarda stupéfait. Cet homme n'était pas sérieux ? Il n'allait pas sérieusement lui faire manger son propre vomi ? Dans quel cauchemar était-il tombé ? Après tout, c'était sans doute vraiment ce qu'il lui faire vu qu'il l'avait forcé à manger cette mixture composée de lait, d'huile, de viande crue et d'il ne savait trop quoi d'autre. Ce mec était fou.

Ce qu'Adrian ne savait pas, à l'instar de Vinzent, c'est que ce mélange bizarre avait une propriété tout à fait étonnante qui était de faire obligatoirement vomir celui qui la mangée. Aussi, tout ce petit manège n'avait été orchestré que dans le but de faire culpabiliser Adrian tandis qu'il subirait des sévices plus affreuses au fil du temps.

La main de Vinzent tenait d'une poigne de fer les cheveux d'Adrian. D'un habile mouvement combinant son pied, son corps et son bras, il fit basculer et pivoter la chaise de son prisonnier, ne laissant plus que les deux pieds de devant sur le sol en équilibre, suspendant son visage à quelques centimètres du vomi. Sans cette intervention, le visage d'Adrian se serait explosé contre le sol, au beau milieu de l'infecte mare et il se serait sans doute brisé le nez. Comment aurait-il pu faire autrement ? Ses mains étaient ligotées aux accoudoirs de sa chaise, ne lui permettant que des mouvements d'une dizaine de centimètre. Juste ce qu'il fallait pour qu'il puisse se nourrir de lui-même ...

- Vas-y mange.
- Non…. S’il vous plait, je vous en prie, pas ça…. Je ferais tout ce que vous voudrez.
- Fais-le.
- No-noooon…

La patience de Vinzent avait déjà assez durée. De sa main libre, il saisit un des doigts gras et potelé d'Adrian et lui recommanda une dernière fois de manger, ce à quoi on lui répondit par des pleurs, des gémissements et quelques supplications indistinctes. Il se contenta alors de tirer d'un coup sec vers le haut et l'arrière le doigt de l'homme qui poussa un terrible hurlement de souffrance.

Jamais il n'avait autant souffert de sa vie et il n'en comprenait pas la raison. La douleur était si intense qu'il pensa que s'en était maintenant fini pour lui, qu'on ne lui ferait plus rien après tout ça... Pourtant, il sentit la main gantée de son bourreau se diriger vers le doigt suivant. L'injonction de manger se répercuta de nouveau à ses oreilles et s'il l'avait pu il se serait mis à trembler. Il regarda la flaque de vomi devant lui et ne pu se résoudre à manger quelque chose d'aussi infecte. Peu de temps après il entendit un craquement suivi d'une vague de douleur submergeante.

Des larmes s'étaient mises à couler sur ses joues sans qu'il se souvienne vraiment du moment de leur apparition. La main du bourreau se déplaça de nouveau et il sut qu'il préférait mettre tout honneur de côté plutôt que de revivre ça. Il plongea le visage dans la bouillit face à lui et se força à avaler deux bouchées. Il s'étouffait à moitié à cause de sa position qui ne lui permettait pas de respirer, son nez étant lui aussi plongé dans l’écœurante flaque. Un fournit un dernier effort en avalant mais, ne le supporta pas de vomi de nouveau. Il s'attendait à ce que l'un de ses doigts se torde mais, il fut au contraire remis dans sa position initiale à l'horizontale devant la table. Une serviette s'aplatit même sur son visage le débarrassant de la souillure. Adrian ne comprit pas immédiatement mais, bientôt cela lui parut être une évidence : son calvaire ne s'arrêtait pas là, il allait s'accroître. La peur lui prit au ventre comme il ne l'avait jamais ressenti et il se remit à pleurer de plus belle, demandant pourquoi on lui infligeait tout ça. Ce qui ne manqua pas de surprendre Vinzent.

- Tu te poses vraiment la question ? Mais regarde-toi. Tu n'es qu'un porc à visage humain, un obèse répugnant ! Un être qui peut à peine se tenir debout tellement la graisse lui comprime les muscles et le rend faible ! Te voir manger couperait l'appétit à un affamé. C'est un péché grave que celui de gourmandise et je ne le prends évidemment pas au sens courant, mais bien plus comme une gloutonnerie écœurante. Comment peux-tu te regarder dans la classe avec un semblant d'estime de toi ? Pas la peine non plus de me regarder avec cet air effaré. Tu sais ce que proposait Dante dans la Divine Comédie ? Il disait que les gens coupables de ce péché passeraient l'éternité dans une fange puante, sous une pluie sans trêve, mordus et griffés par Cerbère. En comparaison mon châtiment est bien léger. Quoi que, ton obstination à vomir, toi qui manges à en être malade mais qui refuse toujours le moindre rejet me déplait.

Mais il savait déjà comment il allait procéder par la suite. Il posa un genou à terre et se mit devant Andrian puis chercha à lui retirer son pantalon. Entre toute cette graisse et dans cette position, il comprit bien vite qu'il n'aurait qu'une solution : le déchirer. Ce qu'il fit rapidement sans paraitre remarquer les interpellations du concerné. Il déchira également son caleçon, le laissant nu devant lui. Il ne put s'empêcher d'avoir une mine dégoutée et sortit un cran d'arrêt de sa poche arrière.

- C'est tellement petit et laid à côté de tout ce gras, dit-il plus pour lui-même qu'autre chose en allant chercher au milieu des bourrelets le sexe mou et pathétique de l'homme.

Il aurait pu faire durer plus la pression et la peur chez Adrian, mais le dégout le prenait et il espérait que sa besogne serait vite accomplie. Aussi, il ne tarda pas avant de couper d'un coup sec le pénis de son vis-à-vis. Il aurait pu l'arracher à main nue, mais la plaie n'aurait pas été aussi nette et propre et il ne fallait pas que le pécheur ne décède avant la fin de son expiation. Aussi, Vinzent prit même la peine de cautériser rapidement la plaie en chauffant la lame de son couteau avec un briquet. Il fixa un instant la flamme du briquet dont le reflet dansa dans ses yeux, se disant que c’était le brasier de l’Enfer qu’il tenait entre ses doigts. Lorsque la lame fut assez chauffe, il n’attendit pas une minute de plus avant de l'appliquer sur la plaie.  C'était sommaire, mais cela permettrait au gros de rester en vie plus longtemps.

Le bourreau déposa dans sa propre assiette le pénis sanglant et il apporta celle-ci à Adrian avoir essuyé ses gants sur la serviette. Il n'était pas difficile de savoir ce qu'il comptait faire subir au pauvre homme à présent. Il se pencha avant ça sur le bout de chair et entrepris de le découper. Après tout, il fallait qu'il l'aide un peu maintenant qu'il lui avait brisé la plupart des doigts. Il énonça plutôt violemment la fourchette dans un morceau de verge, la laissant suspendue à la verticale.

- La luxure est un autre péché mais, visiblement cela ne t'a pas traversé l'esprit quand tu as contacté cette prostituée. Tu as dû être bien surpris en me voyant arriver à sa place. Maintenant, mange ou je t'ouvre le ventre suffisamment pour que tu vois ton estomac et que tu meurs très lentement. Je compte jusqu'à 5.

La détresse d'Adrian était palpable dans l'air. Il suffoquait à moitié entre la douleur aigu dans son corps, la peur, l'angoisse... 5 Il n'avait jamais tant crié de sa vie qu'auparavant et il avait l'impression de s'être endommagé une corde vocale. C'était bien sûr sans importance par rapport au reste, mais cela ne faisait qu'empirer son désespoir. Pourtant, il espérait se sortir d'ici en vie, il se raccrochait fermement à cet espoir. 4 Il n'avait pas envie de mourir. Sa vie n'était pas la plus belle qui puisse exister, il n'était personne, n'avait pas vraiment d'amis ou de famille. Pourtant, il n'était pas malheureux outre mesure. 3 La nourriture comblait les manques de son existence à grâce à un travail d'informaticien, il pouvait vivre reclus chez lui et se faire servir ce qu'il voulait. 2 Oui, il tenait à la vie.

Il se saisit difficilement de la fourchette face à lui tandis que le compte à rebours s'était arrêté. Il portant sa propre chair à sa bouche et mâcha car, le morceau était trop gros pour qu'il puisse le gober. Il ne se serait pas cru capable, mais il parvient à avaler la bouchée plus facilement qu'il ne l'aurait pensé. Peut-être que l'énergie du désespoir était avec lui. Malheureusement, Vinzent ne s'arrêta pas là et lui ordonna de manger encore et ce jusqu'à ce qu'il ait fini son assiette. Adrian se persuada qu'il en était capable, il y était arrivé une fois il pourrait le refaire. Il n'avait qu'à imaginer qu'il s'agissait d'autre chose, ainsi qu'à oublier la situation, la douleur, l'odeur...tout. Il recommença l'opération sauf que cette fois, le morceau était plus gros. Tandis qu'il mâchait il sentit quelque chose qu'il n'aurait su identifier mais, qui le perturba beaucoup dans son effort. Il mâcha longtemps, incapable d'avaler, tenta une première fois, ni parvient pas, réessaya, laissa la viande couler dans sa gorge et se mit à vomir une fois de plus.


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Vinzent referma soigneusement la porte de la grande ferme. La texture de la poignée était plus froide qu'il ne l'aurait cru à vue d'oeil, il ne l'avait pas sentit en entrant car, il portait ses gants à ce moment-là -ils se trouvaient maintenant sur la table d'Adrian, trop sales pour êtres portés-. Il repartit tranquillement -l'esprit en paix -par le chemin par lequel il était venu, laissant derrière lui les hurlements d'Adrian qui avertiraient au mieux les animaux avoisinant- il vivait réellement loin de tout !-, tandis qu'il se vidait lentement de son sang.




« Sainte Marie, Mère de Dieu, Priez pour nous, pauvres pécheurs, Maintenant, et à l'heure de notre mort. »


Pourtant, il y avait de cela de nombreuses années, Vinzent ne se serait jamais cru capable de quelque chose de seulement avoisinant. Tout cela commença au début du mois de janvier 498. La neige tombait à flot sur la ville d'Ulm. Après tout, aussi proche des montagnes et à cette époque de l'année, cela n'avait rien d'inhabituel mais, le temps semblait particulièrement déchaîné. Griechka ne remarquait pourtant rien. Le visage couvert de sueur, un morceau en bois entre les dents, elle essayait de reprendre son souffle avant de pousser de nouveau de toutes ses forces. L'effort était intense mais, elle ne pouvait pas s'arrêter maintenant, il fallait qu'elle continue ou elle allait mourir et tuer l'enfant. Après de longues minutes qui lui parurent interminable à grâce à l'aide d'une de ses amies, elle finit par mettre au monde son fils. Les cris du petit furent un vrai soulagement pour elle, c'était la fin de son supplice. Elle avait mis au monde un beau petit être qui ne tarda pas à téter avec avidité son sein. Elle regarda le nourrisson avec un sourire attendrit.

Elle savait qu'elle avait prit la bonne décision en lui laissant la vie sauve, mais elle savait aussi qu'elle n'aurait pas d'autre choix que de l'abandonner. Après tout, elle était une fille de joie et si elle avait convaincu sa Seigneurie de lui permettre de le mettre au monde, elle savait qu'elle ne pourrait pas le garder. De toute façon, elle n'avait jamais eu l'intention de le garder, simplement quand elle avait eu la certitude d'être enceinte, elle n'avait pu se résoudre à tuer cette âme encore innocente. Cela n'aurait pas été très chrétien et elle avait déjà de trop nombreux péchés à son actif. C'est dans cet optique qu'elle alla déposer le couffin contenant de nombreuses petites couvertures et son fils devant la porte de -ce qui n'était pour l'instant que- l'Église d'Ulm. Elle ne savait pas écrire mais avait laissé un peu d'argent dans le couffin pour que le prêtre s'occupe bien de son fils comme elle ne pourrait jamais le faire.

Ce furent les pleurs incessants qui alertèrent le Père Wilfried. Quand il ouvrit la porte, il découvrit sur le parvis le petit couffin qui remuait faiblement. Il ne prit pas la peine de soulever la couverture mais, emporta rapidement le paquet à l'intérieur pour le mettre plus au chaud. Le petit devait mourir de froid ! Il avait été protégé de la neige mais, les maigres couvertures qu'il avait sur lui ne pouvaient pas le protéger du froid sans parler du fait qu'il était si petit ! Il ne devait pas avoir plus de quelques jours...

Tandis que le prêtre essayait de le réchauffer en le frictionnant doucement, il réalisa qu'il allait devoir prendre soin de cet enfant. Il avait déjà entendu parler de quelques abandons devant les Églises mais souvent les prêtres donnaient l'enfant à une famille qui avait l'âme assez charitable pour s'en occuper. Pourtant, cette idée dérangeait le père. Il avait eu le sentiment que cet enfant l'avait appelé et que c'était la volonté du Ciel qu'il s'en occupe lui-même. Il décida définitivement d'élever cet être comme s'il avait été de sa propre chair au moment même ou leurs yeux se rencontrèrent.

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« Prends soin de ton nom car il te restera plus longtemps qu'une grosse somme d'or.  » La Bible


- Pater noster, qui es in caelis ; Sanctificetur nomen tuum; Adveniat regnum tuum; Fiat voluntas tua sicut in caelo et in terra. Panem nostrum quotidianum da nobis hodie, et dimitte nobis debita nostra sicut et nos dimittimus debitoribus nostris et ne nos inducas in tentationem sed libera nos a malo. Amen.
[*]

Vinzent, rouvrit les yeux et embrassa la croix d'argent qu'il tenait entre ses mains jointes. C'était un cadeau que le prêtre lui avait fait très tôt, alors qu'il était encore dans son couffin mais, qui ne l'avait plus quitté depuis cet instant. Il releva la tête pour observer avec une dévotion véritable le Christ sur sa croix. Il se releva, les genoux douloureux d'avoir trop prié et regarda le père Wilfried qui l'observait les bras croisés avec un sourire au coin des lèvres. Il était fier du petit garçon de huit ans qui récitait déjà la plupart des prières de mémoire en langue latine. Ce n'était pas offert à tout le monde en étant aussi jeune. Mais Vinzent n'avait jamais déçu les espérances de Wilfried et parvenait à surmonter tous les obstacles. Peut-être était-ce dû à son nom qui était un dérivé du participe présent de vincere qui signifiait en latin « vaincre ». Ce petit serait destiné à de grandes choses vu la passion qu'il mettait déjà à honorer Dieu chaque jour.

- Quelque chose ne va pas ?
- Non, tout va bien. Je me demandais juste pourquoi Dieu avait privé un enfant tel que toi de parents.
- Mais j'ai des parents ! Dieu est mon Père, tout comme vous l'êtes !

Le père Wilfried se contenta de sourire en caressant les cheveux blonds de celui qu'il considérait comme son fils. Même s'il était jeune, il faisait preuve d'une bonne logique et d'une grande bonté d'âme. Il ne semblait pas que les épreuves lui posent problèmes, il acceptait toujours tout et essayait de faire de son mieux dans chaque situation. Chaque difficulté était pour lui une sorte de défi de Dieu envers sa foi et il se devait de montrer une détermination sans faille. Il fallait dire que le père Wilfried était un très bon croyant, plutôt ouvert d'esprit qui essayait de rependre autour de lui l'amour de Dieu, la foi mais, aussi plus simplement d'apporter du réconfort à tous ceux qui en cherchait. Le pardon, la charité, la miséricorde, le désintéressement et la bienveillance envers autrui était la base de l'enseignement qu'il avait inculqué à son fils et le fondement de ses valeurs personnelles. C'était un homme qui aimait profondément l'Homme et encore plus intensément Dieu. Sa vie de prêtre était le parfait reflet de ses convictions propres. Avec ce rang, il se tenait devant les Hommes comme un homme de Dieu chargé d'être la présence du Christ au milieu de son peuple mais, se présentait également comme étant à son service.
Le petit garçon répondit au sourire de son père et partit sans plus attendre préparer la messe du jour.


[*]Prière du Notre Père : "Notre Père qui es aux cieux, que ton nom soit sanctifié, que ton règne vienne, que ta volonté soit faite, sur la terre comme au ciel. Donne-nous aujourd’hui notre pain quotidien, pardonne-nous nos offenses, comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés, et ne nous soumets pas à la tentation, mais délivre-nous du mal. Amen. "

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Le père Wilfried s'absentait de plus en plus souvent, manquant certains offices qu'il laissait à la charge de Vinzent qui était passé diacre l'année précédent. Il avait fait le vœu de devenir prêtre à l'âge de huit ans, mais il n'avait commencé sa formation qu'à dix, sous l'autorité de son père. Après six années d'études, il fut ordonné par l'évêque de Stuttgart ce qui lui permettait d'assister lors des messes notamment lors de la liturgie eucharistique avec la préparation des dons -en remplissant le calice de vin et en y ajoutant l'eau, par exemple-. Seulement, son statut ne lui permettait que d'être un assistant, or les absences du prêtre l'obligeait souvent à assurer seul l'office. Heureusement, les fidèles de l'Église le connaissait depuis longtemps et l'appréciait, aussi ils ne firent pas de remarque particulière -d'autant plus que Vinzent était irréprochable-. Seulement, tous comme lui, il s'inquiétait des absences à répétitions de leur prête, d'autant plus que personne ne savait ce qu'il faisait pendant ce temps. Lorsque les suppositions fusaient autour de lui ainsi que les inquiétudes de chacun sur le sujet, le jeune homme répondait toujours calme et sagesse :

- Le Père Wilfried aime son Église. S'il se montre absent c'est très certainement car Dieu lui a confié une mission qui réclame son attention autre part. Cela ne doit pas nous distraire, ni nous éloigner de Dieu.

Ce qui avait le don de calmer les esprits et d'arrêter les commérages. Pourtant, l'inquiétude qui grandissait dans le cœur du jeune diacre était de plus en plus palpable. Il n'y avait jamais eu de secret entre lui et son père et cette situation le mettait assez mal à l'aise. Wilfried rentrait souvent tardivement et semblait fatigué mais, il ne disait rien de ce qu'il avait fait dans la journée. Quand ils parlaient ce n'était que pour savoir comment s'était déroulé les activités de Vinzent et quand il lui retournait ses questions, il n'obtenait que des réponses vagues et évasives. Il n'arrivait pas à supprimer le mal être par la prière et l'inquiétude ne le quittait plus. Il décida qu'il en parlerait le soir même au diner -car il partait du principe que Wilfried serait là à ce moment-.

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Un repas sommaire, comme à l'ordinaire avait été préparé ce soir-là, principalement composé d'une soupe à l'oignon. Pendant que Vinzent remuait le contenu de la casserole qui était sur le feu, il se rappela les enseignements de son père à propos de repas. Il lui avait dit qu'il ne fallait jamais manger pour le plaisir même de la nourriture mais, que la nourriture était en droit de nous satisfaire et qu'il n'était pas mal d'en éprouver une certaine joie. Ils mangeaient toujours des plats simples même lors des jours de fêtes, car ils n'avaient pas besoin de mets plus couteux ou plus copieux. D'autant plus que les jours de jeûne n'étaient pas rares, notamment le jour de l'eucharistie et qu'il était préférable d'habituer son corps à des repas modérés. Ce souvenir l'attrista anormalement. Il se sentait en réalité profondément blessé du manque de confiance dont faisait preuve celui qu'il aimait le plus après Dieu. Il ne comprenait pas non plus ce qu'il avait bien pu faire pour avoir perdu tout son crédit. Pendant qu'il réfléchissait, il s'était arrêté de remuer et la soupe commençait à accrocher sur le fond de la casserole posait sur l'âtre. Réparant rapidement son erreur, le jeune homme entendit la porte s'ouvrir au même moment. Il ne tourna pas la tête de sa besogne et salua son père comme si de rien n'était. Il servit peu de temps après la soupe et disposa la miche de pain sur la table. Il récita le benedicitae comme à l'accoutumé et commença à manger dans le silence. Il n'osait pas lever les yeux en direction de Wilfried et se sentait encore plus peiné devant son silence. Alors que son assiette n'était plus qu'à demi remplie, il ne pu se taire davantage.

- Père, quand ai-je donc commis une faute qui mérite que vous ne m'accordiez plus votre confiance ? demanda t-il après avoir enfin osé le regarder.
- Je ne comprends pas de quoi tu parles Vinzent, répondit Wilfried qui semblait réellement surpris.
- Depuis quelques temps, vous vous absentez tout le jour pour ne revenir que le soir tombant et vous ne me dites plus rien. Pourquoi m'abandonnez-vous ainsi ? Qu'est-ce que j'ai fait ?, expliqua t-il tandis que les larmes lui montaient aux yeux sans qu'il ne s'en aperçoive. Il se rendit alors compte que cette absence l'avait profondément troublé et qu'il s'était senti abandonner de nouveau.

Sur l'instant, Wilfried ne sut pas quoi répondre. Il ne s'était pas du tout attendu à ce que son fils souffre de son absence. Enfin, disons qu'il n'y avait pas réellement pensé, car il avait été très occupé dernièrement. Il était touché de voir cet être qu'il aimait tant ressentir de la peine en son absence mais, il se sentit aussi coupable de lui faire éprouver ses sentiments. Il afficha un sourire rassurant mais, ou transparaissait la fatigue, à Vinzent et entrepris de tout lui raconter.

Quelques semaines auparavant, il s'était rendu à un concile des prêtes et évêques de la région, car les cas de possessions se faisaient de plus en plus nombreux. Pour y remédier, le clergé avait mis en place des formations comme on les appellerait aujourd'hui, pour apprendre les gestes chassant les démons et purifiant les âmes. Peu de temps avant cela, effectivement, certains des fidèles de son Église étaient venus lui demander de l'aide, car les parents proches semblaient possédés mais, il n'avait pas été d'une grande aide, ne sachant pas comment faire sortir le Malin d'un corps. En rentrant, il était donc retourné voir ces personnes et avait commencé à pratiquer l'exorcisme.

Les techniques n'étaient encore que rudimentaire, surtout par rapport à ce que les prêtres de Rome étaient capables de faire, mais elles étaient suffisamment efficaces pour fonctionner. Seulement, elle prenait beaucoup de temps et se livrer à pareil combat n'était pas simple, surtout à l'âge qu'atteignait Wilfried. En effet, à 41 ans, il n'était vraiment pas jeune pour l'époque. Bien sûr, certaines personnes vivaient jusqu'à 60 ans et ceux le plus touché par la mortalité était les enfants de moins de cinq ans et ceux approchant la vingtaine à cause des guerres ou de l'enfantement. Seulement, il n'était pas à l'abri d'une épidémie de tout genre et les longs exorcismes le vidaient de toute son énergie. Il expliqua également, qu'il n'avait pas voulu lui parler de tout ça, non par manque de confiance, mais simplement pour ne pas le mettre dans la tourmente.

Tout ceci rassura en partie le jeune homme, mais à présent, il avait la ferme attention de participer également aux exorcismes. Arguant qu'ils seraient toujours plus forts à deux, qu'il avait de l'énergie à revendre et que c'était peut-être ceux à quoi il était destiné. Après tout, son prénom voulait bien dire qu'il allait « vaincre » non ? Alors, pourquoi cela ne s'appliquerait-il pas aux démons ? Devant la motivation et la détermination sans faille que lui montrait Vinzent, Wilfried n'eut pas d'autre choix que de lui concéder la victoire. Il n'aurait su refuser de l'aide, surtout venu d'un être si invertit au service de Dieu. S'il lui avait donné ce prénom, ce n'était certainement pas pour rien, peut-être était-il réellement destiné à combattre jusqu'à la mort toutes les basses œuvres de ce monde.

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« Nomen est omen »
 Le nom est présage


- « Les soixante-dix revinrent avec joie, disant: Seigneur, les démons mêmes nous sont soumis en ton nom. Jésus leur dit: Je voyais Satan tomber du ciel comme un éclair. Voici, je vous ai donné le pouvoir de marcher sur les serpents et les scorpions, et sur toute la puissance de l'ennemi; et rien ne pourra vous nuire. Cependant, ne vous réjouissez pas de ce que les esprits vous sont soumis; mais réjouissez-vous de ce que vos noms sont écrits dans les cieux. »
[*]

Le Seigneur Jésus Christ m’a donné le pouvoir de te terrasser, démon. Dis-nous ton nom. Sort de ce corps, laisse cette âme et repars d’où tu viens. Pars d’ici, démon !
s’écria-t-il avec vigueur, tandis que Wilfried jetait de l’eau bénite sur le corps alité de la femme de Mattheus le boulanger.

Le corps de la femme se convulsait dangereusement et des sons rocailleux sortaient de sa bouche sans qu’ils en comprennent le sens. Seuls les deux prêtres étaient dans la petite chambre, il n’aurait pas fallut que l’âme impur du démon ne se réfugie dans un autre corps après qu’il aurait été chassé de celui de cette femme. Cela faisait déjà deux heures que les prêtres s’acharnaient sur le démon mais, ils sentaient que la victoire était proche. Les signes de croix reprirent de plus belle du côté de Wilfried tandis que Vinzent reprenait la parole :

- « Réduis-les à néant, Seigneur, divise leurs langues ! car je vois dans la ville la violence et la discorde.  Jour et nuit ils font le tour de ses remparts ; l’iniquité et la vexation sont au milieu d’elle,  la perversité est dans son sein l’oppression et l’astuce ne quittent point ses places.  Car ce n’est pas un ennemi qui m’outrage : je le supporterais ; ce n’est pas un adversaire qui s’élève contre moi : je me cacherais devant lui.  Mais toi, tu étais un autre moi-même, mon confident et mon ami.  Nous vivions ensemble dans une douce intimité, nous allions avec la foule à la maison de Dieu.  Que la mort les surprenne, qu’ils descendent vivants au schéol ! Car la méchanceté est dans leur demeure, au milieu d’eux. »
[*]

La femme poussa de nombreux cris durant la récitation, insultant, maudissant, invoquant une mort prochaine et douloureuse pour les prêtes, après ça un affreux hurlement de douleur sortie d'elle, tandis que ses convulsions empirait puis brutalement, elle se calma et cessa tout mouvement. Le démon était parti. Ils achevèrent l'exorcisme par la récitation de cantiques, de psaumes et de prières finales. Cela avait été vraiment long et éprouvant pour eux, ce démon était particulièrement coriace et ils étaient vraiment reconnaissants de ne pas devoir accomplir cette besogne seuls. Ils firent quelques recommandations au mari et prirent congés.
Les fidèles de leur église avaient très bien acceptés leur nouveau rôle officiel et d'un accord commun, ils ne faisaient plus que la moitié des offices pour se consacrer plus largement à l'élimination des démons.

C'était un travail qu'avait adoré apprendre Vinzent, parce qu'il faisait une action particulièrement palpable au service de Dieu avec cela. De plus, il avait pu se rapprocher de son père après ce petit moment à vide et ils étaient plus soudés que jamais. Cela faisait maintenant neuf ans qu'il avait commencé l'exorcisme et il ne se lassait pas. Au contraire, il cherchait sans cesse à trouver des attaques plus incisives pour faire sortir le Malin de ses pauvres âmes. Ce n'était pas un terrain d'expérimentation et il s'abstenait d'essayer ses hypothèses sur les cas de possession, c'était trop risqué et incertain. Pourtant, il savait que c'est ce qui se passait à Rome et que nouveau protocole plus efficace voyait le jour au fur et à mesure.

Quand ils rentrèrent en cette fin d’après midi, un messager les attendait. Il avait un message à leur remettre en main propre et en main propre uniquement qui venait… qui venait de sa Papauté saint Félix lV. Le message expliquait qu’une réunion de tous les prêtres pratiquant l’exorcisme allait être organisée dans deux mois afin de perfectionner les méthodes de faire. Vinzent eut beaucoup de mal à cacher son enthousiasme. Car oui, la missive leur avait bien était envoyée conjointement : il avait depuis deux mois était consacré prêtre d’Ulm sous la direction du Père Wilfried. Il allait donc aller à Rome pour apprendre ce qu’il avait toujours voulu apprendre et ce dans le but d’éradiquer les démons qui venaient sur terre pour s’emparer des âmes pures. C’était simplement merveilleux. Le seul point négatif dans toute cette histoire, c’est qu’il partirait seul. Wilfried était rattrapé par l’âge et ne se sentait pas la force de faire le voyage.

Ce fut assez dur de quitter ce père avec qui il avait toujours été, même si le voyage ne serait pas définitif, ils les séparaient pour presque six mois. Après tout, il ne lui faudrait pas moins de deux mois pour atteindre à cheval Rome qui se situait à plus de 900km, sans compter sur tous les détours qu’ils feraient pour récupérer d’autres prêtres sur leur chemin. Une petite équipe de cinq avait prévu de partir dans la semaine d’Ulm, elle compterait trois autres prêtres et le messager qui repartaient avec eux. Le voyage serait éprouvant, peut-être dangereux, mais Vinzent était persuadé qu’il relèverait cette épreuve. Ce n’était qu’une façon de plus de prouver sa foi envers Dieu et de lui montrer qu’il n’abandonnerait pas la mission qu’Il lui avait confié.


[*]Évangile selon Luc, chapitre 10
[*]Psaume 55

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« Tomber est permis ;
se relever est ordonné.»
Proverbe russe
 

Il lui tardait de rentrer. Le séminaire qu'il avait suivi avait été très instructif mais, Wilfried lui manquait ainsi que ses habitudes et son quotidien. C'était étrange de s'arracher à ce qu'on connaissait après tant d'années à faire la même chose dans une routine bien huilé. Il ne regrettait pas du tout d'être parti, bien au contraire, mais le trajet du retour lui semblait bien long. Il essaya de penser à toutes les choses qu'il avait vu pour passer le temps. Des cas de possessions d'une intensité incroyable, ils durent se mettre à réciter conjointement des psaumes et autres prières pour faire sortir le démon du corps de ce possédé. Il avait aussi pu rencontrer des prêtres d'endroits très éloignés, comme des espagnols ou encore des roumains ! Ainsi, ils partagèrent leurs expériences de l'exorcisme et apprirent beaucoup les uns des autres. Rome était d'ailleurs une ville superbe -à l'époque déjà-. Les monuments, la culture, tout l'avait intéressé et fasciné à la fois. Sans parler des bibliothèques, toutes plus grandes les unes que des autres, contenant des textes splendides et d’une finesse d’esprit rare. Même le temps le surprenait ! On lui avait dit qu'il ferait plus chaud mais, il ne s'était pas attendu à ce que ce soit à ce point ! Il avait hâte de raconter tout ce qu'il avait vu à Rome et cette seule perspective le rempli de joie.

Pourtant, une nouvelle mise à l'épreuve allait attendre Vinzent. Il ne saisit pas immédiatement en voyant les visages graves des paysans et des commençant qu'il rencontrait sur son passage, tandis qu'il approchait de l'église. Quel drame avait-il bien pu se passer durant son absence qui mette aussi en émoi les fidèles ? Le prêtre de Domstadt se trouvait devant les portes de l'église et c'est à ce moment-là qu'il comprit. Il était arrivé malheur à Wilfried. « Force et tempérance, force et tempérance » Ces deux vertus cardinale n'avait jamais été aussi dure à appliquer pour lui quand on lui annonça la mort de son père. Il ne versa pas de larme devant le prêtre qui avait prié une dernière fois pour le repos de l'âme de celui qui l'avait élevé, avait mis son corps en terre et consacré l'eucharistie. Cela faisait maintenant une semaine que tout cela c'était passé et il n'avait pas été là. Il se contenta de rentrer dans l'église et d'accompagner le Père Johann avec de nouvelles prières. Celui-ci repartit à son église en fin d'après midi, avant que le soleil ne se couche. Quelques fidèles vinrent lui présenter leurs condoléances après cela et il resta seul.Il contempla un long moment le Christ sur sa croix. Il savait que c'était une épreuve qu'il vivait là, pour que Dieu puisse juger de sa foi. Il avait également conscience qu'il ne fallait pas qu'il soit triste, qu'il devait au contraire être heureux pour l'âme de Wilfried qui allait enfin pouvoir rejoindre Dieu après un passage au purgatoire. Cela aurait dû être une bonne pour lui, en quelque sorte. Mais les mortels étaient faibles et la peine était si dure, sa solitude si grande et ses regrets lui déchiraient le coeur. Après tout, s'il n'était pas parti à Rome, il ne l'aurait pas laissé seul.

D’autant plus que le père Johann lui avait appris qu’il était mort d’épuisement après avoir effectué un exorcisme trop long pour ses propres forces. S’il avait été là, ça ne se serait pas produit, il l’aurait encouragé à se reposer le cas échéant et aurait pu combattre le Mal seul. Peut-être était-il mort en accomplissant la destiné que lui avait fixé Dieu et qu’Il avait rappelé à lui cette âme qui s’était entièrement dévouée à son service. C’était d’ailleurs très certainement le cas, mais il se retrouvait seul à présent et se sentait démuni. Il n’avait pas pu exprimer tout son amour pour son père, ni le remercier pour tout ce qu’il lui avait appris, pour son amour, pour sa patience.

Il sentit son corps se dérober sous lui en repensant à tout ce qu’il n’avait pas eu le temps de dire, le poids de la culpabilité lui écrasait les épaules et il se retrouva à genoux devant le Christ, les yeux baignés de larme.

- In nomine Patris, et Filii, et Spiritus Sancti.
[*]Amen. Seigneur, pourquoi ne m’as-tu pas laissé le temps de présenter mes adieux à ce père que tu m’avais donné ? Comment suis-je censé comprendre ce geste, moi pauvre humain alors que les voix du Seigneur son impénétrable ? Qu’essaies-tu de me dire Seigneur ?



Mais, bien évidemment, personne ne lui répondit. De toute façon, il connaissait déjà les réponses à ses questions et avait eu tord de les prononcer à haute voix. Était-il aussi faible pour douter des raisons qui poussent Dieu à faire les choses ? Les enseignements de son père n’avait donc servi à rien et à peine mort il commençait déjà à déshonorer sa mémoire en oubliant la foi qu’il lui avait enseigné ? Non, ce n’était qu’un moment de faiblesse comme en connaissent tous les hommes mais il devait surmonter cette hérésie. Il aimait Dieu et il se tournait encore plus vers Lui dans la souffrance. Demain, il prierait avec les fidèles comme il le faisait en temps normal et il leur annoncerai que son ambition de purifier la ville et ses alentours de démons qui s’étaient saisis du corps des fidèles, ne serait que renforcée par la mort du Père Wilfried. Car oui, même si la peine le déchirait, il pourrait toujours adresser des prières à Wilfried pour qu’il sache ce qu’il n’avait pu lui dire. Sa foi pour Dieu ne serait pas ébranlée ou affaiblie.


[*]Au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit.

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« Der Herrgott nimmt,
Der Herrgott gibt »
 Le Seigneur prend, le Seigneur donne


- « Aie pitié de moi, ô Dieu, selon ta bonté ; selon ta grande miséricorde efface mes transgressions. Lave-moi complètement de mon iniquité, et purifie-moi de mon péché. Car je reconnais mes transgressions, et mon péché est constamment devant moi.  C’est contre toi seul que j’ai péché, j’ai fait ce qui est mal à tes yeux, afin que tu sois trouvé juste dans ta sentence, sans reproche dans ton jugement. Voici que je suis né dans l’iniquité et ma mère m’a conçu dans le péché. Voici que tu veux que la sincérité soit dans le cœur au dedans de moi fais-moi connaître la sagesse.  Purifie-moi avec l’hysope, et je serai pur ; lave-moi, et je serai plus blanc que la neige.  Annonce-moi la joie et l’allégresse, et les os que tu as brisés se réjouiront. Détourne ta face de mes péchés, efface toutes mes iniquités. […]»
[*]

Lorsque sa récitation fut terminée, il retira sa soutane. Il attrapa la discipline de chanvre qu'il s'était tressé lui-même, inspira profondément une dernière fois avant de lancer l'objet avec force contre son dos. C'était un fouet avec un manche en bois d'une trentaine de centimètres avec sept extrémités en chanvre d'un peu plus de quarante centimètres, nouées autour du morceau de bois et qui avait à leurs extrémités des noeuds. Il avait pensé que sept serait le nombre idéal qui rappelait les jours de la Création mais, aussi les sept péchés capitaux qu'il devait éviter en se servant des sept vertus catholiques. Il se punissait pour sa faiblesse. Il pouvait dans cet acte exprimer le regret de ses fautes et se repentir tout en ressentant les souffrances qu'avait enduré le Christ et de communier avec lui par ce moyen. Il se rapprochait de Lui tout en cherchant son pardon.

Son bras fit le chemin retour, permettant aux différentes lanières de venir châtier la chair dans l'autre sens. Il serrait les dents mais, il ne put retenir une longue plainte contenue. La prudence, la tempérance, la justice, la force -aussi appelée courage-, la foi, l'espérance et la charité. Voilà à quoi il pensait tandis que les coups commençaient à marquer sa chaire. Les vertus cardinales et théologales, s'ils les appliquaient consciencieusement un homme de bien capable de recevoir le pardon du Dieu. Même s'il faisait endurer une forte douleur à son corps, son esprit en ressortirait plus fort et il se sentirait libéré du poids des offenses qu'il avait pu faire à Dieu d'une façon ou d'une autre. C'était un rituel qu'il avait prit l'habitude de mettre en place une fois par semaine depuis la mort de Wilfried, il lui permettait de se sentir plus en paix avec lui-même et avec Dieu. Peut-être aussi, arrivait-il à mieux se pardonner en faisant cela.

Quand il reposa le fouet après une série de quatorze coups, son dos était rougi et sanguinolent à de nombreux endroits. Après une dernière prière, il remua doucement ses épaules et s'accoutuma à la douleur qui allait le parcourir pour les prochains jours. Il remit avec beaucoup de précaution sa soutane et repartit pour la dernière fois de la journée à l'église pour souffler les bougies jusqu'au lendemain. Il ne s'attendait pas à trouver quelqu'un sur l'un des bancs en train de prier. C'était rare de voir quelqu'un à cette heure tardive. À peine avait-il posé un pied sur les dalles de pierre, qu'elle avait relevé la tête dans sa direction. S'il avait su, il aurait fait plus attention avant d'arriver.

- Excusez-moi, je ne voulais pas vous déranger.
- Ce n'est rien mon Père, c'est moi qui vous dérange, il est tard ! dit-elle un peu précipitant en entament de se redresser.
- Mais non mon enfant, la maison de Dieu est ouverte à toute heure pour celui qui désire s'y recueillir, répondit-il tranquillement en lui faisant signe d'arrêter de se lever et de se réinstaller.

Ce à quoi elle répondit simplement par un charmant sourire avant de retourner à sa prière. Vinzent devait avouer qu'il avait été soufflé par sa beauté quand elle avait levé son visage vers lui. Il avait cru à un ange le premier instant et s'était senti presque honteux d'avoir distrait une aussi ravissante créature -avec un minois si éblouissant, se pouvait-il qu'elle soit vraiment humaine ?-. Jamais il n'avait vu de femme dégageant une pureté pareille. Il se rendit soudainement compte qu'il la fixait et était complètement abordée par elle. Secouant la tête pour redevenir maître de ses pensées, il se mit à faire ce qu'il était venu faire : éteindre les bougies. Il avait presque terminé quand il entendit du mouvement derrière lui. La jeune femme s'était relevée et s'apprêtait à reprendre la porte. Ils se saluèrent cordialement et il la suivit du regard jusqu'à ce que la porte ne se referme derrière elle.


[*]Psaume 50-51

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« Tu ne convoiteras pas la maison de ton prochain, tu ne convoiteras ni sa femme, ni son serviteur, ni sa servante, ni son bœuf, ni son âne, ni rien qui lui appartienne. »
Dixième commandement


Cela se produisit toutes les nuits suivantes après ça. Alors qu'il venait pour terminer sa journée en protégeant l'église du feu avec l'extinction de toutes les bougies, elle se tenait souvent là, à prier silencieusement avant de se retirer pour la nuit. Au début, ils ne se disaient rien ou presque, échangeant simplement les politesses de base. Cependant, au fil des jours, ils lancèrent plus volontiers la conversation. Elle lui posa des questions sur ce qu'il fallait penser de telle ou telle chose, lui demanda conseil, se confessa un peu sur certains doutes qu'elle pouvait avoir. Il lui répondait toujours avec beaucoup de plaisir, surtout que ses questions étaient loin d'être ridicules. Elle semblait plutôt bien instruite, ne manquait pas de soumettre des objections pertinentes quand il y avait lieu d'être et était simplement de très bonne compagnie. Plus d'une fois, il oublia complètement le temps en sa présence et dû arrêter leur conversation au beau milieu de la nuit, surpris par la fatigue. En dehors de ça, il poursuivait ses activités habituelles le jour à savoir le sermon, les exorcismes quand on lui en signalait un cas, ainsi que le sacrement des malades et le sacrement de pénitence.

Seulement, sans s'en rendre compte, il commença à attendre de plus en plus le soir pour revoir Johanna. Il aurait aimé pouvoir mieux la connaître. Il ne savait pas pourquoi elle était arrivée un jour de nulle part à cette heure tardive, si elle avait fait ça de nombreuses fois avant qu'il ne la découvre ou non. Si elle était mariée. D'où elle venait. Ce qu'elle faisait la journée. Par rapport à ses habits mais, aussi à l'éducation qu'elle avait reçue, il pouvait dire qu'elle était certainement issue de la classe haute des commerçants ou d'une basse noblesse. Pourtant, il ne l'avait jamais vu en dehors de l'église et n'avait pas non plus entendue les habitants parler d'elle. De sorte qu'après un mois de rencontre journalière, il ne savait rien d'elle à part son nom. Il avait évidemment déjà envisagé de lui poser toutes ses questions, mais s'était résolu à ne pas le faire. La curiosité, si elle n'était pas directement un vice, était un défaut qu'il ne voulait pas satisfaire. Si elle désirait lui parler, alors elle le ferait certainement d'elle-même, il n'avait pas besoin d'insister pour ça.

Ce soir-là, il n'était pas à l'église une fois la nuit tombée. Il avait été retenu chez une famille de paysans dont le doyen était en train de rendre l'âme. Selon les souhaits de la famille, il était resté auprès de l'homme jusqu'à son dernier souffle, lui apportant autant de sérénité que possible avant qu'il ne s'en retourne pour voir Dieu. Il resta aussi un petit moment avec la famille du défunt pour les réconforter dans leur perte, les encourager à rester fort dans la tristesse et prier un peu avec eux. Quand il pu se libérer, il était déjà tard et il se hâta de rentrer, courant presque sur le chemin. Il avait peur qu'elle soit déjà partie et pourtant quand il ouvrit les portes de l'église, il la trouva à sa place habituelle. Malgré l'obscurité, il pu voir que ses yeux étaient incroyablement rougies. Il avait le souffle court et entreprit de refermer les portes avant que le vent ne s'engouffre davantage dans l'édifice. Il avait été ridicule de courir de la sorte. Il passait pour un idiot et venait la déranger alors qu'elle priait le Seigneur. Qu'est qui lui était passé par la tête ?

Pourtant, quand il se retourna, elle lui sauta au cou et pleura contre lui. Il resta stupéfait pour ce qui lui semblait être un assez long moment. Il ne l'avait pas entendu arriver derrière lui et s'était encore moins attendu à ce genre de réaction. Quand il eut recouvré ses esprits, il lui tapota doucement le dos.

- Allons, allons, séchez-moi ses larmes. Quelle peine avez-vous donc pour être dans un tel état ?
- Je ... J'ai cru que... vous n'étiez pas là et vous êtes toujours là... j'ai attendu mais ... vous n'arriviez toujours pas... s'il vous arrivait malheur...

Il lui sembla que cette révélation le surprenne plus encore que lorsqu'elle l'avait attrapé dans ses bras. Elle s'était donc fait tant de soucis pour lui ? Pourquoi se mettait-elle dans de pareil état ? Éprouvait-elle une foi si forte en Dieu que d'imaginer l'un de ses serviteurs mort lui causait de la peine ? Ou bien, était-ce plus personnel ? Cependant, il arrêta bien vite de se poser toutes ses questions parce qu'il fut encore plus perturbé en sentant le corps de cette femme se pressait contre le sien. Même s'il commençait à se faire vieux, il n'avait jamais connu de femme. La vie de prêtre était une vie de célibat. Sans compter qu'il était rare qu'il se retrouve à avoir des étreintes passionnées avec qui que ce soit. Encore moins avec une personne aussi belle -pour ne pas dire désirable-. Le trouble s'empara de lui et il essaya de la faire doucement s'éloigner pour ne pas lui causer encore plus de chagrin alors qu'elle cherchait son soutien. Ce qui ne fit qu'empirer la situation, car elle se rapprocha encore plus de lui collant définitivement leurs corps. Il sentait son souffle chaud dans son cou, le parfum de ses cheveux et la froideur de la peau de son dos à travers le tissu. Elle était complètement gelée, elle avait dû attendre des heures ici.

- Calmez-vous... Je suis là. Vous n'auriez pas dû m'attendre, vous êtes complètement gelée !

Elle sembla un peu se calmer mais, ne s'éloigna pas pour autant. Pire même, elle commença à lui caresser la jambe. Le coeur de Vinzent manqua de faire un arrêt. Que faisait-elle, dans la maison de Dieu qui plus est ? Il ouvrit la bouche, incapable de réagir, sans trouver la force de prononcer le moindre mot. Elle cessa ses caresses qui n'en étaient pas. Elle avait juste tiré un mouchoir de la poche de sa robe et l'avait frôlé accidentellement. Il lâcha un petit soupire de soulagement et après qu'elle ait essuyé ses larmes, elle s'écarta de lui en bredouillant des excuses. Il était tellement soulagé qu'elle se soit enfin éloignée de lui qu'il l'aurait volontiers absolue de tous ses péchés ! Reprenant contenance, il lui serra tendrement l'épaule et lui dit que ce n'était rien, qu'elle ne devait pas s'inquiéter de la sorte pour lui, surtout si elle se rendait malade pour être restée trop longtemps dans le froid. Ils échangèrent quelques mots et elle prit congé après avoir assuré qu'elle se réchaufferait une fois chez elle. Vinzent rentra peu de temps après et s'écroula quasiment immédiatement de fatigue sur son lit.

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« La haine excite les querelles, l'amour couvre toutes les fautes »


Plusieurs jours s'étaient écoulés depuis l'incident mais, tout ce déroulait comme s'il ne s'était rien passé. Après tout, il n'y avait pas eu mort d'homme. Cela avait été une situation déroutante, c'est vrai, mais il n'y avait rien eu de malsain dans cette étreinte. De plus, leurs rapports n'en avaient pas souffert, ou du moins, ils avaient repris la relation qu'ils avaient avant. Parce que pour dire vrai Vinzent ne voyait plus exactement de la même manière Johanna. C'était peut-être bizarre à dire, mais il avait réalisé qu'elle était une femme avec tout ce que cela impliquait et il ne la regardait plus avec le même oeil. Par exemple, il se concentrait tout particulièrement sur son visage quand il lui parlait. Surtout sur ses yeux châtains aux reflets légèrement orangés. Il évitait soigneusement de regarder son cou et encore moins sa poitrine, ni même ses lèvres. Plus d'une fois, il s'était rendu compte qu'il avait laissé son regard dérivé au cours de la conversation... Même les cheveux de la belle avaient quelques choses d'envoutant. Les boucles brunes délicates qui encadraient son visage, chatouillant ses joues et tombant sur sa poitrine, décrivait un parcours que ses yeux s'interdisaient de suivre.

Un soir où ils avaient encore une fois parlé longuement -notamment du fait qu'il faille ou non haïr et tuer les païens- il se sentait particulièrement obnubiler par elle. Il n'avait pas arrêté de penser qu'elle était superbe toute la soirée et maintenant qu'il était seul, dans sa chambre, le dos reposant contre la porte, l'absence la rendait encore plus désirable. Il souffla longuement et ferma un instant pour éclaircir son visage, mais au lieu de l'apaiser, les visions qu'il eut le troublèrent encore plus. Il repensait à l'étreinte qu'ils avaient eu, à son corps se pressant sensuellement contre le sien, au désir qu'il avait senti naitre en lui et à celui qu'il aurait aimé voir naitre en elle. En un instant, il se remémora ses formes si délicieuses et son esprit retira tous les vêtements de ce corps qu'il voulait posséder.

Il ouvrit les yeux brusquement en se rendant compte que ses pensées étaient parties beaucoup trop loin. Qu'est qui lui avait prit ? Maintenant, il ne pouvait plus nier son désir pour elle, surtout au vu de la tension qui s'était établie entre ses jambes. Les relations sexuelles pré-conjugales ou les relations sexuelles avec une autre femme que sa femme légitime -parce qu'après tout, il ne savait pas si elle était mariée à un autre homme- étaient d'aussi graves péchés que l'homosexualité, l'inceste ou même les rapports sexuels avec des animaux. Il ne voulait pas être un être immoral, un débauché, un de ceux qui n'aurait jamais sa place au Ciel. Certes, il n'avait rien fait, mais avoir simplement ce genre de pensées n'était pas honorable pour autant. Sans compter qu'il avait fait vœux de célibat, comme tout prêtre !

Il fallait qu'il se repente immédiatement des infâmes pensées qu'il avait pu avoir. Il retira sa soutane, saisit sa discipline et se flagella plus fort que jamais. Il ne s'arrêterait pas avant d'avoir le sentiment qu'il avait expié sa faute complètement - ce qui lui prit presque cinquante coups-. La peau de son dos était déchiré, il saignait d'à peu prêt partout et était pétrit de douleur. Il avait pleuré au milieu de l'acte, sans savoir s'il le faisait à cause de la douleur physique ou moral qu'il ressentait. Il avait trahi Dieu par les simples pensées qu'il avait eu et il l'avait aussi trahie elle, si pure, qui ne devait pas se douter de l'homme abominable qui sommeillait en lui. Pourquoi était-il si faible ? À peine le soumettait-on à la tentation qu'il plongeait dedans. Il se montrait plus dur avec lui-même qu'il avait n'aurait dû par rapport à ce qu'il avait fait, car il n'avait pas eu le moindre geste déplacé, il n'avait donc pas commis de péché, mais il ne supportait pas la simple idée qu'il l'ait désiré si ardemment. C'était déjà une offense bien trop grande que d'avoir pensé à Johanna de cette façon. Il resta longtemps à implorer le Seigneur à genoux, les coudes posés sur le sol. Il ne voulait pas montrer son visage à dieu tant il avait honte et s'excusa la moitié de la nuit, demandant pardon, suppliant pour la miséricorde du divin.

Il passa la nuit à prier et ne s'arrêta qu'un peu avant que le soleil ne se lève. Ses yeux étaient rougis de fatigue et d'avoir trop pleuré. Son corps était engourdit et douloureux comme jamais. Il essaya de se recomposer un visage plus accueillant pour les fidèles de Dieu qu'il se devait de continuer à servir. Ses propres faiblesses d'homme ne devaient pas l'empêcher d'être un bon serviteur de l'Église et sa journée devrait se passer comme n'importe quelle autre. Il aviserait au moment venu la réaction qu'il aurait face à Johanna même s'il y avait déjà un peu pensé.

Sa punition viendrait plus vite qu'il ne l'aurait cru.








Dernière édition par Vinzent Geistlicher le Dim 29 Jan - 8:48, édité 3 fois
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ATTENTION : Un autre passage graphique/violent ici en dernière partie après la citation du début de chapitre : "La justice élève les nations, et le péché rend les peuples misérables."  


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« Le silence est un refus d'appartenir. »
 Camille Laurens


Le soir venu, Vinzent se sentait déjà mieux qu'au matin. Il avait passé sa journée à remplir ses devoirs et avait même aidé le boucher et son fils à monter un nouvel étal, car ils avaient besoin d'une paire de bras en plus. Avoir aidé son prochain lui avait permis de soulager un peu sa conscience. C'était donc l'âme plus tranquille qui se rendit à l'église pour éteindre les bougies comme d'habitude. Johanna se trouvait là et il la laissa prier tranquillement pendant qu'il soufflait la lumière. Il avait longuement réfléchi à ce qu'il ferait la prochaine fois qu'il la verrait et ce ne fut pas difficile de trouver la solution qui lui paraissait la plus approprié. Il ne lui dirait rien, non pas par honte, par pudeur ou pour quelque chose qui le concernait directement -il avait fauté et s'il devait endurer ses tourments ce serait mérité- mais simplement, car il ne voulait pas la mettre mal à l'aise. Visiblement, elle ne se sentait pas assez bien la journée pour refuser de prier avec les autres fidèles -c'est du moins ce qu'il en avait conclu-. Aussi, s'il lui avouait son péché, elle risquait de mal le prendre et de ne plus vouloir venir.

C'était sa faute à lui et elle ne devait pas à avoir à en assumer le prix. Certains esprits fourbes penseront qu'il ne voulait rien lui dire surtout pour pouvoir continuer à la voir mais, ce n'était pas du tout son intention. Il le faisait vraiment pour elle et était prêt à devoir redoubler d'effort pour ne pas céder à la tentation qu'elle était. De toute façon, il ne s'en faisait pas trop, la nuit dernière avait été une terrible leçon pour lui et il ne voulait plus ressentir la peur immense qui l'avait envahi à la seule pensée que Dieu le renie. Il s'était donc dit que si jamais l'envie le reprenait de penser à des choses impures, il lui suffirait de se remémorer la détresse qu'il avait ressentie ou encore d'appuyer son dos contre n'importe quelle surface dure.

C'est confiant, souriant et résolu à ne plus flancher qu'il repartit vers elle après n'avoir laissé que les bougies essentielles à ce qu'ils puissent se voir allumées. Il fut surpris de voir qu'elle ne lui rendait pas son sourire et même de la voir aussi contrarié. Il s'approcha tranquillement d'elle, la salua et lui demanda si quelque chose n'allait pas. La visage de la jeune femme sembla alors encore plus tendue qu'à la minute précédente mais, elle ne répondit pas immédiatement. Elle lui jetait des éclairs avec les yeux et sa bouche se tordait un peu par moment comme si elle se retenait de dire vraiment ce qu'elle pensait à la dernière seconde. Vinzent, qui remarquait qu'elle semblait avoir de la rancœur ne comprenait pas. Elle ne pouvait pas être au courant de ce qui s'était passé la vielle et il n'avait a priori rien fait d'autre qui mérite sa colère. Il allait ouvrir de nouveau la bouche pour l'interroger de nouveau mais, elle se leva rapidement, arriva sur lui comme une furie et se mit à parler d'une voix pleine de rage.

- Des jours, des mois même que je me force à venir ici, à faire semblant de prier, à user de tous mes charmes pour vous faire craquer et quand je parviens enfin à mes fins vous vous « ressaisissez » garce à Dieu ! J'avais décidé en vous observant que la meilleure façon de vous avoir serait de faire de vous un être consentant et désireux de me rejoindre mais, je ne supporterais pas d'attendre éternellement. Ho, vous ne comprenez rien à ce que je raconte, pas vrai ? Pauvre naïf ! Quand je pense que j'ai perdu tout ce temps à essayer de vous séduire mais, vous ne comprenez rien d'autre que le langage de Dieu. Comprenez bien que vous m'appartiendrez Vinzent, de grès ou de force !

Disant cela, elle lui attrapa le poignet avec une force incroyable pour une femme si frêle. Ses doigts étaient complètement gelée sur la peau de prêtre qui fut saisit d'un frisson autant lié au froid qu'à la peur qui commençait à naitre en lui. De quoi parlait-elle ? Il ne la saisissait pas du tout... Comment ça lui appartenir? Tout ce qu'il savait c'est qu'une voix au fond de lui, lui disait qu'il ne fallait pas qu'il laisse cette femme lui mettre la main dessus -c'était très certainement la voix de Dieu-. Il tira son bras en arrière de toutes ses forces, convaincue que même avec sa force elle ne pourrait le retenir. Elle ne bougea pas d'un pouce, mais le lâcha simplement, lui par contre fut déstabilisé dans son élan et tomba en arrière sous sa force. Sa tête cogna violemment contre un des bancs et le noir s'empara de lui.

Il reprit conscience plusieurs dizaines de minutes plus tard dans les sous sols de l'église. C'était un endroit où il n'allait pratiquement jamais parce qu'il n'avait rien à y faire. Il y avait là quelques tableaux qui ne pouvaient pas être affichés dans l'église, des bougies, quelques bouteilles de vin pour des offices particuliers, enfin une petite cave d'église tout ce qu'il y avait de plus commun. Sa tête lui faisait mal et il massa doucement son cuir chevelu en tentant de comprendre pourquoi il était là. Il se rappela ce qu'il s'était passé avec Johanna bien qu'il n'en comprenait pas le sens. Il ne se sentait pas en sécurité comme ça, sous le sol, mais elle était visiblement partie. Pourquoi l'avait-elle mis là ? Ce n'était pas le plus important, il fallait qu'il sorte et qu'il ait une explication sérieuse avec elle.

Il tenta d'ouvrir la porte qui menait à l'escalier ramenant à l'église mais elle restait désespérément close. Elle avait dû la verrouiller de l'extérieur. Il repartit au cœur de la cave et chercha à allumer une bougie avec la seule allumette qui lui restait. Ça n'éclairait pas beaucoup la pièce mais c'était toujours mieux que rien. Il n'eut pas beaucoup plus de temps pour trouver une solution de sortir, car la porte s'ouvrait déjà sur une Johanna à la robe partiellement tachée par... par du sang ? Il la regarda complètement effaré et eut un geste de recul. Elle sembla ne pas comprendre pourquoi il réagissait ainsi immédiatement et baissa les yeux sur sa tenue. Un sourire apparut sur son visage :

- Ha oui, j'oubliais. Disons simplement que j'ai été très en colère par le refus que vous m’avait signifié. Je ne voulais pas vous tuer par aveuglement alors j'ai préféré manger avant de vous transformer.

Il ne savait pas s'il était définitivement tombé trop fort sur la tête, si la fatigue le faisait délirer ou s'il avait de la fièvre mais, il ne semblait pas comprendre ce qu'on lui racontait. Qu'avait-elle exactement « manger » ? De quelle transformation parlait-elle ? Il ne suivait plus. Elle en revanche se mit à rire, ayant lu dans son esprit la confusion absolue dans laquelle il était plongé.

- Ne vous inquiétez pas, vous comprendrez bien mieux par la suite, mon amour.

Vinzent voulu se saisir de la croix d'argent qu'il portait au cou mais, elle fut sur lui avant qu'il n'ait eu le temps de faire un seul mouvement. Il voulu reculer mais, elle avait saisi un de ses bras et avait posé l'autre sur son coup. Les démons existaient donc aussi sur Terre et il allait se faire dévorer par l'un d'entre eux. Les battements de son coeur s'accélèrent tandis qu'il réalisait ce qu'il allait lui arriver. Il ne voulait pas mourir, pas maintenant et s'il devait mourir alors il accepterait son sort. Pourtant, de ce qu'il en voyait il subissait juste l'attaque d'une créature du Malin et c'était son droit de choisir de se battre contre lui jusqu'à la fin, comme l'avait fait Wilfried à sa manière. Johanna avait rapproché ses lèvres de son cou et semblait se délecter de son odeur. Elle glissa tendrement ses lèvres sur la peau frissonnante de prêtre.

- Si vous saviez depuis combien de temps j'attends de tomber sur quelqu'un comme vous pour me tenir compagnie. La première fois que je suis venue, j'avais l'intention de vous tuer, mais votre candeur et votre bonté m'ont fait changer d'avis. Je vous veux pour compagnon éternel mon Vinzent. Vous finirez par m'aimer comme je vous aime.

Elle le mordit alors. Contrairement à ce qu'il s'était imaginé, il n'eut pas mal. Un peu au départ oui, mais très vite la douleur se transforma en quelque chose de très agréable. Sa conscience sembla s'entourer d'un doux nuage cotonneux tandis qu'il se laissait malgré lui allait à ses sensations. Son corps se pressait à nouveau contre le sien, ses lèvres sur sa peau, le bruit qu'elle faisait quand elle avalait son sang, ses mains sur son corps, l'odeur de sa chevelure et le délicieux plaisir qui grignotait chaque parcelle de son corps. Cependant, elle bougea la main et la plaça dans son dos, ravivant la douleur de sa chair mise à nue sous sa soutane. Il reprit conscience un instant et pensa à Dieu. Jamais il ne l'aimerait elle, il le jurait sur sa vie. Le seul qu'il aimerait jamais serait Dieu et personne d'autre.

Elle sembla lire ses pensées -est-ce possible ça, de lire les pensées des gens ?- et se mit dans une colère folle, le repoussa violemment de sorte qu'il aille tomber sur une pile de tableaux. Ils se cassèrent sous sa peau, la toile se déchirant sous lui, les cadres se brisant à cause de son poids. Il s'écroula à demi allongé et assis. Elle l'avait complètement vidée de son énergie -et de son sang en grande partie- et il se sentait aux portes de la mort.

Johanna était folle de rage. Même dans un moment où il aurait dû atteindre l'orgasme, il arrivait à penser à son maudit dieu et à ne prier que pour lui. S'il l'aimait tant que ça, tant mieux, il n'avait qu'à le rejoindre alors ! Elle se jeta sur lui dans le but de lui tordre le cou mais, il remua un peu, faisait bouger un des morceaux de cadres qui se plaça à la perpendiculaire de son corps à lui. Si bien qu'en se jetant sur lui, elle se jeta droit sur le morceau pointu et s'empala d'elle-même au niveau de l'épaule. Elle hurla de douleur tandis que le sang coulait massivement de son corps et tombait sur le visage en contrebas de Vinzent.

Il sombrait et avait entre ouvert la bouche pour mieux respirer. Il voyait flou et ne comprenait pas ce qui se passait ni pourquoi un liquide chaud lui tombait dans la bouche. Il ne chercha pas plus loin et avala le sang pour ne pas se noyer puisqu'il se sentait bien incapable de bouger. Johanna elle essayait de retirer le pieu improvisé de son corps mais, le morceau de bois c'était cassé d'une telle sorte qu'elle ne pouvait pas le retirer sans souffrir énormément par la même occasion. En fait, une première partie du morceau était plongé dans son corps et la seconde, qui se trouvait derrière elle s'était à moitié cassé étant toujours accroché au premier morceau mais, partant vers la droite. Aussi, quand elle essayait de bouger, la partie du bois qui ne suivait pas cette rotation et qui s'était brisé, s'enfonçait dans son corps.

Elle hurla de douleur et de rage mais, ne se préoccupait plus de Vinzent. Si elle restait là, elle allait se vider de son sang... Elle tenta de retirer le morceau en tirant sur celui-ci avec ses bras mais, la douleur diminuait grandement sa force. Quand elle commença à se sentir réellement faible, elle essaya une ultime fois de se sortir de ce piège mortel. Tirant de toutes les forces qu'il lui restait elle finit enfin par faire céder le bois brutalement, elle fit plusieurs pas en arrière sous l'effort de sa force et trébucha sur des cartons. Au sol mais, sauvée elle eut un sourire qui se transforma très vite en cru d'effroi. Elle avait renversé la bougie et prenait feu. Elle n'eut pas le temps de bouger que les flammes l'avaient recouverte et elle pu juste hurler avant de partir en fumée. Elle s'était suffisamment éloignée pour ne pas provoquer un incendie généralisé.

Vinzent lui, cru qu'il allait rejoindre le purgatoire et s'était évanoui.




« Pareil à la fleur, l'homme s'épanouit et se fane, il s'efface comme une ombre.  »
La Bible


Il se réveilla, dans le noir après un temps indéterminé passé dans les limbes. Le temps d'ouvrir les yeux et de réaliser qu'il était éveillé, il souhaita ne jamais s'être réveillé. Une douleur venue de nul par l'avait assaillit et il ne savait pas quoi faire d'autre que de crier. Il avait l'impression qu'on l'avait plongé au milieu d'un brasier, tout en lui brisant tous les os du corps, en lui retournant les organes interne, en arrachant sa peau...la totale ! Il ne savait pas quel mal le consumait ni par quel bout il le dévorait mais, il savait une chose : il voulait que ça cesse. S'il se trouvait en Enfer -ce qui lui paraissait étrange parce qu'il se trouvait dans un endroit qui ressemblait beaucoup aux sous-sols de l'église d'Ulm- il espérait que son supplice ne durerait pas ainsi toute l'éternité.

De longues heures s'écoulèrent, surement les plus longues de sa vie, il arrêtait parfois de crier, pas parce qu'il n'avait plus mal, mais parce qu'il n'en avait plus la force. Pourtant, il ne pouvait même pas s'imaginer dormir en ressentant quelque chose de pareil. Parfois, il avait l'impression que la douleur s'atténuait mais, il se rendait compte que c'était plus probable qu'il soit un peu dans les vapes plus qu'autre chose. Il pleura aussi et implora beaucoup le Ciel de lui venir en aide. Cela dit, si une telle souffrance le prenait, c'est surement que le Ciel l'avait déjà rejeté. Ses péchés, ils les payaient maintenant. Les heures passèrent tandis que ses questions s'accumulaient : était-il mort ou pas encore ? Où se trouvait-il ? L'Enfer ne devait-il pas être peuplé de démons en tout genre ? La douleur sembla diminuer et le sommeil le prit. C'était un sommeil comme il n'en avait jamais eu. Il ne rêvait pas et il avait eu l'impression qu'il s'endormait pour toujours. Pourtant, il se réveilla et trouva le monde changé.

Il était toujours dans les sous-sols de l'église et aucune source de lumière ne filtrait nulle part et pourtant, il voyait clairement tout ce qui se trouvait dans la pièce, comme en plein jour. Une désagréable odeur de chair brulée lui parvient et il remarqua le petit tas de cendre qui avait dû être le corps de Johanna d'après les souvenirs flous qu'il en gardait. Elle était donc morte... Dieu l'avait-il puni pour s'être attaqué à l'un de ses fidèles ? Une très désagréable sensation le saisit de nouveau, bien différente de ce qu'il avait pu vivre jusque là. Sa gorge lui semblait sèche mais, il savait sans pouvoir dire comment, que l'eau ne le satisferait pas. Il avait aussi faim, vraiment faim. Il décida de remonter, il n'avait rien d'autre à faire ici et la présence des restes de Johanna le mettait très mal à l'aise même s'il ne savait pas trop quoi faire d'elle. En fait, il se sentait un peu à l'ouest, il avait l'impression de tout ressentir plus vivement qu'avant et il n'était pas encore sûr d'être vivant, mort ou en plein rêve.

La nuit était déjà tombée sur la ville et il se dirigea naturellement vers la sortie alors qu'il n'avait rien à faire par là-bas, a priori. Il sentait qu'il y avait quelque chose qui allait l'intéresser dans cette direction et il ne se sentait pas la force de se poser des questions. Une fois à l'air libre, une délicieuse odeur flotta à ses narines. Il n'avait jamais senti quelque chose de comparable. Il s'orienta donc tout naturellement vers ce délicieux fumet. Alors qu'il s'était trouvé a « quelque chose qui se mange », il se retrouva face à un enfant en train de pleurer. Passablement déconcerté, il s'accroupit à l'entrée de la ruelle en commença à encourager l'enfant à venir vers lui. Après tout, même si des choses étranges se passaient dans sa vie, il n'en restait pas moins un serviteur de Dieu et il se devait d'aider son prochain. L’enfant qui l’avait probablement reconnu grâce à sa tenue se précipita sur le prêtre pour se réfugier dans ses bras en pleurant encore plus.

C'est là que Vinzent commença à comprendre. Il n'avait pas halluciné, l'odeur qu'il avait sentie provenait de l'enfant et maintenant qu'il était aussi proche, cela lui embrouillait complètement les sens. Il entendait le coeur de l'enfant battre alors qu'il n'était pas assez proche pour ça normalement. Il remarqua aussi la veine qui palpitait tranquillement sous la peau tendre de son cou. L'enfant se calma et commença à expliquer ce qui l'avait fait pleurer sans arrêter son étreinte avec le prêtre, qui ne l'écoutait déjà plus. Il n'y avait que le bruit régulier de ce coeur qui battait à ses tempes et il avait vaguement conscience qu'une petite voix parlait derrière ce battement. Il ne pensait qu'à la chaire qu'il voyait étendue et offerte à son appétit. Sans même réfléchir à ce qu'il faisait, il planta ses « dents » dans la chaire de l'enfant et commença à boire le sang qui coulait dans sa gorge. Ho que c'était bon, il n'avait jamais eu en bouche quelque chose d'aussi délicieux. Il ne remarqua pas immédiatement que l'enfant criait mais, quand ses hurlements lui parvinrent à travers le voile du plaisir qu'il éprouvait, il se contenta de lui mettre une main sur la bouche pour le faire taire. Seulement le garçon remuait beaucoup et lorsqu'il voulu bloquer sa tête d'un geste agacé, il la lui dévissa. Ca l'avait complètement arrêté et il ne pensait plus à boire, effaré qu'il était de voir l'affreux crime qu'il venait de commettre.

Il voulu porter une main à sa bouche pour retenir son effarement mais, quand il vit le sang qui la recouvrait il se contenta de se relever précipitamment et de partir en courant vers le presbytère. Il avait eu l'impression de courir de façon tout à fait normale, mais il arriva incroyablement vite à son logement. Il manqua d'arracher la massive porte en bois à ses gonds en voulant l'ouvrir précipitamment et il fit un effort pour faire les choses posément. Il retira immédiatement sa soutane et partit tout de suite la laver dans un seau d'eau. Il ne fallut pas longtemps pour que le liquide se colore d'un rouge macabre. Comment avait-il pu commettre un crime pareil ? Et sans s'en rendre compte ou presque ? Pourquoi avait-il bu le sang de ce garçon ? Comment pouvait-il faire ça ? Que se passait-il ? Il lui avait arraché la tête...

Vinzent frottait avec force, se concentrant uniquement sur sa tâche qui restait un point de repère auquel il s'accrochait désespérément. Ses pensées ressassaient ce qui venait de se passer avec cet enfant et il cherchait une explication à son attitude. Au beau milieu de ses questions, l'une d'entre elle sembla pouvoir obtenir une réponse. Comment avait-il pu, concrètement, déchiré la gorge de cette enfant avec ses dents ? Il n'avait pas eu l'impression de faire un gros effort -cela dit, sa force semblait décuplée tout simplement- mais il avait traversé la chair comme si elle n'était rien. Il laissa tomber son vêtement dans l'eau rougie et porta prudemment et lentement un doigt à sa bouche, ou plus précisément à ses dents. Il sentit alors que ses canines avaient grandis d'une façon tout à fait incroyable et qu'elles semblaient même plus tranchante qu'autre fois. Qu'était-il devenu ? Que s'était-il passé cette nuit là pour qu'il se transforme en ce qu'il était maintenant ?

Dieu ne l'aimait plus. Pire, il le détestait et l'avait puni pour les désirs de chairs qu'il avait eu envers Johanna, c'était sûr. Personne n'aurait été capable de lui infliger une souffrance similaire ou même eut le pouvoir de le changer en la créature qu'il était devenu... À moins justement que ce ne soit le Malin qui tente de l'affliger, de lui faire croire des choses fausses, de la conduire à la faute malgré lui. Peut-être était-il possédé d'une façon tout à fait singulière. Son seul salut résiderait alors dans Dieu, c'était le seul qui pouvait le soigner du mal qui le rongeait et il ne connaissait qu'une façon d'avoir le pardon de Dieu : faire endurer à son corps les mêmes souffrances que celles que le Christ avait ressentit lors de sa Passion.

Alors qu'il espérait pouvoir enfin accéder au salut de son âme, ses plans furent compromis. Il avait beau frapper de toutes ses forces et même s'il ressentait la douleur de ses coups, quelque chose clochait dans son dos. Il s'arrêta rapidement comprenant que quelque chose n'allait pas et passa sa main sur son dos qui était...intact. C'était impossible, hier encore la moitié de sa chair était à vif. Comment avait-il pu guérir aussi vite ? Sans parler de ça, les quelques coups qu'il venait de s'infliger auraient dû lui laisser des traces, mais il ne sentait rien sous ses doigts. Il fallait qu'il sache et qu'il voie de ses propres yeux.

Retournant dans ce qui lui servait de cuisine, il attrapa un gros couteau. Un de ceux qui servait à débiter les morceaux de viande. Il approcha la lame de son bras pale, se demandant s'il ne perdait pas la tête. Il allait volontairement se couper pour voir si sa peau ne guérissait pas à une vitesse accélérée, c'était du délire pur et simple. Pourtant, il se sentait le besoin d'en avoir le coeur net et il s'infligea un long sillon le long de l'avant bras. La douleur était cuisante et il se demanda s'il n'allait pas se tuer avec ses bêtises. Pourquoi faisait-il donc quelque chose d'aussi déraisonnable ? Il attrapa un bout de chiffon qui traînait là et l'appliqua sur la plaie pour arrêter l'hémorragie assez violente qu'il avait déclenché. Avec sa sottise, il allait finir par se tuer.

Il allait repartir dans sa chambre quand quelque chose l'intrigua. Il n'avait plus mal. Du tout. Comment pouvait-il ne plus avoir mal alors que l'entaille était aussi profonde et aussi récente ? Il regarda d'un oeil presque craintif le chiffon qui recouvrait son bras et décida de le soulever pour voir de quoi il était question. Ses jambes flanchèrent lorsqu'il vu son bras intact. Il n'osait y croire et du s'y reprendre à plusieurs fois pour avoir le courage de toucher son bras. Il ressentait parfaitement ses doigts froids touchant sa peau froide sans trouver la moindre trace susceptible de prouver qu'il venait de se couper. Il resta un long moment médusé à examiner son bras sous toutes ses coutures. Il n'y avait qu'une explication valable à tout cela : Dieu l'avait doté de certains de ses pouvoirs.

Il ne se l'expliquait pas encore, mais ça ne pouvait être que ça. Sinon, comment aurait-il pu être capable d'une chose pareille si ce n'était dû à la grâce divine ? Pourtant, il y avait quelque chose qui n'allait pas. Il avait tué un enfant. Pire, il avait bu son sang avant de le tuer. Même les rites des païens les plus sauvages n'étaient pas aussi sanglants. Devait-il prendre cela aussi comme un cadeau de Dieu qu'il n'avait pas encore sû utiliser ? Parce qu'après tout, on ne donnait pas quelque chose à quelqu'un qu'on voulait punir. Que pouvait-il alors faire de ses nouveaux attributs pour servir le Seigneur au mieux ?

Il se posa cette question toute la nuit, restant sagement enfermé chez lui à découvrir les nouvelles capacités qu'il avait développées. Pourtant, quelques heures après l'incident avec l'enfant, il commença de nouveau à ressentir de la faim. Il se borna à rester chez lui, car il ignorait ce qu'il devait faire et ne voulait en aucun cas faire de nouveau l'erreur qu'il avait commis plus tôt. Il mangea même un peu mais, il se rendit vite compte que si le goût restait le même, il n'en éprouvait aucune satiété. Il comprit ce que ça impliquait : il allait devoir boire du sang pour continuer à vivre. Cette idée l'aurait choqué, traumatisé au plus profond de lui, écœurait à de nombreux égards si tout cela n'avait pas été l’œuvre de Dieu. Si c'était son destin que d'être une créature sanguinaire, alors il l'acceptait puisqu'Il en avait décidé ainsi. Pourtant, il ne voulait pas se jeter au hasard dans la ville. Il avait vu l'effet tentateur que pouvait avoir le breuvage sur lui et il voulait pouvoir se maitriser. Sans parler du fait qu'il ne saisissait pas encore ce qu'impliquait son nouveau don. Que devait-il faire pour se mettre au service de Dieu ? La question se posait encore...

Tandis qu’il réfléchissait aux différentes raisons qui auraient pu pousser Dieu à vouloir qu’il soit différent des autres hommes, il sentit une voix en lui. Ou plutôt, une inquiétude grandissante le pressant de se mettre à l’abri du danger. Avec tout ce qui s’était passé dans sa soirée, Vinzent ne savait pas trop s’il devait suivre ce qu’on lui dictait. Il se pouvait que ce soit le tout puissant qui cherche à lui parler, comme ses nouvelles pulsions. Cette attitude de défense ne pouvait cependant pas faire de mal à qui que ce soit… C’est comme cela qui se retrouva à retourner là où tout semblait avoir commencé : dans le sous-sol de l’Église. Il se sentit fatigué à ce moment et peu de temps après, il était endormi sur le sol. Le soleil allait se lever dans une quelques minutes.

Ce qu’il ne sut que bien plus tard, c’est que cette voix qui lui parlait intérieurement, n’avait rien à voir avec Dieu. C’était simplement le sang de Johanna qui coulait en lui qui gardait une trace de la pensée de la jeune femme et qui l’avertissait de l’arrivée imminente du jour.

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« Un homme qui abandonne son propre lieu est comme un oiseau qui quitte son nid »
La Bible


Les mois qui suivirent furent très durs pour Vinzent. Tout d'abord, la Soif le dévorait constamment, même après un repas copieux. Il avait un mal fou à se maîtriser et l'appel du sang était trop fort pour lui : seule sa foi lui permettait de garder assez de lucidité pour fuir, mais il ne pouvait pas se permettre de ne pas manger. Il avait décidé de ne se nourrir que de ceux et celles qui se rendaient coupables de péchés. Il ne voyait pas quelle autre tâche il aurait pu accomplir pour complaire au tout puissant. Ce n'était certes pas son rôle d'humain de juger à la place de Dieu quels péchés devaient être jugés ou non et cependant, si le Seigneur l'avait doté d'un tel besoin de sang, ce n'était pas pour rien.

Étant donné que beaucoup des habitants étaient déjà venus le voir pour se confesser, il savait d'or et déjà qui avait commis des fautes graves et s'attaqua à eux en premier, puis aux fautes plus secondaires mais, toujours graves. Il fut convaincu du bien fonder de sa tâche lorsque les villageois vinrent de plus en plus nombreux aux offices -qu'il donnait maintenant à la tombée de la nuit, car il prétendait devoir faire des exorcismes plus éloignés durant la journée-. Ce qu'il ne voulait pas comprendre en revanche, c'est qu'ils ne venaient pas par amour de Dieu mais, par peur du démon qui dévorait leurs proches chaque nuit. Il ne priait pas pour Le louer mais, pour implorer Sa clémence et Son pardon. Vinzent s'en fichait, l'important était qu'ils prient, tant pis s'il leur fallait du temps pour comprendre qu'ils étaient les seuls responsables de leur mort.

Seulement, les choses se compliquèrent vite, car le nombre de victime commençaient à manquer. Le prêtre ne pouvait pas tuer ceux qui n'avaient fait que de petites erreurs dans la vie, le pardon devait pouvoir leur être accordé. Il se posa alors la question de savoir comment procéder par la suite. Même si cette interrogation devenait de plus en plus pressante aux fils des jours, il ne parvenait pas à y trouver de réponse. La Faim semblait se rendre compte de sa détresse et accroissait celle-ci. Quand la première nuit sans cible tomba, il était vraiment angoissé. Il tâcha de donner l'office comme il en avait l'habitude mais, la tâche fut beaucoup plus compliquée que les autres fois. Il ne cessait de regarder avec envie les gorges de tous les présents. L'odeur du sang de ceux qui se trouvaient là mêlée à celle de la pierre de l'église l'étourdissait.

Il eut un mal fou à ne pas succomber au désir de plus en plus avide qui le pressait de se nourrir. Plusieurs fois, il balbutia, se trompa de ligne ou s'arrêta au milieu d'une phrase sans raison apparente. Son trouble fut remarqué par tous ceux qui se trouvaient dans l'Église. Les plus médisants disaient qu'il était seulement incompétent, ceux qui le connaissaient plus s'inquiétaient de son état. Depuis plusieurs semaines il était absent. Déjà, on ne le voyait plus la journée, car apparemment il faisait des exorcismes plus éloignés d'Ulm, mais même la nuit venue, lors de l'office, il semblait ailleurs. Lui qui avait toujours l'air si sérieux et si dévoué à Dieu, avait souvent l'air de penser à autre chose. Sans parler de son teint très pâle ses derniers temps.

Peut-être était-il malade ? Ou bien ses interventions contre le Malin le fatiguaient-elles à ce point ? Après que la messe fut finie, certains fidèles restèrent pour continuer à prier. Vinzent observait la salle en se demandant bien comment il allait se sortir de cette nouvelle épreuve et il finit par se perdre dans ses pensées. Il fixa inconsciemment la femme du forgeron et entendit sa voix.

- Dieu, faites que le prêtre Vinzent retrouve la vitalité qu'il avait avant. Qu'il combatte le Mal du mieux qu'il le pourra et...

Vinzent venait de réaliser qu'on parlait de lui, mais quand il leva les yeux vers la femme, il remarqua qu'elle ne parlait pas à voix haute. De toute façon, la distance qui les séparaient ne lui aurait pas permit de l'entendre aussi distinctement qu'il ne l'avait fait. Comment se faisait-il qu'il l'ait entendu alors ? Il avait lu dans ses pensées ? Il se concentra sur une autre personne présente dans l'église à chercha à percevoir ce qu'elle pensait. Au bout de plusieurs secondes, il finit par capter ce qui se passait dans la tête du vieil homme. C'était tout bonnement incroyable.

Il avait trouvé de quel moyen il allait pouvoir se nourrir à présent : il lui suffirait de lire dans les pensées des gens pour savoir ce qui se cachait vraiment dans leur âme. Pourtant, alors qu'il ne cherchait pas à entendre quoi que ce soit, les pensées de tous ceux se trouvant proches de lui commencèrent à lui parvinrent. Il eut très vite mal à tête et entendait même les réflexions de personnes se trouvant à l'extérieur du bâtiment. Il ne savait pas comment faire taire ses voix et appuya ses mains sur ses temps pour que cela cesse. La douleur était de plus en plus vive et ses efforts ne semblaient pas du tout l'aider.

Soudain, il sentie une main chaude se poser sur ses épaules. L'odeur du sang si proche le heurta violemment. Lorsqu'il se tourna pour voir le visage de l'individu, il se rendit compte qu'un voile rouge s'était installé devant ses yeux. La Faim, la peur et la douleur avaient complètement prises possession de son corps et le voile rouge se transforma vite en un voile noir. Il perdait complètement le contrôle, sans le savoir il était rentré en Frénésie. Il lui sembla que son âme sortait de son corps pour laisser son corps voyageait seul. Ce fut terrible. Un vrai carnage.

Il commença par dévorer sauvagement la femme qui était venue s'assurer qu'il allait bien, puis il massacra brutalement tous ceux qui se trouvaient là. Depuis plusieurs jours, il veillait à ne faire qu'un repas par nuit, ce qui ne lui suffisait pas. La Faim avait gagné en intensité de façon sous-jacente puisqu'il se nourrissait tout de même. Maintenant, c'était un carnage sanglant qui s'ouvrait devant lui et rien ne semblait capable d'apaiser sa Soif trop longtemps insatisfaite. Il déchirait les corps, brisait les os, avaler gloutonnement le sang qui coulait à flot au milieu des hurlements. Lorsque tous ceux qui avaient été dans l'église furent morts, Vinzent sembla retrouver ses esprits et redevenir lui-même. Une quinzaine de meurt avait su la rassasié complètement et il regardait maintenant avec épouvante les corps décharnés devant lui.

Il était couvert de sang et des villageois arrivaient déjà pour voir ce qui se passait. Il s'éclipsa alors que les premiers avaient franchi la porte, des torches à la main. Il ne regarda pas en arrière et s’enfonça à toute allure dans les champs qui bordait le village. Il avait tué tous ses gens. Ceux qu’il chérissait, qu’il voulait protéger du mal, qui étaient ses amis. Des gens qu’il connaissait pour toujours pour la plupart.

Des innocents. Il avait fait ça dans la maison de Dieu, sous son regard… Était-ce une nouvelle épreuve pour tester sa foi ? Avait-il échoué ? Avait-il était renié ? Avait-il était puni au contraire ? Puni de ne pas avoir assouvi la Soif qui le rongeait, puni de ne pas avoir rempli sa mission assez bien, puni de ne pas avoir compris plus tôt sa capacité à lire dans les esprits ? Qu’est ce que ça aurait pu être d’autre après tout ? Il croyait toujours autant en Dieu, il doutait simplement beaucoup plus en lui, mais il commençait doucement à comprendre ce qu’il lui arrivait, de quels capacités il avait hérité et pourquoi. Il s’excusa beaucoup auprès du Seigneur tandis qu’il marchait dans la nuit. Il lui promit qu’il continuerait à accomplir la mission qu’il lui avait confié et qu’il subviendrait à la Soif dès qu’il la ressentirait. Il ne regarda pas en arrière et s'enfonça à toute allure dans les champs qui bordaient le village.

C'est ainsi que Vinzent devient un prêtre en plein pèlerinage à travers tout le pays. Il restait quelques jours, parfois une semaine ou deux, dans les villages qui croisaient sa route et le débarrassait des âmes impures. Il trouvait toujours une cave ou un sous-sol peu utilisé ou abandonné quelque part et faisait preuve de beaucoup plus d'habileté dans ses meurtres : il cachait les corps ou les maquillait en accidents n'ayant rien à voir avec lui pour ne pas attirer l'attention. Il se faisait pourtant toujours remarqué et s'enfuyait avant qu'on ne l'attaque. Ce fut extrêmement difficile de contrôle son pouvoir de lecture dans les esprits. La légilimancie, comme elle était appelée par le monde magique était un don très complexe qui demandait des années d'expériences et était rarement acquis par des Nouveau-nés. Ce que Vinzent ne supposa que bien plus tard, c'est que sa créatrice avait surement des capacités incroyables en la matière et qu'elle les lui avait transmises. Dans son errance, le prêtre ne comptait que sur l'aide de Dieu pour le soutenir de toutes les difficultés qu'il rencontrait. La solitude, la pénibilité, il devait les endurer pour le tout puissant et il le faisait grâce à Lui.

Cette période de vagabondage dura des années, qui se transformèrent en dizaines d'années, elles-mêmes devenus des centaines d'années.

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« La justice élève les nations, et le péché rend les peuples misérables.  »
La Bible


Les soupirs et gémissements se faisaient de plus en plus entendre dans la pièce silencieuse –qui n’était donc plus si silencieuse que ça-. La lumière de la lune donnait un éclairage particulièrement sensuel à la scène. Même si Vinzent n’avait pas besoin de ça, il voyait encore mieux la poitrine ferme de la jeune femme se soulevait devant lui au rythme de sa respiration de plus en plus saccadée. Les mains de la femme glissaient dans son dos, l’incitant à être toujours plus proche d’elle –ou plutôt l’incitant à venir profondément en elle-. Elle commençait même à être impatiente, ce dont s’amusait beaucoup l’ancien prêtre. Elle était belle, ainsi étalée devant lui, offerte. Pourtant, elle le dégoûtait.

Tout avait commencé tout juste une semaine plus tôt. Il l'avait vu pour la première fois la nuit durant laquelle il était arrivé à Heidelberg. Vinzent s'était immédiatement dirigé vers le château de la ville. C'était souvent dans ce genre d'endroit qu'il trouvait les sous-sols les plus vastes et les moins exploités. La plupart des habitants dormaient déjà depuis longtemps et seuls quelques serviteurs traînaient encore dans les couloirs. Il ne fut donc pas difficile au prêtre de rechercher ça peut-être prochaine cachette. C'était toujours la première chose qu'il faisait lorsqu'il arrivait dans une ville inconnue, car il savait que chercher un endroit ou dormir en sécurité peu de temps avant le lever du jour était très dangereux. Après avoir un peu exploré le château, il tomba sur un escalier en colimaçon assez étroit qui descendait. Il sû tout de suite qu'il avait trouvé, la plupart des châteaux fonctionnant sur le même principe.

Cependant, ce genre de cave était toujours déserte en temps normal, pourtant lorsqu'il parvient en bas des escaliers, juste devant une massive porte en bois, il entendit des bruits de l'autre côté. Ce qu'un humain aurait pu à peine discerner, il l'entendit immédiatement, une jeune femme parlait avec un homme. Ou plutôt suppliait un homme. Cette scène intrigua le vampire qui pour en savoir plus se dématérialisa afin de passer de l'autre côté de la porte sans devoir l'ouvrir. L'espace était immense et seule une bougie était allumée pour que les humains puissent se voir. Aussi, Vinzent décida de se re-matérialiser plus loin, dans une partie très sombre de l'espace, il pourrait aisément voir la scène sans être vu.

La jeune femme était véritablement superbe. Des cheveux très longs aux boucles délicates extrêmement bien dessinées, ces cils longs et noirs qui faisaient de chaque regard un moment particulier, une bouche charnue et rose et des cuisses minces et ferme contenues dans des bas blancs de la plus grande qualité. Car oui, la jeune femme avait remonté sa robe sur l'une de ses cuisses et se cambrai d'une manière tout à fait exquise. Elle minaudait vraisemblablement pour que le jeune qui se trouve à côté d'elle succombe à ses charmes.

- Mina, arrêtez de me torturer, je vous en prie. Vous savez bien que je ne peux pas faire ça, je viens tout juste de me marier !
- Voyons Hans, ce n'est pas si grave et je sais que vous en mourrez d'envie tout comme moi.
-Mina ! C'est blasphème ce que vous proposez là !
- Ho Hans, vous êtes si innocent... Dieu n'est qu'une invention des prêtres pour nous faire obéir, le Nouveau et l'Ancien Testament sont contestés, car ils ont étaient rédigés par des hommes qui ont choisi d'eux-même les passages qui comptaient pour eux. Ne soyez pas si naïf.

Disant cela, elle se leva du petit muret sur lequel elle était assise, l'attrapa par les épaules et l'assit. Vraisemblablement, elle n'avait pas beaucoup de force alors le fameux « Hans » devait se laisser faire sans la moindre résistante réel. Quelque part Vinzent aurait pu le comprendre, elle était délicieuse et il était difficile de résister à ses charmes, et pourtant... Mina s'assit à califourchon sur les jambes du jeune homme, relevant largement sa robe pour ce faire. Cette simple vision sembla faire s'évanouir les derniers doutes du jeune homme, complètement charmé. Vinzent préféra ne pas assister à la suite, il en avait assez vu comme ça. En fait, il était assez intrigué par cette jeune femme et il lui semblait important qu'il prenne son temps sur ce cas.

Le prêtre avait bien changé par rapport à ce qu'il avait été. Voilà plus de cinq siècles qu'il explorait le monde et il n'avait plus la même vision des choses qu'auparavant. Tout d'abord, il s'était rendu compte que quelque chose clochait dans sa façon de voir les choses jusque là. Il ne pouvait pas être une créature de Dieu, plus maintenant. C'était impossible, il s'était borné à le croire mais, tout lui indiquait le contraire. Il était pâle comme un mort -et son cœur ne battait pas-, se nourrissait de sang, craignait la lumière... Il avait dû se faire une raison et admettre qu'il était une créature du Malin qu'il le veille ou non.

Cela n'avait pas été un gros choc, car ce raisonnement s'était progressivement imposé à lui avec le temps. Sans compter que ça ne le détournait en rien du Seigneur. En effet, il lui importait assez peu de savoir qui il était vraiment -quoi que, c'était à nuancer-, ce qui comptait avant tout, c'est qu'il voulait toujours servir Dieu comme avant et être le plus possible utile à son œuvre. Cependant, il n'avait pû s'empêcher d'être extrêmement triste. Dieu l'avait condamné à rester éternellement sur Terre puisqu'il ne semblait pas vieillir et si jamais il venait à mourir, il ne le rejoindrait jamais au Ciel. C'était sans doute sa punition pour avoir trop désiré Johanna lorsqu'il était encore humain et il finit par accepter son sort. Pourtant, cette pensée -qu'il n'irait jamais au Ciel- lui pesait toujours dès qu'il y pensait.

C'était aussi à ce niveau que les choses s'étaient gâtées. En regardant le nombre de cadavres qui s'amoncelaient dernière lui, une notion importante lui était apparue : tuer des humains n'étaient pas leur rendre service, ni à eux, ni au tout puissant. S'ils tuaient des pécheurs, ils montaient au purgatoire sans avoir la moindre chance de finir au Ciel. Après tout, ils n'avaient pas eu le temps de méditer leurs erreurs ou de souhaiter se repentir. Il avait donc opté pour un autre mode de faire. À présent, il torturait les âmes impures pour leur faire comprendre leur erreur avant de les tuer. Avec le temps, il avait perfectionné la technique et rivalisait d'inventivité. Souvent, il appréciait d'adapter la torture aux péchés commis.

La troisième chose qui avait évolué de façon significative sur lui était sa propre façon de se voir. Maintenant qu'il était convaincu d'être un être maléfique, il lui semblait légitime de se comporter comme tel. Si cela avait été la volonté de Dieu qu'il soit ce qu'il était, il devait l'accepter et agir comme il se devait. D'autant plus qu'il remarqua très vite que ne plus se priver des choses contre lesquels il luttait était un vrai plaisir. Certaines choses restaient pourtant assez délicates pour lui, car il ne supportait pas de voir le péché chez des humains, ce qui sous-entendait que le sexe lui était encore relativement interdit -mais bon, après cinq cents ans d'abstinence, il n'était plus à ça près -.

Il avait donc traqué Mina pendant ses nuits -car la jeune femme semblait ne commettre ses larcins que le soir venu-. Il fouilla de fond en combe son esprit et sonda tout le vice de son âme. Cette femme avait une particularité toute particulière de cumuler des nombreux péchés en plus d'être une impie. Elle était luxure, vanité, envie et colère. C'était un mélange fabuleusement laid qu'il se ferait une joie de briser dans la souffrance.

Quand la fameuse nuit arriva, c'est parce qu'il avait trouvé la méthode selon lui la plus approprié. Il passa un certain temps à préparer tout ce dont il aurait besoin mais, il était plutôt satisfait au final. C'est ainsi qu'il se retrouva torse nue au-dessus d'elle, complètement dénudée dans sa chambre. Cela n'avait pas été dur de la séduire, il avait seulement eut à être lui-même et le charme vampirique avait fait le reste -bien que Vinzent l'ignorait, il avait juste compris qu'il était beaucoup plus magnétique qu'avant-. Il s'approcha de son oreille un sourire sournois sur le visage et lui glissa qu'elle était trop bruyante et qu'on allait les surprendre si elle ne faisait pas plus attention. Il se permit alors de mettre sa main sur sa bouche, tandis qu'il explorait avec sa langue le corps de la belle, finissant d'endormir sa vigilance au profit du plaisir.

Il s'arrêta au niveau de son bas ventre. Hors de question qu'il fourre sa langue là où tant d'autres étaient passés ! En revanche, il sortit rapidement une petite fiole de la poche de son pantalon. Il souleva un peu le corps de la jeune fille comme pour mieux se positionner à lui donner du plaisir, mais au lieu de ça il versa la moitié du contenu de la fiole sur sa Fleur depuis longtemps déflorée.

La jeune fille se mit à hurler, mais ce n'était pas de plaisir. La fiole contenait de l'esprit de sel ou acidum salis comme on l'appelait à l'époque, ce que les contemporains connaissent mieux sous le nom d'acide chlorhydrique. C'est un acide extrêmement corrosif qui ronge les chaires, notamment. Pas étonnant que la petite n'apprécie pas beaucoup. Ça lui passerait l'envie de coucher avec tous ceux qui traînaient, mais ce n'était pas fini pour autant, il lui restait plusieurs autres péchés à combattre. Il commença par attacher la jeune fille au lit avec une corde assez fine qu'il avait prit avec lui et fourra un bout de tissus dans sa bouche pour atténuer ses cris. Il sortit de son sac le matériel donc il avait besoin pour terminer son oeuvre. Il commença par prendre la lourde paire de ciseau sans la montrer à la jeune femme.

Se réinstallant au-dessus d'elle, il lui demanda de ne plus crier et il ne mettrait plus d'acide sur ses lèvres les plus sensibles. Lorsqu'elle sembla se calmer, il retira doucement le morceau de tissus et lui expliqua pourquoi il faisait tout ça. Elle pleura davantage et s'excusa pour ce qu'elle avait commis mais, en lisant son esprit, Vinzent vis vite qu'elle mentait pour s'en sortir sans dommage. Il caressa tendrement sa joue avec un sourire doux.

- Mina, tu mens encore, même dans ce moment de repentir tu restes aussi vicieuse qu'un serpent. Je vais t'apprendre à ne plus mentir.

Il saisit avec force et rapidité sa mâchoire, l'obligeant à ouvrir la bouche. Grâce à la rapidité dont il avait hérité, il arriva en un instant à attraper la langue de la jeune femme, à la tirer puis à la découper dans le sens de la longueur. Il ne savait pas exactement si elle pourrait encore parler après ça, du moins elle ne pourrait pas le faire dans l'immédiat et au moins ça ressemblance avec un serpent serait avérée. Il replaça le tissu dans la bouche de la belle qui s'imbiba très vite de rouge. Il prit de nouveau sa fiole et déversa son contenu sur les yeux de la jeune fille, traçant des sillons brulant sur ses joues. Au moins maintenant, elle aurait de vraies raisons d'envier les autres, car ils pouvaient parler et voir alors qu'elle ne le pourrait plus.

- Tu avais tellement tout Mina. Tu étais belle, d'une grande lignée, riche, intelligente, il n'y a rien que le monde aurait pu te refuser. Mais tu as tout gâché toute seule et je ne peux pas te sauver de toi-même.

Le visage de la jeune femme commençait déjà à se déformer à cause de l'acide qui le transformait. Elle ne pourrait plus jamais se vanter d'être la plus belle et jamais plus personne ne poserait un regard fasciné sur sa personne. Au mieux, elle surprendrait, dégoûterait et serait traitée comme un monstre. Vinzent avait un dernier vice à lui arracher, mais il ne le pouvait pas. La colère, il ne pouvait rien faire contre elle, après tout, c'était quelque chose qui affligeait le coeur et il ne pouvait pas simplement lui dire : tu ne seras plus jamais en colère. En revanche, la dernière chose qu'il pouvait faire pour elle, c'était lui faire regretter son impiété. Pour ça il avait prévu des clous et un marteau.

Quoi de plus évocateur que de la crucifier à son tour pour qu'elle puisse ressentir le courage, la dévotion, l'amour du Christ pour les humains ? Évidemment, il n'avait pas pu apporter une croix à taille humaine sans que personne ne le remarque, mais il se contenterait d'accrocher la belle à la porte de la chambre. Il avait volontairement choisi cette pièce car elle avait plusieurs avantages : elle se trouvait loin de toutes les autres chambres occupées du château, elle était grande et avait la plus grosse porte. Ce serait un peu difficile de faire une parfaite crucifixion à cause de la taille de la porte, alors il avait prévu d'enfoncer ses cloues dans les coudes de la belle et non dans ses mains.

Cela ne fut pas aisé mais, il était plutôt content du résultat. Elle s'était évanouie au milieu du rituel et il n'avait pas cherché à la réveiller, lassé de ses cris. Il remballa son matériel avec lui pour que tous ceux qui la voient pensent qu'il s'agissait là d'un jugement divin. Et s'en alla en laissant la porte ouverte, exposant la femme à la vue de tous ceux qui passeraient dans le couloir. Il avait trouvé la femme si laide intérieurement qu'il s'était dit qu'elle méritait de vivre avec tout cela sur la conscience, c'était sa chance de se repentir.


Dernière édition par Vinzent Geistlicher le Dim 29 Jan - 9:15, édité 1 fois
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« Heureux ceux qui sont affligés, car ils seront consolés »
La Bible


Et le temps passa, passa, passa….

Vinzent resta le même, souvent en déplacement d’une ville à une autre pour ne pas trop se faire remarquer. Dans son sillage, les crimes odieux qu’il avait orchestré étaient souvent mis sur le dos de criminels ou de tueurs en série. Jusqu’alors aucune corrélation n’avait jamais été faite entre les différents incidents. On ne pouvait pas vraiment en blâmer les officiers de police : les crimes ne se ressemblent jamais. On n’y percevait pas toujours le fanatisme religieux ou on n’y comprenait pas toujours les motivations. Parfois les corps étaient retrouvés tellement tardivement que Vinzent avait déjà changés plusieurs fois de place entre temps. Il avait parcouru tous les continents, même s’il restait principalement en Europe parce que c’était là bas qu’il se sentait le plus à sa place.

La vie de Vincent avait subi bien des modifications depuis qu’il était né et bien que sont temps soit entièrement dédiée à remplir sa mission, il commençait à être mélancolique. Le monde avait beaucoup évolué et il se sentait souvent en décalage avec l’époque que nous connaissons. Il avait le sentiment que malgré tous ses efforts, il ne parvenait pas à rapporter la foi dans le cœur des Hommes. C’était plus qu’un pressentiment d’ailleurs, il suffisait de voir le monde et comment il tournait pour s’en rendre compte. Des jeunes femmes grandement dénudés dans les clips ou dans les boites, de l’alcool et de la drogue coulant à flot dans les sorties branchés, des garçons paradant fièrement après s’être battus, des hommes et femmes de pouvoir recherchant uniquement l’argent au détriment du bien commun, les rapports inquiétants sur les dégradations faites à la nature, le chômage, la guerre, la désolidarisation générale. Comment ne pas voir que l’époque sombrait dans des vices de plus en plus affichés ?

Généralement, Vinzent ne se laissait pas abattre par ses constatations. Il y avait plus important à faire et il ne devait pas perdre la foi lui mais l’apporter aux autres. C’était son rôle, il ne pouvait se permettre d’avoir les idées noires. Pourtant, cette nuit alors qu’il sortait de son sommeil au coucher du soleil, il avait une triste mine. Il n’avait pas l’intention de manger ce soir là alors que cela faisait plusieurs nuits qu’il ne s’était pas rassasié mais il n’avait pas vraiment d’appétit. Il quitta le placard renversé qui lui servait de lit dans le tout petit « grenier » qu’il louait. On ne pouvait pas vraiment appeler ça un appartement et contrairement à ce que lui avait dit le propriétaire, on ne pouvait pas vraiment considérer cette minuscule pièce comme de « spacieux combles aménagés » non plus. Il n’y avait pas de fenêtre dans la seule et unique pièce de l’appartement et quand on ouvrait la porte d’entrée on cognait l’évier qui se trouvait derrière elle et qui ne fournissait que de l’eau froide. Tout le plafond était en pente, si bien que Vinzent qui était grand devait se baisser dès l’encadrement de la porte dépassée. Le seul meuble présent dans l’appartement était une vieille armoire en bois qui datait d’un bon siècle et qui avait des proportions absolument démesurées pour ce petit espace. Ce n’était pas un problème, Vinzent ne recherchait pas le confort ou le luxe. Le strict minimum lui suffisait. De plus, quand on avait vécu au moyen âge avec le manque d’hygiène et d’équipement de l’époque, sa situation était tout à fait correcte.

Heureusement, l’habitation avait l’avantage d’être peu chère et bien située. Sans parler de l’absence de fenêtre qui était un plus certain pour l’allemand même si quelques rayons perçaient parfois à travers la mauvaise isolation du plafond et certains troues dans le mur. Cela importait peu, il avait reversé l’armoire et avait entassé des couvertures dans son fond ce qui en faisait un lit confortable et l’un de plus grand endroit où il avait jamais pu dormir en sécurité lorsqu’il refermait les portes sur lui.

Quand la rumeur qui n’était au début qu’un murmure lui était parvenu qu’un mage noir dont personne n’osait prononcer le nom avait déchaîner les Enfers sur Londres et sur l’Angleterre, il n’avait pas hésité à se rendre à Londres. Il n’avait pas encore eu le temps de trouver du travail. Habituellement il ne restait pas assez longtemps pour vraiment s’installer quelque part mais il sentait que les évènements importants allaient se passer dans le coin et qu’il se devait d’y assister. Le prêtre payait son loyer grâce à l’argent qu’il récupéré sur ses victimes afin de maquiller ses agressions comme des vols particulièrement violents. Il n’aimait pas du tout cette façon de faire mais après réflexion il se disait que cet argent ne servirait plus aux pécheurs. Tout l’argent qu’il récupérait en plus de son loyer il le donnait à une toute petite église de son quartier. C’était l’un des rares lieux encore pieu qu’il connaissait.

Ce soir c’était d’ailleurs là bas qu’il se rendait après avoir fait un brin de toilette. Il n’avait pas repris le moindre entrain et il se sentait étrangement vide. Les gens qu’il croisa dans la rue ne l’aidèrent pas à se sentir mieux : quelques sans abris qui mendiait dans l’indifférence générale, des hommes d’affaires si pressés de rentrer chez eux qu’ils en oubliaient la politesse, des femmes avec un enfant dans chaque main les trainant presque en criant jusqu’à la bouche du métro. La bruine typique qui régnait ce jour là, ajoutée au brouillard tombant n’aidait pas l’ambiance à se réchauffer. Le trajet n’était pas très long, à peine une dizaine de minutes de marches pour un humain. Le vampire aurait pu parcourir cette distance bien plus rapidement mais ce n’était pas dans ses habitudes : ses pouvoirs devaient servir la cause de Dieu, pas ses intérêts personnels.

Alors que le prêtre n’était plus qu’à quelques mètres de l’entrée principale de l’église, il s’arrêta devant la cour arrière de l’édifice. Généralement, le portail était fermé, mais ce soir là, il était grand ouvert et la cour était occupé par des dizaines de sans abris faisant la queue tandis qu’une nonne leur servait de la soupe. Vinzent l’avait déjà vu, elle était l’une de celle qui faisait fonctionner l’église avec quelques autres. C’était une femme d’une vingtaine d’années, au visage assez émacié qui lui donnait un air dur et autoritaire. D’ailleurs, même si elle était gentille et aimable, ses sourires étaient bien léger ce qui contribuait à son image de femme froide.

S’il s’était renseigné sur l’église avant de lui fournir tout l’argent dont il disposait, il n’était pas au courant de cette initiative. Ce devait être une nouveauté apporté. Cela amena un mince sourire sur son visage. Cette petite paroisse lui avait plu dès qu’il s’était intéressé à ce qu’il s’y passait. Les quelques personnes qui s’en occupait étaient des gens biens, de bons chrétiens qui avait su évoluer avec leur temps mais qui avait préservé leurs valeurs auxquels Vinzent tenait. Peut-être pouvait-il encore croire à la générosité des Hommes quand il voyait que certains se dévouait encore à Dieu. Il regarda un instant la Soeur distribuer des bols de soupes, quand un individu lui passa devant en le bousculant un peu. C’était un autre sans abris et il était visiblement alcoolisé. Après avoir un peu titubé en bousculant Vinzent, il le dévisagea méchamment avant de reprendre sa route en maugréant sur les “pauvres connards sur l’chemin”.

Le vampire décida de ne pas prêter attention à l’homme. Après tout, il n’était pas du genre à se bagarrer encore moins avec quelqu’un qui n’était manifestement pas complètement maître de lui. Il se contenta de s’appuyer contre le portail et de regarder l’homme s’avancer vers la petite queue. Malheureusement la situation ne tarda pas à dégéner quand le nouvel individu se mit à bousculer la file indienne. Il passa devant tout le monde les autres avant de crier à la soeur qu’il voulait de l’alcool. Les autres sans abris protestèrent vivement devant ce manque complet de savoir vivre et certains essayèrent d’arrêter l’homme mais il avait visiblement un passé de militaire derrière lui et l’alcool n’aidant pas il se mit à frapper ceux qui s’opposait à lui. La situation s'empire lorsqu’il fit basculer un homme sur la table de fortune qui avait installée sur des tréteaux. L’énorme marmite qui contenait la soupe répandu son contenu sur les pavés avec un bruit. La Soeur ne se laissa pas aller à la peur, elle essaya de s’interposer entre le nouveau venu et les autres sans abris mais l’homme semblait prêt à la frapper. Vinzent n’hésita pas un instant de plus à intervenir.

Il se déplaça très rapidement sans pour autant utiliser toutes ses capacités (il ne tenait pas à se faire complètement repérer) entre l’ex militaire et la nonne, attrapant le bras de l’homme au vol. Sa prise était ferme mais pas douloureuse, il n’avait aucun intérêt à lui faire du mal. Il n’acceptait pas la violence (ce qui était bien ironique), encore moins faite à une femme innocente qui protégeait son prochain mais il excusait ce comportement en le mettant sur le compte de l’alcool. Le prêtre se contenta de fixer l’homme sans hostilité de ses yeux bleus. Peut-être comprendrait-il qu’il avait causé assez d’ennuis comme ça et qu’il était temps de partir à présent. C’était un peu trop optimiste.

L’homme récupéra son bras dans un geste vif qui le déséquilibra vers l’arrière. Il se stabilisa de justesse et repartit vers l’avant dans un mouvement maladroit pour essayer de cogner le visage de Vinzent. Même sans ses pouvoirs de vampire, il aurait pu éviter ce coup. Il se décala simplement sur la droite en faisant pivoter son corps et l’homme frappa le vide, chutant dans son élan. Avant qu’il ne touche le sol, le prêtre l’attrapa par sa veste, lui évitant un choc douloureux avant de le reposer par terre en douceur. L’homme se releva en vociférant des insultes et essaya de nouveau maladroitement de frapper Vinzent. Au bout de quelques tentatives, l’homme saoul s’énerva vraiment et sortit un couteau.

Il était temps pour l’allemand de mettre fin au pseudo combat qui avait lieu avant que l’homme ne blesse quelqu’un. Il bloqua la nouvelle attaque avec une facilité évidente et se contenta d’abattre le tranchant de sa main dans la nuque de l’homme. Il s’effondra immédiatement sous le coup qui n’avait rien de l’étal. L’échange n’avait pas duré très longtemps peut-être une minute au total mais l’atmosphère très pesante qui s’était installée se dissipa immédiatement. Le calme revient et les sans abris se dissipèrent pour la soirée maintenant qu’il n’y avait plus rien à manger. Vinzent aida la Sœur à ranger la table ainsi qu’à ramasser les bols et le reste. Elle le remercia pour son aide avec l’homme saoul et s’inquiéta de ce qu’il lui avait fait.

- Il va simplement dormir quelques heures et à son réveil, il pourra décuver, ma Sœur. Pour plus de sureté, je vais le conduire à l’hôpital pour qu’il passe la nuit au chaud.

- Mais vous n’avez pas de voiture ! Nous allons prendre la camionnette de l’église pour l’y conduire, c’est aussi ma responsabilité et je ne sais pas ce qu’il se serait passé si vous n’étiez pas intervenu, je me dois de vous aidez en retour.

- C’était normal ma Sœur.

Ha oui, la voiture. Il n’y avait pas vraiment penser. Quand on pouvait porter un homme sur son épaule jusqu’à l’autre bout de la ville en quelques instant, on oubliait rapidement l’utilité que pouvait avoir un engin mécanique. Il accepta donc la proposition de la Soeur parce qu’il n’avait pas grand chose à lui opposer comme argument raisonnable. Il ne souhaitait pas la laisser seul avec l’individu car il préférait ne pas prendre le risque qu’il se réveille en la compagnie de la jeune femme. Le trajet le rendait un peu nerveux à vrai dire... Cela faisait longtemps que Vinzent n’avait pas parlé à une personne appartenant à l’Église. Il s’était éloigné de l’ordre religieux même s’il continuait ardemment de croire en Dieu. Il fréquentait toujours les églises mais il ne cherchait pas le contact avec les hommes qui y travaillaient. Les temps avait changé la foi et Vinzent ne préférait pas assisté à ce déclin de trop près. Les hommes à la tête de l’Église ne respectaient plus les valeurs que devaient protéger la religion et c’était impardonnable pour le prêtre. La corruption, l’attrait de l’argent, l’avidité, les massacres liés à la foi exacerbée de certains, tout cela n’avait aucun sens pour des personnes se disant des serviteurs de Dieu. Les dirigeants s’étaient enrichis et avait souillé toutes les croyances de Vinzent.

Ce n’étaient peut-être pas les seuls raisons qui expliquaient son mal être. Peut-être qu’il se sentait mal parce qu’il savait qu’il lui mentait en ne lui révélant pas sa véritable nature, peut-être parce qu’elle le mettait face à une réalité désagréable : il n’était plus l’homme qu’il avait été. Vinzent savait que sa façon d’aborder la religion maintenant qu’il était un être damnée n’était pas conventionnelle. Aurait-il approuvé ce qu’il faisait aujourd’hui s’il s’était croisé lorsqu’il était encore humain ? Il ne le pensait pas..  Ils discutèrent un peu de choses et d’autres sans que la conversation ne touche aucun sujet sérieux. Ils ne mirent pas longtemps à rejoindre l’hôpital où l’homme fut pris en charge après une explication de la nonne. Elle proposa par la suite de ramener Vinzent et malgré son malaise à être en sa présence, il ne se voyait toujours pas d’explication plausible pour refuser. Comment pouvait-il dire sérieusement : “Non, je vais rentrer à pied à l’autre bout de la ville parce que j’aime marcher”. Il remonta donc dans l'habitacle qui lui semblait toujours aussi étroit de la camionnette.

- C’est une chance que vous ayez été là ce soir.

- Je ne crois pas en « la chance », je préfère penser que c’était la volonté de Dieu.... Cela me surprends que vous n’en fassiez pas de même.

Les joues de la nonne rougir légèrement ce qui apporta un sourire affectueux aux lèvres de Vinzent. Elle avait l’air incroyablement moins dure avec cet air là sur le visage, cela semblait même la rajeunir de quelques années. Voyant qu’il l’avait peut-être insulté, il se reprit.

- Ce n’était pas un reproche ma Sœur.

- Non, vous avez raison. C’est que… Ce n’est pas facile de voir Sa volonté dans chaque fait parfois. Après tout, je ne sais pas pourquoi vous étiez là ce soir.

- Le pourquoi importe peu ma Sœur, l’important est que Dieu à décider d'empêcher cet homme de faire du mal aux autres et à lui-même. C’est la seule chose qui importe vraiment et il ne nous appartient pas de comprendre le reste.

- Oui, je comprends. Vous parlez vraiment comme un prêtre, c’est très étrange, ajouta-t-elle après un silence.

Vinzent se contenta de hocher les épaules en détournant le visage du côté de la fenêtre. Que pouvait-il dire ? Qu’il avait été prêtre il y avait de cela plus de 1 000 ans ? Il n’avait plus officié dans une église depuis si longtemps. S’il n’avait pas perdu la Foi, il ne la partageait plus avec personne, il ne cherchait que rarement à apporter conseils à un chrétien dans le besoin. S’il lui arrivait de porter la soutane en de rares occasions, cela faisait-il encore de lui un prêtre ? Il ne le savait plus vraiment. Lorsque la nonne le déposa, il la remercia pour son aide et ne s’attarda pas davantage. Il avait l’impression que les prochains jours à Londres serait sombre et que l’espoir que cette pourrait apporter aux autres ne seraient pas de trop.

Derrière l'écran

Présence sur le forum : passage tous les jours ou presques, réponses : 2x/semaine.



Pour ceux qui n'ont pas le courage de tout lire

Ψ Vinzent à été retrouvé devant la porte d'une église en Allemagne en Janvier 498. Depuis il a été élevé par le prêtre de cette église qui s'est occupé de lui comme de son propre fils.
Ψ Vinzent à donc grandit avec les valeurs du christianisme et à dédié sa vie au service de Dieu
Ψ Le Père Wilfried était aussi un exorciste et il appris tout ce qu'il connaissait en la matière à Vinzent
Ψ Alors que Vinzent avait 29ans, il fit la rencontre de Johanna qui était un vampire. Elle voulait qu'il devienne son compagnon mais c'était contraire aux principes de Vinzent. Elle essaie de le transformer de force mais les choses se passent mal et Johanna prends feu après avoir achevé par inadvertance le processus de transformation.
Ψ Vinzent se retrouve donc seul, sans guide pour l'accompagner dans sa nouvelle vie. Si son instinct lui permet de fuir la lumière du jour, il cède à la Faim et dévore un enfant.
Ψ Luttant contre sa nouvelle nature, la Faim le pousse à rentrer en état de Frénésie et il est contraint de fuir son église après avoir massacré de nombreux innocents
Ψ Il se rend compte qu'il a la capacité de lire dans les pensées des autres
Ψ Il choisit de concilier sa nouvelle nature de créature démoniaque avec son désir de continuer de servir Dieu : il ne s'abreuvera désormais plus que d'être ayant commis des péchés grave et ayant besoin de rédemption.
Ψ Aujourd'hui, Vinzent se trouve à Londres car les rumeurs de ce qu'a fait Voldemort en ouvrant les portes des ténèbres l'intriguent beaucoup.
Ψ Et même si ce résumé est bien cool et pratique, je te conseil quand même de lire l'histoire au complet pour mieux comprendre la psychologie du personnage !

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Bienvenue parmi nous ! Kao 1 Dit donc, sacré fiche ! Je commencerai à lire ce soir Kao 10 J'espère que tu te plairas parmi nous Kao 9
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550 de large
Bien joué, t'es validé-e
Des petits liens pour t'aider


Et j'ai TOUT LU haha ! *trop de fierté en moi* Mais honnêtement, ça en valait le coup ! J'ai presque l'impression de lire un texte écrit par un ou une spécialiste de l'ordre religieux du Moyen-Âge *-*. Même s'il me restait pas mal de souvenir, j'avais oublié à quel point c'était documenté. Ça plonge dans l'immersion et j'avais les images dans la tête en lisant. Vinzent, dans sa dualité, est très intéressant ! On a un peu du mal à le cerner, mais c'est surtout parce qu'il a une manière de penser assez unique en son genre : l'être machiavélique qui sert à sa manière Dieu. En vrai, je suis partagée entre être attachée à lui ou effrayée xD Ca ne peut donner que des rps plein de surprises et de rebondissements ! En tout cas, re-bienvenue par ici Very Happy J'espère que le forum te plaira autant qu'avant et surtout bravo pour une telle fiche ! Amour Je te tire mon chapeau !

Une femme, plutôt petite, s’avance vers Invité. Elle porte un tailleur, est coiffée d’un chignon et observe le nouvel arrivant à travers ses lunettes rectangulaires. Malgré une allure stricte, elle aborde un visage sympathique.

Bienvenue Invité sur Necronomicon.
Je suis une représentante de l’administration, et je suis là pour vous apporter toute l’aide nécessaire à votre installation. Il est important que chacun se sente à son aise, sorcier, moldu, ou autre.
Suivez-moi, je vous prie, nous allons commencer la visite.

Elle s’avance vers un couloir, laissant derrière elle le son de ses talons aiguille.

Derrière cette porte, vous trouverez le règlement de Nécronomicon . Lisez-le bien afin d’être validé(e). De ce côté-ci se trouve le département de renseignements . Ce département est très complet et donnera toutes les informations nécessaires : le contexte et ses annexes, les intrigues et leurs évolutions, etc.

Elle se tourne un temps vers Invité afin de s’assurer qu’elle est bien suivie lorsqu’elle change de couloir, et que cette personne ne semble trop perdue sous les informations.

Passons le département d’identification – vous avez eu, ou vous aurez, toutes les informations lors de votre inscription. Continuons plutôt vers les choses plus utiles. Afin de mieux vous intégrer, vous pouvez consulter le service d’urbanisme pour demander un logement. Vous trouverez également le département de l’emploi afin de voir quels sont les emplois à pourvoir.
Bien. Avançons.

Elle reprend la visite et se dirige cette fois-ci vers un couloir plus petit.

Si vous cherchez à créer des liens avec nos résidents déjà présents, le salon de rencontres sera idéal. N’hésitez pas à vous y rendre.
Pour plus de détails (le signalement des absences, des propositions d’idées, etc.), merci de consulter le guide de bienvenue .

Elle tend la main vers un petite table où repose plusieurs exemplaires du guide de bienvenue.

Il reste une dernière étape pour pouvoir entrer en territoire britannique. Une fois le règlement signé et votre fiche de présentation remise, vous pourrez passer la Commission du sang. Rassurez-vous, vous ne devrez tuer personne. Il s’agit de votre premier RP, cela a pour but de vous aider à vous intégrer. C’est un passage imposé par le nouveau gouvernement de Pius Ticknesse dans le jeu. Mais entre nous, vous n’y êtes pas obligé(e). Vous vous doutez de l’objectif du nouveau Ministère et s’y rendre peut se révéler risquer selon votre ascendance.

Elle sourit une dernière fois à Invité avant de le laisser partir.

Je vous souhaite à nouveau la bienvenue sur Necronomicon. Et bon jeu.






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Re-bienvenue Vinzent ! Amour

J'ai enfin fini de lire ta présentation !! pour tout te dire, j'ai pris ta présentation sur ma liseuse et je l'ai lue au fur et à mesure car je ne pouvais pas la lire devant l'ordi vu que je suis souvent par monts et par vaux Laughing & j'ai vraiment accroché, je me rappelle même hier soir avoir eu l'envie de me replonger dedans et ressortir ma liseuse pour lire ta présentation avant de dormir I love you

J'ai accroché du début à la fin, tu as vraiment bien su t'approprier le personnage de Vinzent tout en le laissant fidèle à celui que j'ai pu connaître sur l'ancien forum, au point de me poser la question "mais, c'est l'ancienne membre en fait ??" Laughing donc chapeau !!

J'ai adoré l'histoire de Vinzent humain et sa foi, ainsi que sa transformation et les émotions de la pauvre Johanna qui s'est arraché les cheveux à essayer de le séduire sans succès Laughing idem pour ensuite la découverte de ses pouvoirs, de son besoin de sang et les conséquences qu'il en tire vis à vis de la religion !! c'est vraiment très bien adapté au caractère du personnage et pourtant ce n'était pas facile de base avec quelqu'un qui a tellement la foi !

Félicitations vraiment pour ce personnage qui est à la fois mauvais en raison de sa nature de vampire mais qui veut rester juste à tout prix !! bon je ne suis pas tout à fait d'accord avec lui sur sa façon de traiter les 7 pêchés capitaux (je me demande bien ce qu'il me ferait s'il me croisait silent je pense en avoir au moins 3 voire 4 à mon actif silent Laughing ) mais c'est tellement bien expliqué avec le caractère du personnage qu'on le comprend quand même dans le fond !! Very Happy

Bravo pour ce vampire hors du commun et bon jeu avec Vinzent !! Amour

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Merci Leah ! Tout ce que tu me dis là me fait très, très plaisir. Je sais qu'il faut beaucoup de temps pour lire tout ce pavé alors merci d'avoir pris la peine de le faire (surtout que tu connaissais déjà le personnage !). J'avais trop aimé écrire cette histoire et ce personnage pour le laisser de côté...

Je suis bien content de lire que la façon dont Vinzent traite les "pécheurs" n'est pas celle que tu utiliserais, parce que ça ferait peur sinon ! xD
Heureusement pour toi, il ne s'attaque qu'aux personnes les plus "pervertis" (donc si tu es un peu gourmande ou paresseuse par exemple, rien n'a craindre Razz ). Il a évolué avec son temps mine de rien et il comprends que les principes d'autrefois sont à tempéré de nos jours. Par contre, il ne tolère pas les excès : comme Adrien qui se goinfre de nourriture, jusqu'à ce faire vomir pour pouvoir remanger ensuite...

En tout cas, je suis ravi d'avoir pu faire comprendre ce côté très paradoxal chez lui. J'avais peur qu'on le déteste pour son côté barbare mais j'ai plus l'impression qu'on l'aime et qu'on le trouve horrible en même temps sans pouvoir choisir et ça me plait beaucoup !

Merci encore ! Smile
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Je suis un peu comme Leah, j'ai lu ta présentation en plusieurs fois. Pour me dire finalement au début: "Mais j'ai déjà lu un truc comme ça" Laughing donc malgré de bon souvenir de l'ancienne présentation, j'ai beaucoup aimé me replonger dans l'histoire de ce personnage.

C'est impressionnant comment tu respectes bien le caractère de son personnage même après sa transformation en vampire. J'aime beaucoup le paradoxe que cela crée. Cela permet d'avoir un personnage complexe mais très construit et de ce fait pas trop difficile à suivre pour moi. Amour

C'est du beau travail que tu as fait là et je trouve que tu sais vraiment bien écrire de façon à captiver ton lecteur immédiatement dès les premiers mots Coeur J'ai beaucoup aimé la fluidité qui me permettait de suivre tes textes.

Enfin, c'est vraiment un bon point, les petits textes rouges qui annoncent une scène violente ou gore, c'est très gentil de penser à certains lecteurs qui n'aiment pas trop lire ce genre de truc. Perso ça me dérange pas trop mais j'ai apprécié le geste Happy 1

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Sauras-tu résister à la tentation, Invité ?
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Merci beaucoup pour ce gentil message Tally. J'espère que c'était pas trop galère de lire tout ça, surtout si t'es malade en ce moment. Je suis content que la fiche ait été "simple" à suivre malgré sa longueur.

Oui, je crois que les texte "warning" étaient vraiment à prévoir parce que certaines scènes sont quand même un peu agressives quand on ne s'y attends pas. J'avais pas envie de dégouter quelqu'un...
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Après avoir lu la première scène j'ai franchement hésité à poursuivre, on va pas se mentir. Je suis une petite âme sensible en vrai aussi x)

Mais bon, je me suis accrochée et je ne regrette pas Smile Vinzent il a ce petit côté Hardcore qui fait sans doute son charme ahah Razz
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Oups, désolé pour la mauvaise surprise Andrew. Tu avais lu le warning ou tu étais passé à côté sans le voir ? Parce que je savais pas trop s'il était assez voyant ou non. J'espère que ça ne t'as pas trop dégouté quand même et merci d'avoir pris la peine de lire ! D'autant plus si le début était dur à apprécier Smile
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Oui oui, je l'ai vu mais t'as pas le choix, une présentation, comme tout, ça se commence par le début ^^'
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Vinzent Geistlicher - Vampire
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