The supremacy of the Muggles ends here.
Voldemort a ouvert les portes de l'Enfer et contrôle le gouvernement anglais. Sa suprématie ne s'arrêtera pas là. Avec la source de la magie noire à ses côtés, il s'apprête à mettre la main sur tous les continents. Son objectif : soumettre les moldus et les traîtes à leur sang. L'aiderez vous dans ce combat ou rejoindrez-vous la coalition internationale ?
RéglementContexteBottinsLes groupesLes créatures jouablesScénarii et Postes vacantsInvités
A savoir
# Juin 97 : Dumbledore meurt par la main de Severus Rogue
# Eté 97 : Voldemort prend le contrôle du gouvernement
# Septembre 97 : La Coalition Internationale reprend du service et une nouvelle année scolaire démarre sous la domination des Carrow
# Décembre 97 : Voldemort redonne sa liberté avec Seytan et passe un pacte avec ce dernier
# Nous sommes en mai 1998
Contexte
C'est une terrible annonce qui secoue le monde des sorciers : Dumbledore est mort, assassiné par Severus Rogue. Le plus grand mage noir de tous les temps en profite pour mettre la main sur le ministère de la magie. Son objectif : purifier la race sorcière et faire des moldus ses esclaves. Mais son empire ne s'étant qu'aux frontières de la bonne vieille Angleterre. Le monde entier doit être nettoyé. Pour cela, Celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom est en quête de la source même de la magie noire. Le Necronomicon, le livre des monstres et des morts, le mène devant les portes de l'enfer, qu'il laisse grandes ouvertes...
Evénements
Ego vero sic intellego, Patres conscripti, nos hoc tempore in provinciis decernendis perpetuae pacis habere oportere rationem. Nam quis hoc non sentit omnia alia esse nobis vacua ab omni periculo atque etiam suspicione belli ?
Duplexque isdem diebus acciderat malum, quod et Theophilum insontem atrox interceperat casus, et Serenianus dignus exsecratione cunctorum, innoxius, modo non reclamante publico vigore, discessit.
Blackout
everything is falling apart

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 Festives rencontres à la fête foraine [Pazuzu + Kyô]

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Pazuzu♦ Kyô Wentz♦

8 mai 1998
L
e soir tombait lentement, le ciel était revêtu de couleurs orangées, avec une nuance de gris, qui annonçait sûrement un mauvais temps. Cela dit ce n’était pas nouveau en Grande-Bretagne. Jamais Pazuzu n’avait vu une région du monde dotée d’un temps aussi gris et humide. Où alors parce qu’il était habitué au climat désertique de l’ancienne Mésopotamie. Enfin, Pazuzu n’était pas ici pour disserter sur la météo. Il avait une sorte de rendez-vous. Il franchit l’entrée délabrée de l’ancienne fête foraine, abandonnée depuis longtemps et qui ne recevait pour visiteurs que quelques personnes désireuses de prouver leur courage ou en manque de sensations fortes, ainsi que des toxicomanes et des dealers qui ne restaient jamais longtemps dans le coin, malgré toute la drogue qu’ils avaient pu consommer, ils n’étaient pas inconscients du danger que représentait la fête foraine la nuit tombée. Il marcha alors parmi les anciens manèges et stands divers aux couleurs autrefois criardes et maintenant défraîchies, avec des clowns, singes, éléphants et autre animaux de cirques peints dont les yeux semblaient étrangement vivants, dont s’émanait une certaine forme de folie, à la fois inquiétante comme si ils cherchaient à sortir du décor pour arracher les yeux des éventuels humains présents ici, mais aussi comme si ils imploraient, cherchaient de l’aide. C’était plus ou moins ce qui avait attiré Pazuzu ici. Le fait que tout les objets semblaient être dotés d’une certaine forme de conscience, comme si la fête était une entité à elle entière et que tout ce qui la composait, du canard en plastique de la pêche au canard, au grand huit et en passant au cheval de carrousel, tout lui appartenait, elle était reine, ils étaient ses serviteurs et les humains étaient le spectacle. Quant à Pazuzu il se considérait comme un invité de marque, venu pour assister à un bon divertissement, sans rien craindre. Il s’arrêta soudain et s’installa sur une licorne, sans corne, d’un violet délavé et dont il ne restait plus que quelques crins sur le caillou. Il agita la main et le manège se mit en marche, avec sa musique de fête foraine brisée. Il sourit amusé, quand il vit que trois jeunes le regardait. Il avaient le teint blafard, les pupilles dilatée et l’un d’eux avait encore son garrot au bras. Il le regardait avec un air stupide, mais aussi admiratif.

«  Et mais vous avez fait comment ? »

Pazuzu décida de les ignorer. Mais pas eux.

«  Et oh, vous m’entendez ? M’sieu ! 
- P’tet que c’est un fantôme ! Le fantôme de la fête foraine !
- Ohoh j’vous cause !
- Laisse tomber Gary, avec c’qu’on vient de prendre faut pas s’étonner ! »

Mais le dénommé Gary ne voulait pas en rester là. Ignorant ses camarades, il grimpa sur la manège qui tournait toujours et s’approcha de Pazuzu. Ce dernier ne pu s’empêcher de grimacer. Gary ne devait pas connaître l’hygiène. Non qu’il y accorde une réelle importance, après tout il pouvait déclencher des vents pestilentiels quand il le voulait, mais l’odeur qui émanait du junkie le dégouttait. Gary agita une main devant le visage de Pazuzu pour voir si il réagissait. Rien. Plus loin ses camarades lui criait d’arrêter,  soudains conscients d’un danger imminent. Puis Gary posa sa main sur l’épaule de Pazuzu. Ce qu’il n’apprécia pas.

« Et le vioc, t’es sourd ou quoi ? T’entends pas quand j’t’ cause ? »

Il leva alors les yeux vers lui. Des yeux qui avaient perdu de leur éclat bleu acier habituel quand il prenait cette forme. Il étaient devenus jaunes, cernés de noir. D’un geste rapide il attrapa Gary à la gorge. Ce dernier vit alors avec horreur la main griffue se refermer autour de sa gorge. Il suffoquait. Il aurait pu l’égorger, mais il voulait lui donner une mort plus lente. Les autres étaient pétrifiés sur place. Puis Gary tomba, inerte sur le sol. Pazuzu siffla. Son serpent apparu, s’enroulant autour de sa jambe. Pazuzu pointa du doigt les trois autres humains. Il ne se fit pas dire deux fois et fondit sur eux, incapables de s’enfuir. Cinq minutes plus tard, ils ne restaient plus rien d’eux, si ce n’est du sang.  
Il continua sa route et alla s’installer derrière un ancien stand de barbe à papa. Il n’oubliait pas pourquoi il était venu. Seytan l’avait prévenu. Il avait donc envoyé un billet au gamin, l’incitant à le rejoindre ce soir, ici même. Enfin il n’avait pas précisé exactement où dans la fête foraine. Le gamin devait donc le chercher en ce moment. En attendant Pazuzu siffla quelques notes à Hampa, sui lui répondit. L’étrange conversation dura quelques minutes, avant qu’il ne l’aperçoive enfin, le cherchant visiblement. Au moment où le garçon passa devant le stand, Pazuzu se pencha vers lui, un grand sourire aux lèvres et prononça d’un air faussement enjoué.

« Tu veux quelque chose gamin ? »

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The Death GameI stand, with both arms, folded, under my chest 'cause I know, I won't stop, 'til I'm the last one left. Fighting 'til I'm dead, eating 'til I'm fed, never gonna stop 'til I catch my breath. Fighting 'til I'm dead, I eat 'til I'm fed and then I'll do it all again.- Tu comptes vraiment y aller habillé comme ça ?
Kyô finit de remonter la fermeture éclair de sa veste, et se tourna vers Alexandros qui le fixait du regard.
- Ouais, lui répondit le jeune homme sans plus d’explication.
- Faudrait que tu penses à quitter ce vieux machin, une fois pour tout. Il y a des trous dans les manches. Tu dois être impeccable, sous tous les angles. Ça fait partie de ta fonction. Seytan ne voudrait pas un fils qui se laisse aller et qui se néglige.
Le regard que lui lança le Dragon signifia clairement qu’il n’en avait rien à faire de ça. Alexandros roula des yeux, exaspéré par l’attitude de son petit protégé.
- Bien, fais comme tu le sens, mais ne viens pas te plaindre des remarques que l’on pourrait te faire.
- C’est toi qui m’a dit que ce type puait la mort et qu’il trainait dans des trucs glauques. Qu’est-ce que ça peut lui foutre si je mets un costume ou une veste à la con.
- J’ai pas dit ça comme ça, premièrement. Et même si c’était le cas, tu dois te montrer parfait fac à n’importe qui…

Un soupir échappa des lèvres de Kyô, interrompant Alexandros dans son discours. Discours qu’il ne connaissait que trop bien. Le vampire ne cessait de le reprendre sur tous ses faits et gestes. Doucement, ça commençait à jouer sur les nerfs du Dragon. Sa situation était étrange et délicate. Parfois, souvent même, il ne rêvait que d’envoyer le vampire paître. Mais il savait aussi que s’il cédait à la tentation, il n’aurait plus de protecteur, plus de personne à qui s’accrocher parmi tous ces démons. Et il savait ô combien il avait besoin d’Alexandros.
Sa petite tournée de visites officielles aux démons n’avait pas commencé il y a longtemps, mais Kyô avait déjà pu avoir un aperçu de réactions en tout genre qu’il pouvait susciter aux partisans Seytan. Certains ne lui avaient adressé qu’un mot, puis été repartis dans leur activité dans une indifférence totale. D’autres ne l’avaient pas quitté des yeux, avec une expression sauvage et inquiétante sur leur visage plus ou moins humain. Alexandros l’avait prévenu : se faire accepter de tous n’allait pas être une partie de plaisir. C’était même plutôt improbable. L’unicité n’était pas vraiment le point fort de tous les démons et autres créatures de Seytan. Les coups bas et la jalousie pleuvaient. Et quoi de mieux qu’un type débarqué de nulle part et proclamé aussitôt comme fils légitime de Seytan – et donc personnage de premier plan dans la hiérarchie infernale. De quoi faire râler plus d’un. Alexandros l’avait suivi dans toutes ses rencontres jusqu’ici, ne voulant pas qu’un trop énervé vienne à blesser – ou pire – son petit protégé. Et Alexandros avait beaucoup plus d’influence et de pouvoir qu’il ne le faisait paraître.
Ce soir encore, Kyô devait rencontrer un nouveau démon. Ce dernier lui avait fait parvenir une note avec le lieu de rencontre. Enfin, un lieu plutôt vague et pas très accueillant si vous vouliez son avis.

- Évite de lui parler à lui comme tu me parles à moi, lui conseilla Alexandros, occupé à remettre en place ses boutons de manchettes. Il n’est pas réputé pour sa patience, ni sa candeur. Alors, pèse bien tous tes mots.
- Ouais, comme tous les autres quoi. Kyô attrapa la petite note et la relut une énième fois. Quelle idée de s’appeler Pazuzu, sérieux ?
- C’est exactement de ça que je parle, lui répondit Alexandros en lui arrachant les mots des mains. Je t’accompagnerai jusqu’au point de rendez-vous, mais je ne te suivrai pas cette fois-ci.
Kyô releva les yeux vers son mentor, soudainement inquiet d’entendre ces mots.
- Pourquoi ?
- Parce que j’ai d’autres choses à faire tout simplement. Il sera seul normalement, je ne crains pas trop pour ta vie, tu devrais bien t’en sortir malgré tout tes défauts.
- Merci bien, ça fait plaisir…
- Et puis, je ne préfère pas trop le croiser. Il est… plutôt malsain…

Kyô leva un sourcil, encore plus inquiet qu’à la minute précédente. Alexandros sembla s’en amuser et s’approcha de son protégé. Trop près selon Kyô qui recula d’un pas, mais buta contre la table derrière lui. Alexandros ne montra aucun signe qui puisse signifier qu’il voyait la gêne de Kyô. A la place, il posa une main sur l’épaule du Dragon et ne se dépara pas de son sourire.
- Prends ça comme un baptême du feu. Tu te jettes seul dans la cage cette fois-ci, mais j’ai confiance en toi.

Kyô ne répondit pas, il avait juste hâte qu’Alexandros lui donne un peu plus d’espace vital. Une fois que ce dernier fut prêt, ils partirent en direction de la fête foraine abandonnée de Londres. Sur le chemin, Alexandros en profita pour lui répéter pour la énième tout ce que Kyô savait déjà.
- Bien, je te laisse là. On se voit dans la soirée ou demain. Et si ça ne va pas, crie et je viendrais à ton secours.

Il lui fit un clin d’œil moqueur, lui tapota la joue et tourna les talons. Kyô resta quelques secondes à regarder la silhouette disparaître puis reporta son attention à l’environnement qui l’entourait. Il déglutit. Les lieux n’étaient vraiment pas accueillants. Il se croyait dans un de ces films d’horreur trop vus. Une grande inspiration plus tard et il affronta le décor terrifiant. Le vent frappait contre les machines abandonnées. Kyô resserra sa veste autour de lui et abattit sa capuche sur sa tête. Les mains dans les poches, il fonçait à l’aveuglette. Il ne savait pas exactement où il trouverait le démon joueur. Une partie de lui espérait même ne pas du tout mettre la main sur lui. Des fois, il apercevait des ombres qui le firent sursauter. Ses chaussures écrasèrent des seringues usagées. Il en venait même à fermer les yeux pour ne plus voir le monde autour de lui.

Puis, un son lui parvient. Un sifflement. Ses yeux s’ouvrirent et il prit rapidement la décision de suivre la mélodie envoutante. Ses sens de Dragon lui donnaient l’avantage d’une ouïe affinée. Au loin, il finit par apercevoir un carrousel. Les jeux grinçaient et tournaient dans une lenteur paralysante. Kyô avança, tout droit vers le manège. Ses pieds frappèrent des flaques de sang qui baignaient le sol. Il évita de trop y penser et laissa son mode automatique prendre le dessus.

Ce ne fut que lorsque Pazuzu se pencha vers lui que Kyô le vit enfin. D’ailleurs, cette petite surprise ne le laissa pas de marbre et il crut faire un arrêt cardiaque. Mettant enfin un visage sur le nom, il comprit pourquoi Alexandros avait évité le rendez-vous. Ce mec était flippant. Vraiment ! Malgré tout, Kyô se força à sourire. Pas un sourire franc, mais c’était déjà ça. Il se retint tout de même de lui tendre la main. Un bonjour de loin suffirait.

- Pazuzu, je ne me trompe pas ? Enchanté… J’ai entendu… beaucoup de choses sur vous.
Intimidé, mais surtout gêné, il commença à dodeliner de la tête en se mordant les lèvres.
- C’est moi, Kyô, le fils reconnu de Seytan. Je viens me présenter à vous officiellement pour…euh…pour… me présenter…
Bordel, pourquoi il n’avait pas été plus attentif à la manière de faire d’Alexandros.
- Beau sens de la mise en scène, d’ailleurs.

Le compliment, c’était pour briser la glace, mais Kyô était plus inquiet qu’autre chose. Alexandros s’était peut-être fourvoyé. Il n’était pas prêt à faire ça tout seul. Pas avec un mec aux allures aussi angoissantes.
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Pazuzu ♦ Kyô Wentz

8 mai 1998
I
l observa le gamin, dont il ne se souvenait plus exactement du nom, qui n’avait pas l’air très à l’aise. Enfin ce n’est pas comme si il mettait les gens à l’aise. Les seuls qui ne s’étaient jamais sentis mal à côté de lui étaient des personnes tout aussi dérangées que lui. Néron par exemple, l’avait accueillit en ami dans son palais, la Domus aurea, le Maison Dorée, après le célèbre incendie de Rome, dont Pazuzu et Néron n’étaient pas étrangers à cet événement.
Il resta de marbre, fixant de ses yeux bleus acier le fils de Seytan. Il ne savait pas quoi penser de lui. Il savait que Seytan avait d’autres rejetons dispersés au quatre coins du globe, mais il ne s’était pas vraiment intéressé à eux jusqu’à présent. Ce n’était que par le biais d’autres démons que Pazuzu avait appris que le gamin voulait se faire accepter et les rencontrer.
Il sourit devant son embarras.

« Merci du compliment Tryô – il marqua une petite pause – de toutes les façons il ne servaient pas à grand-chose. Comme la plupart des humains. Trop faibles et sans intérêt, sauf pour s’amuser. Enfin certains sont pas mal, je suppose que t’a déjà entendu parler de Néron ? Lui il avait de l’intérêt. Et toi t’es ici pour me prouver que t’en as. »

Hanpa, qui était resté à ses côté, fixait Tryô ou Kyô, il ne se souvenait plus, de ses yeux jaunes avec méfiance, dardant sa langue. Pazuzu siffla et aussitôt son animal de compagnie se calma, puis alla onduler en direction du gamin pour l’observer de plus prêt.

« Ne t’inquiète pas il a déjà eu son dîner – il désigna les flaques de sang – il apprécie ton odeur on dirait. Bel endroit pour un rendez-vous non ? »

Pazuzu aimait bien passez du coq à l’âne, juste pour déstabiliser l’interlocuteur. Il sourit, dévoilant des dents de travers, légèrement plus pointues que la moyenne, la mention de « rendez-vous » l’amusant. Aucune personne saine d’esprit n’aurait accepter de venir ici, mis à part les dégénérés ou les toxicos comme la bande qu’il venait de décimer. Même la police n’osait pas venir ici pour arrêter les petits dealers ou consommateurs.
Le gamin l’intriguait. Déjà parce qu’il était le fils de Seytan. Et que son apparence ne lui permettait pas de le déchiffrer complétement. Et parce qu’il était venu ici, alors que Pazuzu se traînait une réputation qui n’avait rien de flatteuse. Enfin pour certains. Du moment qu’on le craignait, on pouvait dire ce qu’on voulait de lui, il s’en moquait mais si on venait à remettre e doute ses capacités ou l’humilier… Il repensa à Lahel qui l’avait expulsé du corps de Lucia et son regard s’assombrit, oubliant le gamin. Puis il posa à nouveau son regard sur lui, ses yeux mettant plus de temps à retrouver leur teinte habituelle.

«  Suis moi, je t ‘ai préparé une surprise. »

Il se leva et commença à avancer, Hanpa glissant derrière lui, il prit à peine le temps de savoir si le gamin le suivait. Il passa devant ce qu’il restait des corps des junkies et se dirigea vers un autre stand, celui où on vendait autrefois des peluches. Il y avait une petite cabine dans le fond. Pazuzu ouvrit la porte, révélant un jeune garçon, ligoté comme un saucisson, le teint blafard, les mains et la tête couvertes d’hématomes, comme si il avait tenté d’enfoncé la porte. Son pantalon était trempé, il était là depuis plusieurs heures et malgré la faible lumière, il plissa les yeux, comme aveuglé. Pazuzu l’avait attrapé la veille et l’avait gardé enfermé dans la cabine. Il avait même faillit oublier son existence, la venue du gamin lui ayant fait rappeler l’existence du jeune drogué. Il l’attrapa par le col et le lança sans ménagement aux pieds du fils de Seytan.

« Amuse toi avec. Prouve moi que t’es bien des nôtres. »

Il observa la scène avec intérêt. Il attendait beaucoup du fils de Seytan. Bien sûr il ne pouvait pas trop le malmener, parce qu’il se doutait que Seytan n’apprécierait pas qu’il embête un peu trop son fils et qu’il ne connaissait pas l’étendue des pouvoirs du gamin. Il n’avait pas envie de repasser des années à se remettre de ses blessures ou pire d’être humilié à jamais.

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Lorsque Pazuzu lui répondit pour la première fois, le Dragon tâcha de garder une expression neutre, pour ne pas montrer la pression interne qui le paralysait en partie. Il tiqua une fois qu’il eut fini. Lui prouver sa valeur ? Il resta toutefois silencieux, préférant attendre la suite des événements. Son regard alla jusqu’à l’animal qui commençait à ramper sur le sol. Il ne recula pas. Ne pas montrer que t’as peur, Kyô, sinon, ils ne feront qu’une bouchée de toi.

- Il parait qu’on a des gênes en commun, ça doit être pour ça qu’il m’aime bien, ironisa Kyô dans l’optique de casser l’ambiance angoissante dont on ne pouvait apparemment pas échapper en présence de Pazuzu.

En l’absence d’Alexandros, il se trouvait que Kyô ne savait pas vraiment trop s'y prendre. Voilà, ils s’étaient rencontrés. Il pouvait faire demi-tour maintenant ? Il n’avait pas grand-chose à lui dire et ce ne devait pas être quelqu’un qui appréciait les conversations banales sur la pluie et le beau temps. Bref, le jeune Dragon se creusait déjà la cervelle pour trouver un sujet de conversation convenable, mais il n’en eut pas le besoin.

Ses yeux se plissèrent. Dans la gorge de Pazuzu, ces mots n’avaient rien de rassurant et Kyô fut pas mal interloqué. Pendant un instant, il hésita même à le suivre. Sait-on jamais quelle surprise malsaine il lui avait préparée. Et Kyô, de base, n’aimait pas ça, les surprises. Après quelques secondes d’hésitation assez rapides, il prit la décision de suivre les pas du démon. Faire demi-tour le mettrait à jamais au rang de couard. Il n’en était pas un et il voulait le prouver. Se balader dans ce lieu avec ce démon à ses côtés n’était vraiment pas une partie de plaisir. Surtout lorsqu’un serpent vous distance de quelques centimètres. C’est pourquoi Kyô faisait attention à laisser une distance raisonnable entre Pazuzu et lui. C’était plus psychologique qu’autre chose, mais ça avait le don de le rassurer un peu. La vision de la cabane ne l’enthousiasma pas beaucoup plus. Au moins, dehors, il pouvait prendre la poudre d’escampette plus facilement. Être coincé dans un endroit clôt et aussi petit avec un malade comme lui et son serpent domestique, très mauvaise idée. Mais encore une fois, sa fierté prit le dessus. Il entra d’un air décidé.

Il tomba nez à nez avec un gamin plus jeune que lui. Ses yeux glissèrent vers Pazuzu alors que sa mâchoire se serra. Il le jaugea pendant un moment avant de revenir vers le mec saucissonné à ses pieds. La contemplation fut longue. Mais Kyô ne dit mot. Il s’approcha du jeune garçon dont les joues étaient souillées de larmes. Du regard, il le suppliait de l’épargner. La détresse était lisible sur chaque trait de son visage.

- S’il vous plait… pitié… c’est un fou… aidez-moi…

La voix du prisonnier ne résonnait presque pas. Il avait sans doute dû hurler à la mort pendant un moment et ses cordes vocales n’avaient plus la force d’en faire plus. Et dans un lieu abandonné comme celui-ci, il n’avait presque aucune chance d’être entendu. Comme pour s’assurer d’un fait, il releva la manche du garçon et repéra plusieurs traces de piqures. Un drogué. Kyô se releva dans un mouvement presque mécanique. Puis un sourire s’étira sur ses lèvres. Non pas un sourire de joie, d’excitation, d’envie ou quoi que ce soit dans ce sens-là. Un sourire mauvais, froid, sans âme. Ce genre de sourire qu’on ne préfère pas voir sur le visage de quelqu’un. Ce genre de sourire qui n’annonce rien de bon. Les larmes du gamin s’écrasèrent de plus belle sur le sol. C’en était fini de lui.

- Tu te fous de moi ?!

Le ton était tout aussi froid que son sourire. Sa tête se tourna vers Pazuzu et ses yeux plutôt clairs d’ordinaire étaient dorénavant noirs de colère. Le masque tombait. De toute façon, il avait toujours été mauvais comédien et son caractère était trop prononcé pour être étouffé. Il fit un pas vers Pazuzu, la tête légèrement penchée.

- Tu te prends pour qui ? J’ai rien à prouver à qui que ce soit. Le seul qui serait en droit de me demander ça, c’est Seytan. Et à ce que je sache, t’es pas mon père. Il se rapprocha un peu plus de Pazuzu, comme pour asseoir une autorité qu’il venait d’acquérir. Je suis pas ta putain de marionnette ni ton jouet de la soirée, okay ?! Si tu veux planter des types, t’as clairement pas besoin de moi pour ça. C’est pas en butant un pauvre type accro à l’héro que tu vas dorer ton blason.

Kyô secoua la tête. Des tas de mots, d’injures, lui venaient à l’esprit et il était dur pour lui de ne pas les prononcer. Pazuzu avait réveillé une colère qui sommeillait en lui depuis un moment : celle d’être manipulé. Alexandros le menait toujours à la baguette, Seytan se servait de lui dans ses intérêts. Depuis qu’il était avec eux, Kyô ne se souvenait pas d’avoir eu l’impression de ne pas avoir des ficelles... qu’on tirait. Pazuzu n’allait pas être un de plus sur la liste des personnes qui le faisaient danser. Ca non. Et puis, c’était lui, le fils de Seytan. C’était lui qui avait ce statut si particulier. Il n’avait d’ordre à recevoir de personne. Ni de Pazuzu, ni d’Alexandros. Après tout, il n’y en avait que 5 des créatures comme lui. Ouais, Pazuzu était sûrement unique dans son genre, mais il balaya cette information de son cerveau.
Mais surtout, Pazuzu venait de le mettre devant l’une de ses contradictions. Jamais, il n’avait tué. Il avait toujours repoussé ce moment. Et en vérité, il ne savait pas s’il en était capable, s’il en avait envie aussi. Dans ce gamin au sol, il ne voyait qu’un type un peu paumé qui n’avait rien demandé. Pas de quoi le bousiller. Au contraire, ça éveillait chez lui plus de pitié que d’envie de meurtre. Et c’était pas bon. Parce qu’il savait qu’un jour il devrait y passer. Sinon, il ne deviendrait jamais l’un d’eux et perdrait tout. Absolument tout ce qu’il avait.

- Laisse-le partir.

L’ordre était sans équivoque. Kyô voulait fuir encore un peu l’inévitable, donner un sursis à sa conscience encore humaine.

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Pazuzu ♦ Kyô Wentz

8 mai 1998
U
n sourire sadique se dessina sur le visage du démon, laissant apparaître partiellement véritable visage. Il n’attendait qu’une chose, c’est que le gamin qu’il ,avait enfermé souffre encore plus. Il ne vivait que pour la souffrance des autres. C’était une délectation pour lui. Ses yeux se posèrent du gamin à Kyô plusieurs fois, comme si il suivait un match de tennis. Kyô allait-il se montrer digne de son père Seytan ? Il attendait.  Aussi, quelle ne fut pas sa surprise quand il vit un sourire froid sur son visage, un air assez menaçant, lui rappelant étrangement, et aussi désagréablement Seytan lorsqu’il était en colère. Il cligna des yeux, surpris et faillit avoir un mouvement de recul, mais se retint. Il ne voulait pas perdre la face devant ce gamin. Pourtant, plus il s’approchait de lui, plus il se sentait menacé. Il refusait de tuer le gamin. Il se permettait de le contredire, de l’insulter. De lui donner des ordres. Personne à part Seytan ne se permettait de le faire. Il était le roi des démons du vent (le seul d’ailleurs). Il lui suffisait d’un claquement de doigts pour lancer une épidémie sur une ville entière et d’un battement d’ailes pour qu’une tempête se déclenche. Il était puissant. Les humains le craignait tout comme d’autres créatures de Seytan. Ce n’était pas un gamin comme lui qui allait faire la loi. Mais il était le fils de Seytan et il ne voulait pas le contrarier. Enfin Seytan surtout.  Il grimaça et lança un regard assassin à Kyô.

« Tu sais à qui tu t’adresse au moins ? Tu es peut-être le fils de Seytan mais si tu t’imagines m’impressionner, tu te trompes. Que je libère ? Mais bien sûr ô fils de Seytan ! - il claqua des doigts et les cordes qui emprisonnaient le gamin disparurent. - de toutes les façon ce toxico finira bien par crever. »

Intérieurement Pazuzu fulminait. Il avait du céder pour cette fois ci parce qu’il voulait pas se créer trop d’ennuis. Mais son caractère arrogant en avais pris un coup. Et Pazuzu n’était pas connu pour être quelqu’un de pacifique et de patient, loin de là.

« Oh moins tu m’a prouvé que tu avais du cran. Mais fils de Seytan ou pas, personne ne me donne des ordres ou ne me contredit, c’est bien clair ? Je suis capable de choses tellement horribles que tu tes nuits ne seraient peuplées que de cauchemars. »

Sa colère prenait le dessus. Son visage changeait pour laisser place à un visage qui n’avait plus rien à voir avec l’humain. Ses ongles ses transformèrent en griffes. Il ne pouvait pas prendre sa forme originelle ici, du moins pas tout de suite, mais au moins il pouvait avoir un semblant d’avantage.
Le gamin courrait à toutes jambes pour échapper à ce qu’il voyait, du mieux qu’il pouvait. Il tendit la main vers Kyô et l’attrapa à la gorge. Des mots, d’une langue morte depuis longtemps et que Pazuzu avait appris sur le territoire de la Mésopotamie sortirent de sa bouche, mêlés à un râle. Il fixa Kyô dans les yeux. Il lui montra, par le biais de son esprit, un village balayé par un vent violent qu’il avait déclenché. Puis le corps décharné, les ongles manquants, les yeux exorbités et le crâne dont les cheveux avaient été arrachés par poignées et la bave coulant de la bouche d’un humain qu’il avait posséder autrefois, luttant en vain contre lui, tandis que des prêtres essayaient de le faire sortir. Il lui montra le corps effectuant des génuflexions à une vitesse surhumaine et adressant un sourire mauvais aux prêtres, dont les dents tombaient unes par unes pour laissait un sourire ensanglanté et édenté. Un meuglement sortant de sa bouche ouverte.
Puis Pazuzu relâcha Kyô. Il n’avait toujours pas repris son apparence humaine. Sa voix était plus forte, plus grave mais aussi légèrement éraillée, comme si il avait passé sa vie à fumer et à boire.

« Tu vois dont je suis capable ? Ce que j’inflige ? Je pourrai le faire à toute cette ville. Je pourrai le faire au monde entier si je le voulais. Je suis puissant. J’ai vécu plus longtemps que toi pour me faire une place dans ce monde. Les humains me connaissent. Il me craignent. Toi ils ne te connaissaient pas encore et auront sans doute du mal à te craindre. Du moins avant longtemps. Si tu veux montrer que tu es digne de ton père, il va falloir te montrer plus cruel. »

Ce que Pazuzu semblait oublier, c’est que Kyô était le fils de Seytan et qu’il avait hérité d’une partie de ses pouvoirs mais aussi qu’il était le fils d’Asmar. Il était l’incarnation d’une dualité, le bien et le mal qui ne lui donnait pas une personnalité toute tracée. Mais Pazuzu était arrogant, il oubliait bien vite ces choses là. Et cette confrontation lui remémorait d’une certaine façon son combat contre Lahhel. Une de ses seules défaites, mais la plus humiliante à ses yeux. Il s’était promis que ça ne recommencerait pas. Sa rancune contre l’archange était encore très vive et il la transmettait d’une certaine façon sur Kyô, qui la lui rappelait.  

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The Death GameI stand, with both arms, folded, under my chest 'cause I know, I won't stop, 'til I'm the last one left. Fighting 'til I'm dead, eating 'til I'm fed, never gonna stop 'til I catch my breath. Fighting 'til I'm dead, I eat 'til I'm fed and then I'll do it all again.Malgré toute sa fébrilité interne, Kyô voulait se montrer le plus droit et le plus stricte possible devant Pazuzu. C’était tellement pas crédible, pour lui. Pourtant, il crut prendre l’avantage sur le démon. Il ne montra aucun signe d’étonnement, désireux de garder l’autorité qui luisait dans ses yeux. Le moins que l’on puisse dire fut que Pazuzu n’avait pas l’air ravi de la réaction du dragon. Rien de surprenant là-dedans et Kyô ne s’était pas attendu à autre chose. Cependant, il n’avait pas imaginé que cela fut si facile. Pazuzu libéra le gamin, comme le dragon le lui avait ordonné. Kyô ne bougea pas. Il restait là, debout, à défier Pazuzu du regard. Il avait surtout l’impression que s’il faisait le moindre mouvement, son impression de puissance éclaterait comme du verre brisé.

Pas besoin de ça, pour que son impression si rassurante s’évapore aussi aisément qu’elle était apparue. Le visage de Pazuzu, devant lui, prenait une autre teinte, ses traits se déformèrent. Bientôt, Kyô eut l’impression d’être devant un homme-reptile, ce qui ne devait pas être si loin de la vérité. Il plissa les yeux face à ce spectacle peu ragoutant. D’ailleurs, il sentit ses organes vitaux le forcer à se détourner, à suivre le drogué survivant du piège de l’ententité démoniaque. Ce fut un exploit de ne pas répondre à l’appel hurlant de son corps à sortir de la cabane. Quelque chose au fond lui disait de rester toujours aussi droit, comme si le test n’était pas fini. Depuis qu’il avait été reconnu par Seytan, Kyô se sentait évoluer dans un test en permanence.

Malgré la situation désagréable, il était bien décidé à faire face, jusqu’à ce que le démon l’attrape à la gorge. Son visage inexpressif se tordit dans un élan de stupeur et d’angoisse. S’il n’avait pas su que c’était impossible, il aurait été persuadé de sentir son estomac tomber à ses pieds. Ses propres mains s’accrochèrent au bras de Pazuzu, dans l’espoir de contenir leur écart, mais la force du démon était bien plus puissante que laisser penser son aspect humain, qu’il n’avait toujours pas récupéré. Et puis, Kyô n’en eut pas la force longtemps. Des images, des tas d’images, se bousculèrent derrière ses yeux. Des scènes qu’il n’avait lui-même jamais vues, mais dont il devenait le témoin non désiré. Perturbé par toute la souffrance, toute la déchéance, le sang, le charnier, la pression des doigts de Kyô disparu rapidement. Fermer les yeux n’empêchait pas les visions atroces de s’imprimaient sur sa rétine, de se faufiler dans son système nerveux et de s’implanter définitivement dans la zone du cerveau réservée à la mémoire. Non, jamais il n’oublierait ça. Il pouvait même imaginer l’odeur de ses corps décharnés, démembrés, ensanglantés. Au moins que ce fut Pazuzu à l’origine de l’effluve désagréable qui harcelait ses narines. Enfin, le démon le lâcha et Kyô fit automatiquement plusieurs pas en arrière, jusqu’au sentir la paroi moisie de la cabane contre son dos. Ses mouvements n’étaient plus aussi réfléchis et sa main droite vint se poser sur son cœur, en proie à une accélération surprenante.

Le dragon jeta un regard haineux au démon, empreint tout de même d’une certaine peur et d’un respect indéniable. Une fois les battements du cœur ralentis, Kyô ne put contenir un accès de colère et il envoya son pied dans un outil abandonné. Les mots de Pazuzu lui allaient droit au cœur, parce qu’ils étaient vrais. Ils étaient tout ce qu’il essayait de se cacher, mais ils reflétaient la réalité de son désormais quotidien.

- Je sais tout ça, JE SAIS, finit-il par hurler, ne réussissant plus tout à fait à se contenir. T’es plus grand, plus vieux, plus fort, plus puissant, plus redouté, merci j’avais bien compris ! Pas besoin de faire ton petit numéro.

Sa colère lui avait donné un nouveau souffle, une nouvelle adrénaline, qui lui fournissait des idées soudaines qui sur le moment lui semblaient bonnes.

- Faut que je devienne aussi puissant que toi, pour me faire respecter. Mais je ne sais pas si je suis prêt. Si je suis prêt à éventrer des types juste parce qu’ils étaient au mauvais endroit au mauvais moment. Ça fait que quelques mois que je sais ce que je suis. J’ai toujours vécu comme un putain d’humain jusqu’ici, alors faudra faire avec. Il me faut le temps.

C’était surtout le doute sur ses propres capacités qui le perturbaient, d’autant plus lorsqu’il se trouvait à un démon pareil. Il ancra son regard dans celui de Pazuzu. Oui, en butant le gamin, il aurait pu s’accaparer son respect et il avait sûrement foiré sur ce coup. Mais même en y réfléchissant, il ne se sentait toujours pas capable d’aller au bout. Le temps l’aiderait sûrement. Et un coup de pouce aussi.

- Ça irait peut-être plus vite… si tu me disais comment tu fais, toi ?

Il n’avait même pas la prétention d’un jour arriver à la cheville de Pazuzu. Il ne maîtrisait même pas sa magie ni sa forme de dragon comme il le voudrait. Il avait un jour eu des amis humains, une famille humaine. Et c’était tout ça qu’il n’arrivait pas à se sortir de la tête.

- Pourquoi tu fais ça ?

La question était sincère, un peu trop même. Elle était sortie avant même que Kyô ne puisse l’analysait. Si Pazuzu lui expliquait alors peut-être que Kyô pourrait effacer ses craintes et ses doutes. Il devait oublier qui il avait été jusque-là, c’était le seul moyen qu’il voyait.



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uand il le relâcha enfin, Pazuzu repris petit à petit l’apparence du vieil homme qui lui servait de couverture dans ce monde. Une expression glaciale sur le visage, il l’observait, fasciné, écoutant son petit discours, le regardant, à la fois apeuré, mais aussi en colère. C’était surtout la colère qu’il sentait. Il ne connaissait pas toute l’histoire de Kyô. Tout ce qu’il savait c’était qu’il avait été élevé par des humains, des sorciers au Japon ou en Chine, enfin un pays d’Asie et qu’il avait découvert sa  véritable nature que récemment. Il vivait aux côté d’un vampire, Alexandros qui lui servait de guide. Mais Pazuzu compris qu’il avait réveillé quelque chose dans le gamin. Une colère, accumulée depuis des années. Il ne pouvait plus se contenir, elle explosait, sans blesser autre que lui même. Pazuzu finit par sourire. Il aimait faire peur, plus qu’autre chose, mais faire ressortir de mauvais sentiments aux humains était encore plus plaisant. Il s’approcha de Kyô, plus lentement, moins menaçant que quelques minutes auparavant.

« Doucement petit, tu vas faire exploser ton propre cœur a t’égosiller comme ça ! »

Pour un peu, il aurait pu ressembler à un vieux grand-père sage qui donnait une leçon de vie à son petit-fils. Mais personne n’aurait voulu de lui comme grand-père.

« Calme toi. Je sais qui tu es et comment tu as vécu. Tout comme j’ai vécu parmi les humains pendant un assez long moment pour te dire à quels point ils sont faible. Tout ce que je viens de te montrer… mes pouvoirs, mon œuvre… . Tout ça aurait rendu fou un humain ou dans le meilleur des cas l’aurai tué. Toi non. Tu n’as pas aimé mais tu es toujours toi même. Preuve que tu n’es pas si faible ni aussi inintéressant. »

Il fit une pause, pensif. Le gamin avait du cran. Le défier de la sorte, peu en étaient capables. Il n’aimait pas ça. Mais ça lui donnait un adversaire ou une victime intéressante.
Et les questions soulevées étaient assez intéressantes. Parce que Pazuzu n’y avait jamais songé avant.

« J’avoue que tu m’étonnes. Pourquoi et comment ? Je suis fait comme ça c’est tout. C’est Seytan, le dragon noir qui m’a créer. D’une certaine manière il est mon père à moi aussi. Je suis né de l’essence du mal. Je sais que certains humains refusent de voir le monde de manière manichéenne, mais c’est comme ça qu’il a été crée, le bien le mal, le blanc le noir, tu connais l’histoire.
J’aime faire ça, c’est ce qui me définit. C’est ce qui me nourrit. Je suis incapable de gentillesse parce que Seytan en a décider ainsi. Je suis l’incarnation du mal, comme d’autres démons. Tout ce qui touche à l’autre – prononcer le nom d’Asmar à voix haute lui faisait le même effet que des paroles d’exorcisme professées par un certain archange – me nuit d’une certaine façon. Les humains ont toute cette dualité entre eux et certain en expriment plus une autre que d’autres. Pour ceux qui sont, disons bons, purs je ne peux pas expliquer. Les autres ne sont qu’un vulgaire mélange des deux dragons. Mais les mauvais comme les humains disent, eux embrasent totalement ce côté maléfique, démoniaque qui sommeille en eux. Ils n’ont pas peur. C’est pour ça que certains éprouvent un grand plaisir à tuer, à faire du mal. Et c’est notre rôle à nous, démons, de faire en sorte de les pousser. Tu penses qu’ils auraient pu le faire seul ? Non, ils sont trop faibles. Tu penses que l’incendie de Rome c’est déclenché par la seule volonté de Néron ? Ou que Hitler a imaginé tout seul cette épuration raciale ? Non, j’étais là pour les pousser à le faire. A les faire devenir plus qu’humains. »

Un bien long discours pour un démon. Trop philosophique. Mais le gamin avait les réponses à ses questions au moins.

« Je peux t’aider si tu veux. A y arriver comme tu dis. Si tu ne veux pas, tant pis. Mais sache que tu as du potentiel. Tu sens toute cette colère ? Utilise là, au lieu de la refouler comme les humains. Tu parviendra mieux à te contrôler sous ta véritable nature et tu seras bien meilleur. Conseil d’ami. »
Il n’était pas son ami, mais Pazuzu avait envie de faire quelque chose de nouveau, maintenant qu’il s’était bien amusé. Après tout les fêtes foraines étaient faites pour ça. Mais il pouvait continuer le jeu autrement.   

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The Death GameI stand, with both arms, folded, under my chest 'cause I know, I won't stop, 'til I'm the last one left. Fighting 'til I'm dead, eating 'til I'm fed, never gonna stop 'til I catch my breath. Fighting 'til I'm dead, I eat 'til I'm fed and then I'll do it all again.Les mots qu’Alexandros lui avait dits au cours de leurs nombreuses conversations avaient eu du poids sur Kyô. Ils l’avaient influencé, lui qui était bien plus manipulable qu’il ne voulait le croire. Lui qui désirait seulement comprendre une bonne fois pour toutes qui il était. Alexandros l’avait un peu façonné. Pas totalement, bien sûr, mais avait eu quelques victoires sur l’esprit parfois robuste du Dragon. Néanmoins, beaucoup de choses lui restaient encore incontrôlables chez le Dragon.

Pazuzu, lui, venait de casser quelques murs supplémentaires. Avec seulement quelques mots, un discours bien placé, il venait de replonger Kyô dans les doutes qui ne le lâchaient plus. La vérité était devant ses yeux. Il n’était pas comme Pazuzu. Kyô, lui avait du sang d’Asmar dans ses veines. C’était sûrement ce qui faisait toute la différence. Là où le démon était programmé à faire le mal, Kyô lui n’y voyait que des doutes, du regret ou des remords en fonction de ses choix. Il n’avait toujours pas ce déclic qu’Alexandros aimerait tellement lui voir prendre. Et c’était bien ça son problème à Kyô. Une part de lui voulait devenir comme eux. Pourquoi ? Lui-même ne saurait donner une réponse claire.

Et la colère que Pazuzu avait perçue, elle était là depuis des années. Depuis sa naissance. Comme si le sang de Seytan se rebellait en permanence, voulait prendre le contrôle et souhaitait le voir lâcher prise. C’était peut-être de ça que le démon des vents lui parlait. Peut-être avait-il raison. Cette colère, c’était une sorte de don, l’héritage de Seytan. Peut-être avait-il plus de Seytan que d’Asmar en lui. Quoi qu’il en soit, il lui semblait que Pazuzu avait plus le potentiel d’un fils de Seytan que lui-même. Et ça aussi, c’était frustrant. Car Seytan avait décidé de créer Pazuzu. Kyô n’était qu’un effet collatéral d’une guerre fraternelle. Toujours cette impression de ne rien maîtriser. En tous les cas, ce n’était pas les forces d’Asmar qui lui donnait la possibilité de s’épanouir, de se trouver lui-même. C’était Alexandros, Seytan et tous ceux qui ne voyaient pas en lui un ver de terre à écraser. Et si tout simplement, les démons étaient là pour faire ressortir la véritable nature de chacun. La nature était mauvaise, certes, mais elle restait vraie, finalement.

Pris dans un tourbillon de pensées philosophiques et idéologiques, Kyô essayait de mettre le doigt sur ce qu’il pensait vraiment. À part sa colère, il ne connaissait finalement rien d’autre. Cette colère qui était parfois difficile à porter, alors que d’autres fois, elle lui apportait du plaisir lorsqu’elle s’abattait sur le premier venu. Est-ce que ce n’était pas ce qu’il voulait ressentir en tout temps, cette impression de puissance et de délectation sauvage ? Cette idée avait quelque chose de plaisant, vraiment. Mais comme à son habitude, une autre partie de lui, lui soufflait que ce n’était pas la solution. Mentalement, il envoya paître cette petite voix. Pazuzu lui montrait là un chemin qui le tentait bien.

- Dis-moi tout, lui répondit-il. Je veux la contrôler ou m’en servir comme il faut. Je veux être le digne fils de Seytan. Par contre, je ne serais sans doute pas capable d’épauler Hitler ou Néron.

Je veux la contrôler, cette putain de colère. C’était les mots qu’il pensait, mais qu’il n’arrivait pas à sortir, les trouvant ridicules sous son palais.

- Il est sans doute trop tard pour rattraper le junkie et c’est encore trop… tôt, pour juste le buter, comme ça.

Il lui fallait de la colère. C’était ça son essence et c’était lorsqu’il l’utilisait pour se défouler qu’il se sentait le mieux. Finalement, cette rencontre avec Pazuzu se trouvait être plus enrichissante avec toute la flopée de cirage de pompes qu’il avait dû réaliser avant ça.
Kyô se redressa, lui certifiant d’un geste qu’il était prêt à entendre ses conseils, et même à s’y soumettre. Avoir un tel démon comme mentor avait quelque chose comme mentor avait quelque chose d’angoissant, mais aussi d’étrangement intriguant. Il avait déjà pu voir ses méfaits, mais il ne doutait pas que le démon fut capable de bien des choses horribles dont il se ne les imaginait même pas.

- Je sais pas comment tu comptes t’y prendre pour m’aider. Mais si tu veux, j’ai une petite liste de personnes que je ne porte pas dans mon cœur. Tu pourras même t’y donner à cœur joie. À moins que tu pensais à autre chose ?


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L
e démon observa le fils de Seytan, l’air impassible. Il ne savait pas ce qu’il se passait dans sa tête mais il avait l’air bien perturbé, comme si des milliers de questions et d’émotions différentes lui passaient par l’esprit et le mettait en confusion. C’était quelque chose qu’il n’avais jamais compris chez les humains, même si techniquement Kyô n’était pas un humain. Il avait du mal à comprendre comment des êtres aussi faibles pouvaient ressentir autant d’émotions sans exploser… surtout des choses aussi contradictoire que la haine et l’amour par exemple. Combien de fois avait-il vu, entendu des humains tuer leur moitié parce que celle ci venait de leur briser le cœur ?  
Lui était un démon, il était fait pour ne ressentir que la haine, la colère et la violence. Si il se montrait très rarement compatissant, c’était parce qu’il n’aimait pas être ennuyé ou qu’il y était forcé. Aussi étudiait-il Kyô comme une expérience scientifique, curieux de savoir comment se dernier faisait, même si il doutait fortement comprendre totalement les humains un jour, ce qui n’était pas son but.

« Voilà que tu deviens raisonnable, c’est bien mon petit. Mais sache que ce ne sera pas facile. Et que je ne suis pas patient. - il sourit à la mention du junkie – au pour lui ne t’inquiète pas, je peux te le ramener sur un plateau d’argent en un rien de temps ! »

Le dit junkie continuait de courir avec difficulté, les membres encore ankylosés par sa nuit dans ce placard. Traumatisé, désorienté et en crise de manque, il ne savait pas du tout où aller. Il savait où se trouvait la sortie mais il n’arrivait pas à l’atteindre. Un tour de l’espèce de magicien démoniaque qui l’avait enfermé ? Il trébucha sur une bosse et tomba à plat ventre dans le sol terreux, se salissant encore plus. Il se releva tant bien que mal, tremblant. Et si tout ça n’était que du à la drogue ? Un mauvais trip, des effets secondaires ? Pourtant il avait bien été ligoté et ensuite le vieux avait claqué des doigts et les cordes avaient disparues. De la magie ? Non ! Ça n’existait pas, c’était pour les mômes ! Il continua de courir vers la sortie quand quelque chose le fit à nouveau trébucher. Il sentit quelque chose de froid s’enrouler doucement autour de ses jambes. Il jeta un coup d’oeil et se mit à hurler. C’était un serpent, énorme, monstrueux, qui le fixait de ses yeux vitreux. Aussi vite que le serpent l’avait enserré, il se détacha de son corps, puis il se dressa, comme prêt à frapper, la gueule ouverte dévoilant des crochets puissants, émettant un sifflement rageur et les planta dans sa jambe. Hurlant à nouveau le junkie se sentit traîné sur le sol, se cognant contre les irrégularités du sol à toute vitesse, le serpent filant entre les attractions avec une  fluidité déconcertante pour venir se planter devant le vieux et le jeune homme qui avait demandé à ce qu’on le laisse partir. Il retint sa respiration, comprenant qu’il n’en n’aurait plus pour longtemps.

« Bon ce n’est pas exactement un plateau d’argent mais Hanpa fait du bon boulot – il lui caressa la tête avec affection – n’oublie de lui laisser un morceau pour le récompenser ! - Tu peux t’amuser avec lui comme bon te semble, ça sera une première leçon pour canaliser ta colère. Visualise là en lui – il désigna le junkie comme si il était une saleté insignifiante – tout ce que je te demande, c’est de ne pas verser trop de sang, ça  c’est un bon exercice. - il sourit, essayant de visualiser la scène. - quand aux personnes que tu ne portes pas dans ton coeur, donne moi la liste, je me ferrai un plaisir d’effacer quelques noms dans la mesure du possible. Ça fait longtemps que je ne me suis pas amusé. »

Et il avait bien envie d’en posséder un pour faire venir un certain archange et obtenir sa revanche. Il savait ce qui l’attendait maintenant, il saurait se protéger, même si avouait que l’archange était un bon adversaire, tant mieux, cela rendra la vengeance et la victoire plus savoureuse.   

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Et ce qu’Alexandros lui avait montré ces derniers temps était assez plaisant. Plus d’une fois, il avait ressenti une pointe de jalousie en voyant toutes ces créatures qui prenaient à bras le corps leur existence, qui jouissaient sans vergogne de chacun de leur jour, sans se soucier des conséquences. En soi, sa propre colocataire Tally, était aussi tombée dans ce plaisir quotidien outrancier. Ça avait l’air si simple de la rejoindre. Pourtant Kyô n’y arrivait pas. Pazuzu serait peut-être celui qui ferait enfin sortir le véritable lui, cette part qui jouait avec ses nerfs, qui le rendait irritable en permanence. Alexandros n’avait cessé de répéter que s’il était toujours dans un état de rage interne, c’était parce qu’il intériorisait trop, il refoulait le dragon qu’il était vraiment. Ça ne pouvait que le rendre fou au final.

Le junkie arriva enfin devant lui. Non, ce n’était pas un plateau d’argent, mais Kyô n’en demandait pas tant de toute façon. S’amuser comme il voulait ? Mais par où commencer ? Il n’en avait absolument aucune idée. Canaliser sa colère ? Comment faire ? Là aussi, il ignorait comment s’y prendre. Il restait un petit moment silencieux, là, debout, les yeux rivés sur sa prochaine et première véritable victime. Ce doute constant finit par lui ronger les nerfs. Il n’en pouvait plus de ne pas savoir, d’être à ce point perdu dans ses propres pensées.
Il n’en fallait pas beaucoup plus pour que sa rage n’assombrisse ses yeux. Finalement, la personne qui l’énervait le plus dans ce bas monde, c’était lui. Lui, incapable de prendre des décisions. Lui, toujours dans l’hésitation.

Aveuglément, sa main alla chercher un long clou rouillé qui trainait sur le sol. Il aurait dû écouter les conseils d’Alexandros et avoir toujours une arme sur lui, « en l’absence de la maîtrise de son pouvoir de dragon ». L’outil en main, il s’agenouilla face au junkie dont les joues étaient imbibées de l’arme. Le clou s’enfonça dans l’une d’entre elles et dessina une balafre de la narine à la tempe. Du sang commença à perler et d’une lenteur presque risible, se mit à couler. Il admira quelques secondes son œuvre peu reluisante. Cette blessure était si ridicule comparée au désastre que Pazuzu pouvait provoquer dans un seul battement de cil. Mais il fallait bien un début à tout. Et puis, il devait bien l’avouer, voir ce sang coulait eu un effet apaisant. D’un geste vif, il attrapa le junkie à la gorge dont les lèvres ne cessaient de remuer des apitoiements silencieux. Kyô serra sa mâchoire. De son pied, il écrasa la main du jeune homme. Un craquement inquiétant se fit entendre et un hurlement vient l’accompagner. Pendant plusieurs minutes, Kyô s’amusa à dessiner des arabesques sanglantes sur son visage.

Il essayait d’y prendre goût, mais il n’ignorait pas à quel point Pazuzu devait le trouver pitoyable. À cette pensée, une nouvelle bouffée de colère lui monta à la tête. Le clou s’enfonça en plus profondément et il vint même à le faire tournoyer dans l’une des plaies. Le corps du garçon fut pris de spasmes sous la douleur et il tenta d’échapper à l’arme de fortune. Son acharnement empira la blessure et une taillade profonde découpa la joue. On pouvait à présent voir l’intérieur sombre de la bouche à travers les lambeaux de chair.
Plus le sang coulait, plus Kyô se sentait étrangement mieux. Comme un mal-être qui s’estompe en s’abattant sur d’autres. Il devint alors plus sûr de lui dans ses gestes, plus réfléchis aussi, et se mit à viser des endroits plus sensibles sur son visage. Puis, il eut besoin de moins en moins de réflexion. Le clou descendit jusqu’à la gorge du junkie où il titilla la pomme d’Adam du jeune homme. Il la vite déglutir de peur. Le clou remonta, ne lui laissant qu’une caresse innocente, ce qui laissa un soulagement palpable. Le temps d’une seconde avant que l’outil rouillé ne vienne se planter profondément dans l’œil droit du gamin.

Une giclée de sang chaud atterrit sur le visage de Kyô. Il eut à peine le temps de fermer les yeux pour éviter les gouttelettes rougeâtres. Cependant, il eut l’impression de sentir sous la langue le goût de fer du liquide pourpre. Autant la viande saignante n’avait jamais été un problème pour lui, autant savoir que ce sang appartenait à un type qui trainait les fêtes foraines abandonnées la nuit, une aiguille dans le bras n’était pas pour le réjouir. Il cracha au sol, l’air dégouté. Le pauvre gosse, lui, hurlait à la mort. Kyô se releva, recula de quelques pas et se tourna vers Pazuzu.

- On repassera pour la propreté. Je crois que j’ai merdé au niveau du sang.

Et ce n’était pas peu dire lorsque l’on voyait son visage. Il rechigna à utiliser sa propre veste pour s’essuyer, mais en fut bien obligé. Un coup de pied dans le crâne du gamin le fit taire. C’était fou, fou comme ça lui avait fait du bien. Le dragon sombre qui sommeillait en lui, cette partie d’ADN qui appartenait à Seytan était folle de joie. Comme s’il avait enfin nourri une bête affamée après des mois de diètes.

- Des noms, j’en ai des tas…, commença-t-il pour répondre à la demande de Pazuzu. La dirlo de Mahoutokoro, ce mec qui m’a fait chier pendant trois heures au boulot, ces gosses qui m’ont pris pour un con quand j’étais jeune. Ces autres gars, fanatiques religieux, qui m’ont pourchassé en Inde, sous prétexte que j’étais le fils du démon. Si tu veux la liste complète, ça risque d’être long, mais…

Mais ce ne sont que des petites haines. Pas de quoi aller tuer des gens. Mais ce petit exercice ne suffisait pas à lui seul. Qui n’avait jamais rêvé de pouvoir se débarrasser des gens qu’il haïssait.

- Tu peux t’attaquer à n’importe qui ? À n’importe quelle créature, je veux dire ? Qu’il soit loup-garou, vampire, ou autre ?

Cette information pouvait lui être utile. Les ennemis ne sont pas toujours tous du genre humain.

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Festives rencontres à la fête foraine [Pazuzu + Kyô]
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